Roman "jeunes adultes"

Passé Minuit d’Emmanuelle Cosso

couv12284939Passé Minuit

Autrice :  Emmanuelle Cosso

232 p.

Sarbacane, 2021 (Exprim’)

résumé
Ève en est sûre : ce 31 décembre ne ressemblera à aucun autre.
Elle retrouve ses amis du lycée pour un réveillon extraordinaire, qui aura lieu sur un îlot coupé du monde dès la tombée du soir par la marée. La fête promet d’être mémorable !
Elle l’a été, marquant le début d’un long cauchemar pour Ève…

çacommencepar J’entendais ses poings tambouriner contre la porte ; ça faisait un débit de mitraillette. Tac-tac-tac-tac-tac.
De temps en temps, un toc bien mat. Je savais ce que c’était : la grosse bague, monture argent, pierre orange, qu’elle porte au majeur droit. Le bijou heurtait le bois. Elle allait l’abîmer, si elle continuait.

cequejenaipensé Depuis cette fête de nouvel an, la vie d’Eve n’est qu’un cauchemar, qu’un recommencement perpétuel. Chaque matin, elle se réveille suite à un cauchemar et elle pense qu’on est le 1er janvier. Et ça depuis bientôt un an. Elle a perdu la mémoire de cette nuit-là, du drame qui s’est produit. Elle est comme cassée. Ses cauchemars sont terrifiants, angoissants mais elle ne sait plus faire le tri entre ce qui est réel, ce qui est de l’ordre du cauchemar. Chaque matin, un mot sur sa porte lui rappelle de prendre ses médicaments. Et puis, certaines choses lui reviennent. Sa vie avec sa mère, son beau-père et son frère qui ne vivent plus avec eux, la disparition de sa meilleure amie, son isolement… mais elle n’a souvent plus les repères pour comprendre le pourquoi de tous ces changements.

Ma vie est devenue un cauchemar, celui que je fais chaque nuit.

Plusieurs consultations avec différents thérapeutes non pas suffit à l’aider. La dernière lui conseille d’écrire, au présent, ce qu’elle se rappelle de ce jour là. Pour que la mémoire lui revienne, il faut qu’elle se rappelle d’elle-même. Alors elle écrit, sa vie ce jour-là et les jours d’avant. Son amitié avec Leïla, son amour naissant pour Benjamin, sa relation avec ses parents, sa relation fusionnel avec son petit-frère Gigi… On apprend à la connaître, elle et son entourage petit à petit, pour arriver à la nuit fatidique. Ce soir-là, ses amis ont organisé une fête dans une île isolée (fictive) près de l’île de Bréhat. Bonne humeur, mauvaises blagues, découverte du lieu, musique, alcool… Eve nous raconte comme ça revient, comme ses souvenirs remontent à la surface. En vrac. Brut. Les émotions à fleur de peau. L’ambiance inquiétante du lieu choisi par ses amis, les légendes qui circulent sur les crimes qui auraient pu y être commis. Ses souvenirs sont entrecoupées, entrechoquées, avec le temps présent, sa frustration de ne pas se rappeler, de ne pas comprendre le changement de comportement de ses parents, l’absence de ses amis de toujours, les regards qui se détournent quand elle croise d’anciennes connaissances, le manque de son frère et de son beau-père qu’elle ne sait plus quand elle les a vu pour la dernière fois (hier? il y a des semaines?).

Pâle, les jambes flageolantes sur la piste de danse, je me souviens de quelque chose cette nuit-là. Je me souviens d’une course folle, passé minuit.

Dès le début, le lecteur se glisse sans problème dans la peau de cette jeune fille et de ses nombreuses interrogations : mais qu’a-t-il bien pu se passer là-bas ? Pourquoi les gens réagissent comme ça avec elle ? On ressent sa frustration, qui parfois explose en violente colère. Un ras-le-bol émotionnel. Et plus elle insiste plus la vérité se mélange avec ses cauchemars. La frontière est floue entre ces deux narrations. Et j’ai aimé cette zone de flou, d’inconfort que nous propose Emmanuelle Cosso ici. C’est cette tension qui va crescendo qui nous empêche de poser le livre. On veut savoir, se rappeler nous aussi. Nous sommes à ses côtés, nous vivons au rythme de ses réflexions, de ce qu’elle nous raconte, de ce qu’elle arrive à se souvenir, de ce puzzle complexe qui s’assemble peu à peu sous nos yeux.

L’autrice nous offre une fin surprenante. J’avais vu venir une chose mais pas du tout de cette façon là. J’aurai pu car les indices étaient là mais je n’ai peut-être pas voulu les voir.

en brefUne belle réussite que ce roman jonglant avec les codes du thriller et du roman d’épouvante. J’ai été agrippé et je n’ai pas pu abandonner Eve avec sa détresse, avec sa solitude à affronter.

2 réflexions sur “Passé Minuit d’Emmanuelle Cosso

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