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Maman d’Hélène Delforge

Maman

Autrice : Hélène Delforge
Illustrateur : Quentin Greban
66 p.
Mijade, 2018

résumé Maman. Un des premiers mots du monde. Un nom unique, porté par des milliards de femmes. Un mot pour dire l’amour, la tendresse, le lien, parfois le manque. Il y a autant de mamans qu’il y a d’enfants. Pourtant, sur tous les continents, lorsqu’elles prennent leur bébé dans les bras, les mamans se ressemblent.

cequejenaipensé Certains livres se contentent de se lire ; d’autres nous enveloppent dès les premières pages et laissent en nous une trace douce et persistante.

Dès la couverture, tout est dit — ou presque. Un regard, une étreinte, des nuances profondes de bleus et de verts : une promesse de tendresse. Le grand format met à l’honneur les aquarelles lumineuses de Quentin Gréban. Chaque double page offre un délicat contraste : à gauche, un dessin à l’encre de Chine accompagne le texte ; à droite, une illustration en couleurs pleine page qui saisit l’émotion au vol. On s’y attarde, on s’y perd, on y reconnaît un geste, une posture, un souvenir.

Les mamans qui peuplent cet album viennent des quatre coins du monde. Indiennes, africaines, inuites, européennes… Elles portent des vêtements différents, vivent sous d’autres ciels, parlent d’autres langues. Pourtant, lorsqu’elles serrent leur enfant contre elles, quelque chose d’universel affleure. Un même élan. Une même fragilité aussi.

Les textes d’Hélène Delforge explorent toute la palette du lien maternel. Ils savent être drôles, parfois piquants, souvent bouleversants. On y croise des mamans émerveillées, débordées, inquiètes, passionnément aimantes. Certaines doutent, d’autres grondent, quelques-unes étouffent ou s’éloignent. Rien n’est idéalisé, tout est humain. L’amour y apparaît comme une force immense, mais jamais lisse. Il traverse les bouderies, les tempêtes, les absences et même le vertige de la perte.

Ce qui frappe, c’est la poésie. Les mots dansent, murmurent, consolent. Ils parlent aux adultes autant qu’aux enfants. Peut-être même davantage aux adultes, qui y reconnaîtront leurs propres élans et leurs propres failles. Les plus petits, eux, se laisseront porter par les images, par les couleurs vibrantes et les regards échangés.

Cet album n’est pas un simple livre jeunesse. C’est une méditation sur la maternité, sur la féminité, sur ce mot si court et pourtant si chargé : maman. On le feuillette, on y revient, on le partage. Il invite à ralentir, à prendre le temps d’un câlin, d’une lecture à voix basse, d’un moment suspendu.

Je l’imagine déjà entre les mains d’une petite Iris, un soir de Noël. Je l’imagine blottie contre sa maman, découvrant ces portraits venus d’ailleurs, ces mots qui réchauffent. Et je me dis que certains livres ne sont pas seulement faits pour être lus : ils sont faits pour être vécus, ensemble.

 

 

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