Roman "jeunes adultes"/SF / Fantastique

LX18 de Kamel Benaouda

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LX18

Auteur : Kamel Benaouda
277p.
Gallimard jeunesse, 2022


résuméLX18, 16 ans, est un altéré. Un soldat redoutable qui a subi à la naissance un traitement génétique et hormonal afin de ne ressentir aucune émotion. Lui et ses semblables ne connaissent que la guerre. Jusqu’au jour où les négociations de paix avec la nation des humains aboutissent. Devenus inutiles, les altérés sont envoyés dans différents lycées du pays afin qu’ils s’intègrent à la population civile. LX18 se trouve parachuté en 2nde 5 au lycée Marie Shelley avec Amir, Philomène et les autres…
 
cequejenaipenséImaginez un monde en guerre depuis soixante ans.
Un monde où on a créé des humains génétiquement modifiés et que l’on a conditionné pour ne ressentir aucune émotion, aucun sentiment. Rigueur, discipline, obéissance.
Tel est le quotidien de LX18 depuis sa naissance. Depuis 16 ans.
LX18 est un militaire consciencieux et appliqué. Il obéit aux ordres et fait partie des éléments les plus efficaces.
Sauf que au bout de soixante ans de guerre, la paix est enfin déclarée.
Alors que faire de ses soldats génétiquement modifiés pour être des soldats et rien que des soldats ?
Des Altérés comme les appellent les gens « normaux ».
– Si j’ai bien compris, monsieur, on les appelle des « Altérés » parce qu’ils ont subi une modification génétique et hormonale, dans le but de ne plus ressentir les émotions comme nous. C’est bien ça ?
– Tout à fait, Dimitri.
– Donc, peut-on vraiment les considérer comme des êtres humains ? En biologie, on a appris que même les animaux étaient capables d’empathie.
 
On va tenter de les impliquer dans une vie normale et sont intégrés dans des lycées. C’est le cas pour LX18.
Il va observer, écouter, s’appliquer en cours. Mais il n’arrive pas à comprendre les gens. Leurs habitudes. Leurs façons de se comporter. et encore moins leurs émotions.
Il a pour ordre de tenir une sorte de journal intime, de carnet de bord, où il doit détailler ses journées, ce qu’il s’est passé, ce qu’il ressent. Un exercice auquel il se plie sans broncher. Mais la vie au milieu d’autres ados n’est pas facile quand on n’en a jamais été un. Quand on ne ressent rien. Ni empathie, ni sentiment.
Les autres Altérés comme lui sont cesse jugés, mis à l’écart. Les gens se méfient d’eux. Apportent-ils la violence ? Où ont-ils plutôt peur de ce qu’ils représentent vis à vis de la guerre ?
La majorité des civils oublient que ces Altérés n’ont pas eu le choix. Qu’ils sont ce qu’ils sont pour les avoir protéger eux. Ils ont été pendant des années de la chair à canon. Docile. Serviable. Obéissant. Sans peur. Prêt à affronter l’ennemi. A remplir un objectif.
Les humains ordinaires ne savent déjà pas toujours quoi faire de ce qu’ils ressentent : parfois ils devraient être heureux et sont pourtant tristes, d’autres fois, c’est l’inverse. Ça n’a aucun sens ! Les émotions m’envahissent sans que je puisse rien contrôler, elles m’accaparent et troublent ma vision du monde. On ne peut pas choisir d’être amoureux ou pas, d’être en colère ou pas. Une mission, on peut s’y préparer ; la vie, on se retrouve jeté dedans et on doit se débrouiller tout seul, sans mode d’emploi.
 
Petit à petit, LX18 va apprendre à décoder les émotions, et il va apprendre à en ressentir lui aussi. Même s’il mettra du temps à comprendre ce qu’il se passe en lui.
Le lecteur s’en rendra compte sans doute bien avant lui. En effet, sa manière d’écrire, de raconter évoluer au fil des pages de son carnet de bord. On voit les liens avec d’autres gens de son âge se créer. Conflit, rivalité mais aussi amitié et amour. LX18 va petit à petit devenir Helix. Il sort de la carapace dans  laquelle il a dû évoluer toute sa vie.
Il s’éveille à la nature humaine, à l’humanité. Il ressent. Il pense. Il goûte. Il rêve. Il prend conscience. Par lui-même.
 
Dans cette dystopie humaniste, l’auteur, Kamel Benaouda, aborde le thème de la génétique et de ses dérives. Jusqu’où peut-on aller en période de guerre ? est-ce que des êtres humains transformés pour le bien commun restent des humains ou deviennent-ils des objets ? Le regard des civils sur ces soldats inhabituels reflète-t-il la peur de ce qu’on est scientifiquement capable de faire pour survivre ou  la peur de ce qu’on ne connaît pas, de l’étranger ?
Il y a matière à réfléchir à la lecture de cette dystopie.
L’auteur a su donner vie à un personnage qui n’a pas d’émotions et à nous le faire aimer. Ce personnage est dan un premier temps froid. Il est dans l’observation, dans l’analyse. Il cherche à décoder, à déchiffrer ce qu’il ne connaît pas. Il appréhende les choses, les sentiments sans en avoir les codes.

Plus je lis, plus j’ai soif de mots. Plus je lis, plus je me sens grandir. Plus je lis, moins je distingue les phrases qui glissent sous mes yeux. Ce sont des couleurs, des émotions, des actions qui surgissent devant moi et qui me font oublier qui je suis tout en me le faisant découvrir.

en bref Une dystopie qui joue entre ombre et lumière, entre observation et émotion. L’apprentissage d’une humanité volée, amputée. Un très bon roman SF !
 
 
 
 
 

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