Roman

Une (toute) dernière chance de Kristan Higgins

La (Toute) Dernière Chance

Titre original : Always the last to Know
Autrice : Kristan Higgins
487 p.
Ed. Harper Collins, 2023 (poche)

 

À trente-deux ans, Sadie Frost trouve que son petit ami, exemplaire sur tous les plans, tarde à lui demander sa main. Qu’à cela ne tienne, elle décide de se lancer ! Mais rien ne se passe comme prévu. La soirée est un échec. Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, elle apprend que son père adoré vient d’avoir une crise cardiaque.
Ni une ni deux, Sadie se rue à son chevet et s’improvise infirmière. C’est l’excuse parfaite pour prendre de la distance avec sa vie new-yorkaise monotone.
À Stoningham, la situation n’est pourtant pas des plus réjouissantes, Sadie se retrouve face à un père affaibli, une mère moralisatrice, une sœur faussement modèle. Et surtout elle ne doit pas succomber aux charmes de Noah, son amour de jeunesse, qu’elle n’a jamais oublié. Cela dit, il ne semble pas particulièrement ravi de la revoir…
Ce retour pourrait-il être synonyme de dernière chance ?

 
 

 

Dans le cadre de mon challenge #unmotdestitres, il me fallait un roman avec le mot “dernier” dans le titre. J’aurais difficilement pu rêver meilleure compagnie que Une (toute) dernière chance de Kristan Higgins.

Et une fois encore, l’autrice m’a embarquée dans une histoire à la fois drôle, piquante et profondément humaine — sa marque de fabrique, mais avec cette maturité supplémentaire qu’on lui connaît depuis quelques années.

John Frost s’effondre. Un AVC. Et soudain, ce n’est plus seulement la santé d’un homme qui est en jeu, mais l’équilibre entier d’une famille.

Sadie, 32 ans, quitte précipitamment New York, son poste de professeure d’arts plastiques et son quotidien soigneusement organisé (sans oublier un petit ami qui tarde sérieusement à se décider à la demander en mariage…) pour revenir à Stoningham, cette petite ville côtière qu’elle s’était promis de ne jamais revoir autrement qu’en touriste.

J’ai adoré ce retour aux sources. Il y a quelque chose de terriblement universel dans ce moment où l’on revient chez soi “en adulte” et où l’on réalise que rien n’est jamais totalement réglé : ni les rivalités fraternelles, ni les blessures d’enfance, ni les vieux amours.

Et Noah. Ah, Noah. L’amour de jeunesse, devenu père, toujours aussi magnétique… mais lesté d’un passé qui ne s’efface pas d’un sourire.

Ce que j’aime chez Kristan Higgins, c’est sa capacité à faire exister plusieurs voix sans jamais perdre le fil émotionnel.

Barb(ara), l’épouse. Juliet, la fille brillante, solide en façade mais pleine de doutes. Sadie, l’artiste un peu à côté du cadre — et c’est justement ce que j’ai aimé chez elle. Une héroïne peintre, fragile, créative, qui doute de sa légitimité : ça change délicieusement des carrières ultra-glamour qu’on croise souvent en romance.

À travers elles, l’autrice explore les liens familiaux avec une finesse que je trouve de plus en plus marquée dans ses romans. L’amour filial, l’amour conjugal, l’amour passionnel… mais aussi la rancœur, les secrets, les incompréhensions accumulées au fil des années.

On rit — souvent, notamment grâce à certains personnages secondaires savoureux (et un certain “Bureau” dont les apparitions sont un pur régal). On grince des dents. On lève les yeux au ciel. Mais surtout, on s’attache.

Si vous cherchez une comédie romantique légère au sens strict, vous serez peut-être surpris. La romance est bien là, délicieuse et émouvante, mais elle partage ici la scène avec quelque chose de plus ample : une réflexion sur le pardon, sur les choix de vie, sur la famille — celle de sang et celle que l’on choisit.

J’aime beaucoup cette évolution chez Kristan Higgins. Depuis quelques romans, elle ose creuser davantage, aborder des thèmes plus profonds, intégrer des personnages plus variés, plus ancrés dans le réel. 

J’ai quitté les Frost avec un petit pincement au cœur. Comme toujours avec Kristan Higgins, j’ai eu cette sensation d’avoir partagé un moment de vie, avec ses éclats de rire et ses failles.

Pour mon challenge #unmotdestitres, c’était bien plus qu’un simple mot coché dans un titre. C’était une lecture chaleureuse, pleine de bienveillance et d’émotions, qui rappelle que parfois, une (toute) dernière chance peut tout changer.

Et franchement ? J’en redemande. Il me reste à voir si j’ai encore de quoi lire de cette autrice dans ma PAL !!

Un petit mot ?