Roman "jeunes adultes"

Un nom sur la liste de Monica Hesse

couv6185021Un nom sur la liste

titre original : They went left

Autrice : Monica Hesse

Trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Krief

394 p.

Nathan, 2021

résumé Allemagne, 1945. Zofia, Juive polonaise de 18 ans, a survécu au pire. Réchappée des camps, elle a vu toute sa famille exterminée, à l’exception de son frère Abek, dont elle a été séparée.
Difficile de retrouver Abek dans un océan de disparus, avec une mémoire défaillante et sa propre vie à reconstruire. Au fil de son enquête, Zofia traverse la Pologne et l’Allemagne jusqu’à atterrir dans un camp de réfugiés, avec d’autres jeunes rescapés. Cette famille d’adoption l’aidera-t-elle à regarder vers l’avant, ou à renouer avec son passé ?

cequejenaipensé Zofia sort enfin de l’hôpital. Zofia est juive, a 18 ans et est une survivante des camps allemands. Elle a des trous de mémoires, des peurs, des cauchemars. Mais un espoir : celui de retrouver son frère Abek. A l’arrivée des camps, toute sa famille a été décimé. Tous sauf Abek. et à sa sortie de l’hôpital, elle n’a qu’un désir le retrouver. Alors elle retourne d’abord chez eux. En espérant le retrouver. Mais il n’y est pas. Il était jeune. Très jeune. Alors se rappelle-t-il seulement son nom ? son adresse ?

Alors elle va remuer ciel et terre, aller sur place, chercher. Mais il y a tant de souffrance, tant de gens qui cherchent , tant de gens qui espèrent…

J’ai l’impression d’avoir une centaine d’années de plus qu’elles toutes. Ces quatre – là n’ont rien à voir avec nous, les Néantes. Rien à voir avec cette façon si lasse, apathique, désabusée, que nous avions , de nous mouvoir, de nous asseoir et de parler..
C’est pour cela que nous étions encore hospitalisées , trois mois après la fin de la guerre.
Parce que nous avions du mal à garder le fil du temps…que nous riions et pleurions à des moments inopportuns.

Monica Hesse s’est rendue compte dans ses recherches et lectures autour de la Seconde Guerre mondiale pour la rédaction de deux autres de ses romans, dont Une fille au manteau bleue, son précédent roman paru en France en 2016, que nombreux étaient les romans portant sur l’avant et le pendant mais très peu après la libération. Alors elle a voulu donner la voix à ces survivants, en quête de leur famille, à ces gens à qui on a tout pris. Et le témoignage, la recherche, de Zofia est dur, compliqué à lire, à partager à ses côtés car on s’imagine sans peine que, même s’il s’agit d’une fiction, son histoire est la réalité de nombreuses personnes. Sa quête est celle d’une identité, d’une famille, d’un besoin de se reconstruire, de créer des liens, de retrouver un sens à une vie détruite, volée.

Le jour où nous avons été séparés, je lui ai dit que nous nous reverrions à Sosnowiec. La dernière fois que je l’ai vu, je lui ai dit que, s’il n’était pas à Sosnowiec, je le retrouverais où qu’il soit.

Zofia a survécu. Zofia a tout perdu. Zofia veut se reconstruire une vie. Elle y a droit. Elle espère y intégrer des bribes de son passé.

Cette histoire m’a profondément remuée. Je n’ai pas pu lâcher le roman avant de savoir ce qui était arrivé à Abek, ce qui allait arriver à Zofia.

Zofia est un personnage fort par sa sensibilité, par son courage, son espoir. Les bribes de son passé tente de se frayer un chemin dans son présent. Il manque des morceaux, volés eux aussi par ce qu’elle a pu subir dans les camps. Zofia m’a troublée, m’a touchée, m’a émue. Il est important de connaître son histoire, témoignage d’une époque, portant un message d’espoir, de pardon, de liberté.

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