Roman

Prendre un enfant par la main de François-Xavier Dillard

Prendre un enfant par la main

Auteur : François-Xavier Dillard

336 p.

Belfond, 2020

résumé Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?

Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.

Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.

Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l’indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.

Prends ma main, mon cœur. Ne la lâche pas, quoi qu’il arrive. Serre-la fort !


çacommencepar Le voilier, un First 50 Beneteau flambant neuf, file quinze nœuds sur l’immense étendue de mer d’un bleu profond. Les deux enfants sont assis sur des serviettes, sur la plage avant du bateau.

— Uno ! Et bim, dans ta face, Clémentine !

La jeune fille de dix ans regarde Gaspard, son petit frère, qui vient de balancer son avant-dernière carte avec un air de conquistador. Elle lui sourit puis pose à son tour une carte sur la serviette de bain.

— Tiens, prends ce joli + 4, ça va te détendre, mon petit bonhomme.

Le garçon tire la langue puis pioche quatre cartes avec, cette fois-ci, la mine piteuse d’un condamné à mort.

 

Depuis ma découverte de l’univers de François-Xavier Dillard avec son roman à quatre main (avec Anne-Laure Beatrix) Austerlitz 10.5, je prends toujours un grand plaisir à découvrir ses nouveaux écrits. 

Sarah, Marc, Clémentine et Gaspard forment une famille heureuse. Mais leur bonheur que l’ont découvre à la lecture des premières pages de ce romans est sur le point de voler en éclat. Ils sont en vacances sur un voilier quand une tempête se lève. Les éléments se déchaînent et le drame arrive. Clémentine a disparu. Une douleur insoutenable, indescriptible empli les cœurs de cette famille désormais inconsolable.

— Nous allons changer tout ça, je te le promets, mon chéri. Maman est encore très triste. Et moi aussi. Mais je te jure que nous allons essayer. On ne s’est sûrement pas assez occupés de toi, de ta sœur. De votre chagrin, de ta peine…
— Arrête, papa. Je n’ai plus vraiment de chagrin, enfin, c’est plus le même. Ça fait quatre ans… Elle me manque aussi mais moi, je veux vivre normalement, comme avant. Il faut que tu le dises à maman. Il faut que tu lui dises que je l’aime, que c’est elle qui me manque, maintenant.
Marc est bouleversé. Ces quatre dernières années, il a été comme absent de sa propre existence, il le comprend à présent. Et il imagine les dégâts que cela a pu provoquer chez ses enfants. Et chez sa femme.

Quelques années plus tard, on les retrouve. Toujours ensemble mais la douleur est toujours là. Marc s’est plongé dans le travail et le jeu. Gaspard, lui, souffre de l’indifférence dans lequel il semble grandir. Sarah, malgré l’arrivée de la petite Louise, est toujours en souffrance et a trouvé une oreille attentive auprès d’une de ses voisines Marie, une vieille femme attentionnée. Une nouvelle famille vient de s’installer dans leur immeuble. Deux femmes qui ont une fille, Gabrielle. Une adolescente. Né le même jour et la même année que Clémentine. D’abord sous le choc, Sarah va se rapprocher et tisser des liens avec cette jeune fille. Gabrielle, elle, est l’âge où l’on découvre l’amour, ou on tente des expériences et parfois on fait confiance aux mauvaises personnes.

En dehors de cette présentation succincte, je ne vous dévoilerai rien de plus de l’intrigue. Ce roman vous ha^pe par l’ambiance dès les premières pages et on se laisse emporter par les mots, les relations qui se tissent et ce sentiment de malaise qui s’installe peu à peu. On se demande si ces relations sont réellement sincères, saines et bienfaisantes ou s’il ne s’agit que de faux-semblants, et surtout, connaissant l’auteur, quand cet équilibre précaire, fragile va basculer du côté sombre de l’intrigue.

Je me suis laissée immergée par l’histoire, par les mots, par les sentiments. La gorge se serre, on tremble pour certains personnages, on pleure avec eux. Un roman dense comme sait si bien les écrire François-Xavier Dillard! Je vous le conseille!

en brefUn roman intense.

A lire aussi du même auteur :

Austerlitz 10.5

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3 réflexions sur “Prendre un enfant par la main de François-Xavier Dillard

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