A peine plus loin que le soleil
Autrice : Sophie Rouvier
lu par Olivia Nicosia
350 p.
Fayard, 2023
8h16
Audiolib, 2026
Après avoir manqué de perdre la vie, Adèle, 30 ans, décide de quitter Paris pour se ressourcer. Direction Guéthary et les terres de son enfance, peuplées de fantômes, où elle n’a pas mis les pieds depuis plus de dix ans.Là-bas, sa grand-mère Agustina, emplie d’une vitalité aussi communicative que fantasque, l’accueille à bras ouverts. Elle lui réapprend les senteurs d’autrefois, le bruit de l’océan, les couleurs du « sunset » basque. Pourtant, Adèle peine à trouver ses marques.
Alors qu’elle ne rêve que de solitude, des rencontres s’imposent sur son chemin, en particulier une jeune femme et son carnet énigmatique, qui bouleverseront peu à peu sa vision des choses.
Et si, au lieu de vivre avec des regrets, il était temps d’assumer le passé ?
Découvrir À peine plus loin que le soleil de Sophie Rouvier en version audio a donné à cette lecture une dimension toute particulière. Porté par la voix sensible d’Olivia Nicosia aux Audiolib, le roman m’a accompagnée comme une confidence murmurée à l’oreille. Certaines histoires se lisent ; d’autres se vivent. Celle-ci, je l’ai véritablement ressentie.
Adèle a trente ans et vient de frôler la mort dans un accident. Le plus troublant n’est pas tant le choc que la prise de conscience qui suit : au fond, sa vie ne la faisait plus vibrer depuis longtemps. Comment en arrive-t-on à se sentir spectatrice de sa propre existence ? Cette question la pousse à quitter Paris pour rejoindre Guéthary, sur la côte basque, là où tout a commencé — et là où tout s’est brisé.
Retrouver sa grand-mère Agustina, c’est revenir à la lumière. Mina est de ces femmes qui irradient : fantasque, généreuse, débordante d’énergie, le cœur grand ouvert malgré les fêlures du passé. À travers elle, Adèle redécouvre les odeurs salées de l’océan, la chaleur des couchers de soleil, les souvenirs enfouis. Mais revenir sur les lieux de son enfance signifie aussi affronter les blessures que l’on croyait cicatrisées.
Au fil des jours, les rencontres s’invitent — inattendues, parfois déroutantes. Clara, et son mystérieux carnet, joue un rôle décisif. Comme un miroir tendu à Adèle, elle l’amène doucement à regarder son histoire en face. À accepter. À comprendre que fuir ne protège pas, et que l’on peut choisir de ne plus vivre dans le regret.
Ce qui m’a profondément touchée, c’est le cheminement intérieur d’Adèle. Je l’ai parfois trouvée fragile, parfois agaçante, souvent bouleversante mais surtout terriblement humaine. Sa reconstruction se fait par petites touches dans une justesse émotionnelle qui sonne vrai.
La relation entre Adèle et Agustina m’a émue. Leur complicité, teintée de tendresse et d’humour, apporte une chaleur lumineuse au récit. Mina incarne cette force tranquille qui nous rappelle que, malgré les coups du destin, choisir la joie reste possible.
La plume de Sophie Rouvier est délicate, poétique, capable d’aborder des thèmes lourds avec finesse et une pointe d’espièglerie bienvenue. En version audio, les descriptions des paysages basques prennent une ampleur particulière : on entend presque les vagues, on voit les couleurs du ciel, on ressent le vent. La narration d’Olivia Nicosia amplifie cette immersion avec beaucoup de douceur et de nuance.
Ce roman fait partie de ceux qui résonnent longtemps après la dernière page — ou, en l’occurrence, la dernière minute d’écoute. Il invite à s’interroger : subir ou décider ? Se réfugier dans le passé ou s’autoriser un avenir ? Il rappelle surtout que l’on a toujours le choix, même lorsque tout semble figé.
Une histoire lumineuse, vibrante, profondément humaine. Un texte qui émeut, qui fait sourire, qui serre le cœur avant de l’ouvrir un peu plus grand.
