Tibo, la leçon de Nitch
Autrice : Sophie Tal Men
illustratrice : Maïté Schmitt
111 p.
Éditions Albin Michel jeunesse, 2022
Thibault a dix ans et, dit-on, un sacré caractère. Tout ça parce qu’il n’aime pas les lettres inutiles et préfère se faire appeler Tibo ! Mais, lui dit-on encore, c’est ce sacré caractère qui va lui permettre d’aller mieux. Car, depuis peu, Tibo ne veut plus marcher. Non, pas avec ce « cruc » au bout de la jambe ! Il n’a même pas envie de quitter le centre de rééducation, où il a passé les derniers mois. Ses parents, pour lui faire plaisir, proposent de lui offrir tout ce qu’il désire. Tout ? Qu’à cela ne tienne, Tibo veut un chien. Et pas n’importe lequel : le lévrier un peu bizarre et très odorant de la SPA. Nietzsche – rebaptisé Nitch – est le compagnon idéal pour Tibo, et il promet même d’être un sacré allié !
Thibault (ou Tibo comme il l’écrit… oublions les lettres inutiles ) est un petit garçon en colère. aujourd’hui est un grand jour… mais pour les autres pas pour lui! Il doit quitter le centre de rééducation où il vient de passer les dernières semaines pour retourner chez lui. Mais il ne veut pas. Il n’a pas envie d’affronter l’extérieur. Il se sent dans ce centre en sécurité, sans regard de jugement. Chez lui qu’est-ce qui l’attend? Rien ne sera plus jamais comme avant!Il est en colère contre cette chose qu’il a au bout de la jambe. Le cruc comme il l’appelle. Ce cruc qu’il subit. Qu’il déteste. Qui l’empêche. Mais est-ce vraiment seulement ce cruc qui l’empêche ?
Ses parents et sa petite sœur sont différents avec lui depuis le jour qui a tout changé. Ils sont attentionnés. Il a l’impression qu’il peut tout demander. Alors il ose demander un chien. Au refuge, son regard se posera sur Nietzche, un lévrier malheureux et qui se laisse dépérir depuis la mort de son maître. Ils se choisissent. Rebaptisé Nitch (toujours cette histoire de lettres inutiles! J’aime bien le concept!!) ils vont s’entraider mais pas seulement. La joie de vivre du chien va rebondir sur toute la famille. Son énergie va aider Tibo à sortir de sa coquille. Il faudra du temps et de la patience… mais on sait que le sourire et le rire reviendra dans sa vie.
Volontairement, l’autrice et l’illustratrice ne disent pas ce qu’est ce ce cruc, ni ce qu’il s’est passé. On est dans l’acceptation pour Tibo. Déni, colère, acceptation… comme les étapes d’un deuil. Il fait le deuil de sa vie d’avant et il doit réapprendre. Le lecteur est à ses côtés pour partager ses émotions, son combat… jusqu’à ce qu’il soit prêt à dire le mot, jusqu’à ce qu’il soit prêt à nous partager son handicap. On est en empathie avec sa détresse psychologique.
J’ai aimé la façon d’aborder cette thématique que je ne crois pas avoir déjà croiser dans la littérature jeunesse. On sent la bienveillance de l’autrice quand elle parle de cette reconstruction. Une histoire douce, touchante, réaliste et attendrissante.
Les illustrations de Maïté Schmitt tout en rondeur collent parfaitement à l’ambiance. Elle a su trouver sa place complémentaire au texte, sans en dire trop par rapport au texte.
Les illustrations de Maïté Schmitt tout en rondeur collent parfaitement à l’ambiance. Elle a su trouver sa place complémentaire au texte, sans en dire trop par rapport au texte.
En sélection pour le prix #lirejeune47, organisé par la Bibliothèque Départementale du Lot et Garonne.
