Roman "jeunes adultes"

The making of Ellie : Dans l’ombre de Clio de Charlotte Razon

The Making of Ellie : Dans l’ombre de Clio

Autrice : Charlotte Razon
416 p.
Sarbacane, 2026 (Exprim’)


résumé Ellie Pernell enchaîne les tournages des Chroniques de la Malemuse, et les tournées presse qui les emmènent, elle et ses co-stars, aux quatre coins de la planète. Entre paparazzis et hordes de fans, leur vie d’ado acteurs n’est pas de tout repos !
Mais alors qu’elle croyait s’être débarrassée de Malo, d’étranges douleurs refont surface, accompagnées d’une petite voix très familière… Et voilà qu’en plus, l’équipe de production menace l’avenir de Clio, cette héroïne qu’Ellie incarne à l’écran et qu’elle redoute de trahir.
Plongeant tête la première dans les zones d’ombres du passé de son père et dans sa passion pour la jeune malemuse, Ellie parviendra-t-elle à protéger le destin de Clio, et à tracer le sien ?
 
cequejenaipensé Après un premier tome qui m’avait totalement happée, j’attendais Dans l’ombre de Clio avec autant d’impatience que d’appréhension. Et je peux vous le dire d’emblée : The Making of Ellie : Dans l’ombre de Clio confirme toute la richesse et l’ambition de la duologie imaginée par Charlotte Razon.

Lorsque l’on retrouve Ellie Pernell, quelques années ont passé. Les tournages des Chroniques de la Malemuse s’enchaînent, les tournées promotionnelles les entraînent aux quatre coins du monde. Ellie, Liam, Kichirō et Deva ne sont plus les enfants du premier tome : ce sont désormais de jeunes adolescents adulés, scrutés, commentés. Et derrière les flashes et les sourires maîtrisés, la pression est immense.

La force de ce second opus, c’est d’ancrer encore davantage le fantastique dans une réalité très concrète : celle d’une industrie du cinéma impitoyable, où l’image compte plus que tout. Ellie doit continuer à incarner Clio à la perfection, alors même que ses douleurs reviennent… et qu’une petite voix, bien trop familière, refait surface. Malo n’a peut-être jamais vraiment disparu.

J’ai particulièrement aimé la manière dont l’autrice joue avec nos certitudes. On frôle le surnaturel, on doute, on s’interroge… avant que certaines révélations ne viennent éclairer les zones d’ombre d’un jour plus “logique”. Mais logique ne veut pas dire simple.

Le roman explore avec finesse l’idée d’emprise, de maladie invisible. En plongeant dans le passé du père d’Ellie et dans son lien à la Malemuse, le récit gagne en profondeur. Les intrigues s’imbriquent, les réponses soulèvent de nouvelles questions, et l’on avance avec cette sensation grisante de ne jamais tout maîtriser. 

Dans le premier tome, Ellie pouvait parfois m’agacer. Ses réactions, ses colères, son entêtement… Mais ici, elle m’a profondément touchée. Elle a mûri. Elle doute, elle vacille, mais elle avance.

Entre premiers émois, responsabilités écrasantes et quête d’identité, elle cherche à protéger Clio sans se perdre elle-même. Et c’est sans doute là que réside toute la beauté du roman : comment tracer son propre destin quand tout le monde projette sur vous une version idéalisée de ce que vous devez être ?

Le regard porté sur l’adolescence est d’une grande justesse. Malgré la célébrité, les préoccupations restent universelles : trouver sa place, comprendre qui l’on est, accepter ce qui nous rend différente.

Avec cette suite et fin, Charlotte Razon propose un récit plus dense, plus introspectif, mais tout aussi haletant que le premier. Les coulisses du cinéma servent de décor à une réflexion plus large sur le deuil, la transmission, la résilience et la liberté.

J’ai refermé ce livre avec un mélange de satisfaction et de nostalgie. Satisfaction d’avoir obtenu des réponses. Nostalgie de quitter Ellie et ses amis, qui m’ont accompagnée le temps de cette duologie aussi originale qu’attachante.

 

en bref The Making of Ellie confirme qu’il ne s’agit pas seulement d’une histoire de tournage ou de phénomène littéraire fictif, mais bien d’un roman sur la construction de soi. Une lecture young adult intelligente, sensible et addictive, qui se savoure autant pour son suspense que pour son intensité émotionnelle.

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