
Quand l’abîme te regarde
Auteur : Éric Emeraux
640 p.
Le 24 février 2022, jour de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Michel Rinocci, colonel de gendarmerie, surnommé « Rhino », se trouve sur le mont Igman, en Bosnie-Herzégovine. Il a été témoin de l’exhumation d’ossements de plusieurs victimes bosniaques sauvagement assassinées pendant la guerre, en 1995.Il était présent. Chasseur alpin dans les commandos montagne en mission de renseignement, il avait assisté impuissant à leur nuit d’agonie.
Hanté depuis cette époque par ses fantômes, une chance lui a enfin été donnée de leur rendre justice.
Sept mois auparavant, un braqueur l’a mis sur la piste de celui qu’il a traqué sans relâche, Mirko Nikoli#, dit Vuk, qu’il pensait être mort.
Cette nouvelle traque qui, ne sera évidemment pas sans dommages ni violences, va également révéler des secrets : qu’il s’agisse de ses proches, de ses collaborateurs, ou même de son amour passé, tout n’a pas été dit.
Et cela va chambouler ce qu’il pensait être vrai.
Finalement, l’abîme n’avait jamais cessé de le regarder.
Eric Emeraux, l’auteur de ce roman noir, est un ancien chef de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH). C’est donc sur un sujet qu’il maitrise qu’il s’adonne dans son premier roman. Un roman dense, prenant et révoltant.Vous pouvez donc bien imaginer la thématique et donc l’ambiance de ce roman.
Lors d’un cambriolage, un ancien criminel de guerre refait surface. Rhino, un gendarme, anciennement soldat, doit faire face aux démons de son passé. Car ce criminel de guerre le remet sur la piste d’une de ses cibles qu’il pensait mort et enterré depuis longtemps. Entre passé et présent, l’enquête se reconstitue. Les atrocités commis par cet homme (et d’autres) en Bosnie-Herzégovie pendant la guerre. Et présent, avec cet home qui refait surface dans des conditions inquiétantes. On reconstitue le puzzle de ces hommes, de ces horreurs et des liens entre passé et présent.
L’auteur sait nous immerger dans ce récit sombre et j’ai, pour ma part, préféré (si ej puis dire) les parties sur la guerre en elle-même. Nous sommes au coeur de l’Histoire, au premier rang des atrocités ce qui nous permet de comprendre la colère et le comportement de Rhino, son envie d’en finir avec cet ennemi revenu d’entre les morts, ce besoin d’aider encore et toujours les victimes de guerre. D’apporter des réponses aux familles, d’identifier des corps, de punir les criminels de guerre.
Une lecture qui pourra chambouler, révolter à la découverte du pire.
Même si l’auteur nous plonge au plus près de l’action, au cœur des méthodes et enquêtes de l’OCLCH, avec une sémantique précise et détaillée (merci les notes de bas de page!), il ne nous perd pas dans son récit. L’histoire est précise, documentée et réalise mais loin d’être didactique et rébarbative. Il utilise ce qu’il a vécu, la réalité du terrain pour nourrir son histoire dans la grande Histoire.
Un roman dense, révoltant par moment, sombre et prenant !