Bande dessinée

Un Noël à Paris – 1 de Jim


Un Noël à Paris – 1

Scénariste : Jim
Illustrateur : Giuseppe Liotti
129p.
Le Lombard, 2025

résumé « Qui n’a jamais eu envie de fuir les corvées de Noël ? » Ève et Simon, lessivés par le quotidien et les obligations de Noël, prennent une décision radicale : ce soir, ils claquent la porte… et s’échappent ! Laissant derrière lui la dinde, les beaux-parents et les enfants, le jeune couple sèche Noël comme on sèche les cours, et s’élance dans une nuit parisienne pleine de surprises. Entre quiproquos, rencontres improbables et éclats de rire, cette nuit du 24 décembre va leur réserver la plus belle des surprises…

cequejenaipensé Qui n’a jamais rêvé de zapper la frénésie des préparatifs, la course aux cadeaux, et le marathon des repas familiaux souvent pesants à Noël ?

C’est exactement le ras-le-bol qui frappe de plein fouet Ève et Simon. Épuisés par un quotidien surchargé et les obligations de Noël, leur couple est à bout de souffle. Alors que le réveillon traditionnel chez les parents d’Ève (avec l’austérité et les fameuses cailles farcies traditionnelles) approche, le torchon brûle. Excédée par la lassitude et une petite erreur de son mari, Ève prend une décision radicale : fuir !

Simon, bien décidé à ne pas laisser son mariage sombrer, se lance à sa poursuite. Cette échappée devient une folle course-poursuite à travers Paris, une nuit du 24 décembre qui va les mener des rues illuminées aux grands magasins privatisés, en passant par des rencontres inattendues. Une unité de temps (une seule nuit), une unité de lieu (Paris), et une unité d’action (sauver leur couple) : Jim a choisi une structure presque théâtrale pour donner un rythme endiablé à son récit.

Dès la couverture, l’album nous accroche : la Tour Eiffel en arrière-plan, les illuminations, et ce couple qui court, l’homme en tenue légère pour un hiver, comme s’il s’était enfui de table à la hâte. Le ton est donné : c’est l’urgence qui prime.

Jim excelle à décortiquer la psychologie d’un couple usé par la routine et les pressions sociales. Il y a une véritable remise en question des codes de Noël : ici, on ne célèbre pas la magie enfantine, mais la nécessité pour les adultes de bousculer les normes pour se retrouver.

Le scénariste donne un rythme d’enfer à cette fuite en avant. On plonge dans l’effervescence des derniers achats, l’explosion de lumières des grands magasins, avant de s’engouffrer dans cette nuit d’imprévus. L’histoire est criante de vérité (de vécu ?) : elle nous rappelle que, parfois, il faut casser pour mieux reconstruire.

Le dessin de Giuseppe Liotti vient sublimer cette épopée parisienne. Son style est réaliste sans être froid, capturant à merveille l’ambiance féérique et trépidante de la capitale sous la neige et les décorations. J’ai particulièrement apprécié les planches dépeignant les rues et les scènes dans le grand magasin, où l’effervescence de Noël se mêle à l’intimité de la quête du couple. Le graphisme est moderne, dynamique, et parfaitement adapté à cette « folle épopée » nocturne.

Un Noël à Paris n’est pas une simple histoire de fête, mais un road-trip existentiel à travers les rues de Paris, un électrochoc pour un couple au bord du précipice. C’est une BD qui pose la question : doit-on bousculer les normes sociales, ignorer les injonctions familiales, pour exister vraiment et sauver ce qui compte ?

Mon seul regret ?  Il faut que j’attende Noël 2026 pour lire la seconde partie de cette duologie.

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