Bande dessinée

La bibliothécaire d’Auschwitz de Salva Rubio et Loreto Aroca

La Bibliothécaire d’Auschwitz

Scénariste : Salva Rubio
Dessin : Loreto Aroca
d’après le roman de Antonio G. Iturbe
127 p.
Rue de Sèvres, 2022

résumé À quatorze ans, Dita Adlerova vit dans le ghetto de Terezín, à Prague. Déportée avec sa famille dans le camp de concentration le plus meurtrier de la Seconde Guerre mondiale : Auschwitz, elle rencontre Fredy Hirsch, éducateur juif qui lui propose de devenir la « Bibliothécaire d’Auschwitz ». Risquant sa vie pour que petits et grands puissent s’évader, Dita accepte de cacher et protéger les huit précieux volumes que les prisonniers ont réussi à dissimuler aux gardiens du camp. Mais elle doit faire preuve d’une extrême prudence car le docteur Mengele, célèbre pour ses atrocités, la surveille de très près.


cequejenaipensé Dans le tourbillon de l’Histoire, au cœur de l’horreur d’Auschwitz, une jeune fille de quatorze ans, Dita Adlerova, se dresse en héroïne de l’ombre. Adaptée du roman éponyme d’Antonio G. Iturbe, cette bande dessinée, signée Salva Rubio et Loreto Aroca, nous plonge dans un récit bouleversant de courage, de résilience et d’espoir.

Dès les premières pages, le lecteur est happé par l’atmosphère oppressante du ghetto de Terezín, puis par la réalité glaçante de la déportation vers le camp de la mort. On découvre Dita, une adolescente ordinaire, arrachée à sa famille et confrontée à l’inimaginable. Mais au milieu de cette noirceur, une étincelle d’humanité subsiste : Fredy Hirsch, un éducateur juif, confie à Dita une mission incroyable : devenir la « Bibliothécaire d’Auschwitz ».

Héroïne malgré elle, Dita risque sa vie pour cacher et protéger huit précieux volumes, symboles de savoir et d’évasion. Dans ce lieu où la mort rôde à chaque instant, ces livres deviennent une source de réconfort et d’espoir pour les prisonniers. Mais la menace se précise avec la présence du sinistre docteur Mengele, dont les expériences sadiques font frissonner.

L’adaptation en BD parvient avec brio à retranscrire l’intensité émotionnelle de cette histoire. Le scénario, tout en pudeur et en sensibilité, nous fait vivre de l’intérieur le quotidien des déportés, leurs peurs, leurs souffrances, mais aussi leur solidarité et leur courage. Le dessin, précis et expressif, souligne la dureté des conditions de vie, mais aussi la force de caractère de Dita et des autres personnages.

Si l’on peut regretter que certains aspects de l’histoire soient survolés, l’essentiel est là : un témoignage poignant sur la Shoah, un hommage à la résistance et à la force de l’esprit humain. Cette BD est un crève-cœur, une claque émotionnelle qui ne laisse pas indemne. On referme ce livre avec les larmes aux yeux, mais aussi avec une lueur d’espoir.

Cette semaine, les commémorations des 80 ans de la libération d’Auschwitz-Birkenau résonnent avec une force particulière. La Bibliothécaire d’Auschwitz fait partie de ces œuvres nécessaires, ces œuvres qui servent de témoin, qui servent un devoir de mémoire pour ne jamais oublier les atrocités du passé et pour continuer à lutter contre toutes les formes de discrimination et de barbarie.

N’hésitez pas à découvrir cette BD, et peut-être, à vous plonger aussi dans le roman d’Antonio G. Iturbe (il fait partie de mes livres à lire un jour). Une histoire qui témoigne avec force de la résilience humaine face à l’adversité.

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