Roman

Chambres noires de Karine Giebel

Chambres noires

Autrice : Karine Giebel

272 p.

Belfond, 2020

résuméIl y a des soupirs, des souvenirs et des sourires.
Il y a ces jours sans fin et ces nuits sans chaleur. Cette sensation d’être sale, d’être rien, moins que rien.
Ces dangers qu’on n’a pas vus venir, ces risques qu’on n’a pas osé prendre. Ces tentations auxquelles on n’a pas eu la force de résister.
Il y a ces mauvais héritages, ces mauvais choix, mauvaises pentes, mauvais départs.
Il y a ce manque de chance.
Il y a cette colère, ce dégoût.
Il y a…
Des fois où on préférerait être mort. Voilà ce qu’on découvre dans les Chambres noires de Karine Giebel, recueil de quatre nouvelles inédites dont les héros, ou anti-héros, incarnent et dénoncent tour à tour les manquements de notre société. Quatre histoires pour lesquelles l’auteure emprunte les titres de grands films qui l’ont marquée.
cequejenaipensé Depuis que j’ai découvert les histoires de Karine Giebel, je ne me lasse pas. Elle me surprend à chaque fois. J’ai de la chance : comme je me suis lancée tard dans sa bibliographie il m’en reste plein à lire !!
En fin d’année 2020, les éditions Belfond ont publié un recueil de huit e ses nouvelles dont 4 inédites. Les 4 autres ont déjà été publié dans 13 à table ! (au profit des Resto du cœur) ainsi que dans le recueil au profit des Hôpitaux Des mots par la fenêtre. J’en avais donc lu certaines mais ça a été un plaisir de les relire!
Les 4 inédites sont sombres, émouvantes comme sait le faire l’autrice. Chambres noires car les titres font référence à de grands films. Héros et anti-héros s’y côtoient, parlent d’une vie difficile, faite de tracas et de difficultés.
Dormir dehors, ça tue.
La nouvelle est un genre difficile. Souvent on peut ressentir un goût d’inachevé, de trop peu, de trop rapide. Avec Karine Giebel à la plume on oublie ces travers. C’est court, certes, mais intense et immersif. ON se retrouve aux côtés des personnages, dans leur quotidien et on oublie qu’on va rester si eu de temps avec eux. En quelques pages, le décor et les personnalités sont plantés. Les émotions sont au rendez-vous.
D’ailleurs, la seconde nouvelle, Au revoir les enfants, m’a remuée. Peut-être à cause de son sujet d’actualité. Peut-être par ce qu’elle dénonce. Peut-être à cause de la personnalité de son héroïne. Peut-être à cause de tout ça à la fois. On y fait la connaissance d’une dame dont le seul membre de sa famille vit à des kilomètres de là. Cette dame vit dans un EHPAD et on est en plein confinement… entre ses souvenirs de la guerre et le présent, la vieille femme raconte, critique, mais pas seulement… De ce que j’ai pu en voir ici et là, sur les réseaux et les blogs, cette nouvelle n’a pas laissé grands mondes insensibles…
en bref8 nouvelles fortes, émouvantes, difficiles, intrigantes… 8 récits qui savent nous tenir en haleine le temps de quelques pages, nous fait retenir notre souffle, verser une larme,… 8 histoires sombres, humaines, noires et engagées.
J’ai vu le progrès changer nos vies, adoucir notre quotidien.
J’ai vu les congés payés, la pilule, la légalisation de l’avortement.
J’ai vu les voitures remplacer les chevaux et les vélos. J’ai vu Paris se rapprocher de Marseille, les avions passer le mur du son, les hommes aller sur la Lune.
J’ai vu mourir la variole et la rage, naître les greffes de cœur et de rein, le scanner et l’IRM.
La télévision, la radio.
J’ai vu tout ça…
Mais j’ai aussi vu l’eau se troubler et le ciel se voiler. J’ai oublié le goût et l’odeur de la terre, le rythme des saisons. J’ai vu disparaître les arbres et les espèces qui volent ou qui marchent. J’ai vu le niveau de la glace descendre, celui des océans monter, j’ai vu les déserts avancer.
Et surtout, j’ai vu revenir les ombres effrayantes du passé, les hommes perdre la mémoire, commettre les mêmes erreurs, encore et encore…

3 réflexions sur “Chambres noires de Karine Giebel

  1. Pingback: Chambres noires de KARINE GIEBEL – Les Paravers de Millina

  2. Je me suis promis que je ne lirai plus jamais de Karine Giebel… Elle écrit extrêmement bien, c’est addictif, mais c’est tellement glaçant, horrible, que j’ai l’impression de cautionner le Mal et ça me met extrêmement mal à l’aise… Je n’ai même pas lu ta chronique, je ne peux pas…

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