Roman

Sans mon ombre de Edmonde Permingeat

Sans mon ombre

Autrice :  Edmonde Permingeat

433 p.

L’Archipel, 2019 (Suspense)

résumé Alice a tué Célia, sa jumelle. Son reflet, un alter ego inversé dont elle enviait la vie de rêve. Alors que, célibataire, elle doit gagner sa vie en enseignant la philosophie, sa jumelle, épouse et mère comblée, mène l’existence oisive des riches, dans le luxe et un magnifique cadre de vie au bord de la mer. Mais la mort de Célia va permettre à Alice de prendre sa place.
Du moins le croit-elle. Car au « pays des merveilles », ce n’est pas le bonheur mais le désenchantement qui l’attend. La vie d’Alice de l’autre côté du miroir va tourner au cauchemar… jusqu’à lui faire réaliser, mais un peu tard, que le beau miroir était celui des alouettes… 

 

çacommencepar – Espèce de salope ! Déjà dans le ventre de maman, tu prenais toute la place !
La gifle claqua dans l’air avec un bruit sec. Incrédule, Célia porta la main à sa joue, considérant sa sœur qui la fixait, le visage empourpré, déformé par la haine. Mue par la rage, Alice leva le bras. Une deuxième gifle partit, puis une troisième…

cequejenaipensé Deux sœurs, une meurtrière… Prometteur non?

Alice a toujours jalousée sa sœur jumelle Célia. enfants, c’était toujours Célia qu’on remarquait, qu’on félicitait. alors qu’Alice avait les meilleures notes, faisait tout pour être vu par ses parents. Mais elle n’avait droit qu’aux remontrances et à des félicitations du bout des lèvres.

Les claques s’abattaient, retentissantes. Célia recula, haletante, la bouche ouverte, les bras tendus, tentant de parer les coups, mais Alice frappait, frappait… Animée par la furie de détruire, d’anéantir « L’autre ». De briser son miroir vivant.

Alors que Célia a fondé une famille et vit dans le luxe, Alice, elle, est devenue prof de philo, et est célibataire. elle multiplie les conquêtes mais sa vie lui convient… Enfin, c’est ce qu’elle veut se faire croire. Car la jalousie est toujours là. Lorsqu’elle tue sa sœur, elle est d’abord sous le choc, puis réalise que c’est peut-être enfin l’occasion pour elle de tenir une forme de revanche! Elle décide de prendre la place de Célia, auprès de son mari et de ses enfants. A elle, l’oisiveté, la richesse et l’amour d’une famille… Mais elle va très vite déchanter ! Coincée entre son nouveau rôle et la réalité de la vie de sa sœur, elle a l’impression de se retrouver dans un étau…

– Ah ! comme il est agréable d’avoir une cuisinière, pensa Alice, car, si l’on exceptait son caractère de cochon, Margot était un cordon-bleu. Sa cuisine était délicieuse, à la fois légère et généreuse. Habituée aux repas de la cantine du lycée ou à ceux qu’elle prenait le soir sur le pouce, Alice se délectait avec une joie enfantine de ces mets variés qui garnissaient son assiette. Elle avait l’impression d’être le héros du conte de Grimm Petite table, couvre-toi ! que leur contait jadis « mémé du Lot ».

Alice semble au départ être une personne détestable. Elle prend tout le monde de haut car elle seule semble avoir la science infuse. J’avoue qu’au début j’ai éprouvé pas mal d’antipathie pour la personne. Je l’ai trouvé détestable, hautaine, pas très respectueuse. Et puis, on apprend à la connaître, à comprendre pourquoi elle en est arrivée à agir ainsi. Et puis, ce qu’elle doit vivre dans cette vie usurpée n’est vraiment pas agréable et on se prend de pitié pour elle. Elle passe de tueuse à victime…

– Maman, quand est-ce qu’on ira au ciné voir Harry Potter ? demanda Manon, la bouche pleine, tu avais dit qu’on le verrait à sa sortie.
Quoi ? Je vais devoir me taper les aventures de ce binoclard planétaire !
– Vous n’avez pas besoin de moi pour voir ce film, dit-elle.

Un autre personnage par contre a eu droit à mon dégoût de la première à la dernière page : son « mari ». Il a un mépris et une façon de traiter sa femme ! Je vous laisse juge mais je pense que vous ne le porterez pas non plus dans votre cœur !

Côté intrigue, il n’y a pas de grande nouveauté autour de la gémellité et de l’échange de personnage (ça m’a d’ailleurs rappelé la série Ringer avec Sarah Michelle Gellar). On retrouve de nombreuses références au jeu du miroir, de l’alter égo et donc d’Alice au pays des merveilles. J’ai également trouvé que certains traits de personnages étaient exagérés mais je pense que c’était volontaire de la part de l’autrice, pour montrer à quel point certains comportements sont injustes, ridicules et absurdes. Malgré ces points négatifs, cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture dont j’ai enchaîné les pages avec beaucoup d’entrain. J’avais vraiment envie de savoir comment tout ça allait finir pour Alice! L’intrigue tient bien sa promesse et cela ne nous empêchera pas d’être surpris par certains rebondissements.

La morale de ce roman est sans nul doute… les apparences sont souvent trompeuses !

Tu es l’autre, je suis toi. Je suis l’autre, tu es moi. Alice ou Célia ? Qu’importe ! Nous ne sommes plus qu’une !

12992811_10209213650040435_505270499_n Malgré quelques petits côtés négatifs, j’ai apprécié l’histoire d’Alice. Comme passer de bourreau à victime ? Alice connaît la recette!

Une réflexion sur “Sans mon ombre de Edmonde Permingeat

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