Roman "jeunes adultes"/SF / Fantastique

La Maison sous la maison d’Emilie Chazerand

La Maison sous la maison

Autrice :  Emilie Chazerand

406 p.

Sarbacane, 2025

résumé Albertine, onze ans, est plutôt transparente et fragile ; élève discrète et diabétique, elle peine à trouver sa place au milieu des ados du collège, où elle se fait harceler. Par chance, du côté de sa famille haute en couleurs, il y a tant d’amour et de fantaisie qu’elle n’a pas trop le temps de s’en préoccuper. La dernière fantaisie en date : cette maison étrange dans laquelle sa mère a décidé d’emménager. Une maison de conte pour enfant, fourmillante de mystères de la cave au grenier. Et dans la cave, justement… Dans la cave… il y a une porte, que seule Albertine a trouvé : une porte qui mène au Sous-Monde et ses habitants.

cequejenaipensé Dans le cadre de mon challenge littéraire « Un mot des titres », où le mot sous était à l’honneur cette session, j’ai eu le plaisir de me glisser… eh bien, sous une maison… un peu particulière! Celle d’Albertine, l’héroïne discrète de La Maison sous la maison d’Émilie Chazerand (illustré par la talentueuse Marion Arbona). Et croyez-moi, une fois la porte franchie, impossible de remonter à la surface sans un brin de mélancolie.

Imaginez une maison, une vieille bicoque aux allures de conte. Dans cette maison, au fond d’une cave, ou plus exactement au fond d’un congélateur débranché, se cache un passage. Une trappe menant non pas à un simple sous-sol, mais au Sous-Monde. Un univers complet, vibrant, où les règles de notre réalité s’inclinent face à la nature et où l’obscurité se révèle plus lumineuse que le jour.

Dès les premières pages, Émilie Chazerand nous happe dans cette maisons. On retrouve avec délice cette plume singulière qui manie l’humour, la poésie et une tendresse infinie pour ses personnages. Albertine, harcelée en surface, trouve sous terre non seulement sa place, mais un rôle capital : celui de la Grande Intermédiaire. Une médiatrice entre notre monde tapageur et ce royaume sous-terrain, où les habitants, pâles comme l’albâtre et vêtus de silence, vivent en compagnie d’insectes géants et des murmures de la Nature, leur véritable souveraine.

Ce qui m’a absolument fascinée dans ce roman, c’est l’immersion totale dans un univers d’une richesse inouïe. L’autrice ne se contente pas de creuser une galerie ; elle bâtit une civilisation : avec sa propre mythologie, ses coutumes, ses règles, et surtout, un rapport poignant à l’écologie. La Maison sous la maison est un éloge vibrant à la lenteur, à l’écoute du monde vivant. On y apprend à tendre l’oreille pour sous-peser l’importance d’un bourdonnement, à décrypter les frissons d’excitation de la terre elle-même. Et j’ai adoré leur « monnaie » d’échange : des compliments!

C’est un roman d’aventures décoiffant où l’intrigue, menée tambour battant, nous fait dévorer chaque chapitre avec gourmandise. Mais c’est aussi un conte initiatique sur la résilience, la curiosité et la puissance des liens familiaux.

Alors, si vous cherchez un roman jeunesse (dès 10 ans) qui allie le frisson du secret, la fantaisie la plus débridée et une réflexion subtile sous-jacente sur notre rapport au vivant, plongez sans hésiter. Embarquez avec Albertine, glissez-vous sous cette maisons, et préparez-vous à un voyage unique. Et n’oubliez pas : écoutez la Nature. Elle vous sera d’une aide… précieuse !

en bref Attention : après cette lecture, vous ne regarderez plus un insecte ou un brin d’herbe de la même façon ! La Maison sous la maison est un trésor de fantaisie et d’humour. Le Sous-Monde vous attend. Écoutez la Nature !

2 réflexions sur “La Maison sous la maison d’Emilie Chazerand

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