The Eating Woods
1. Anathema
Autrice : Keri Lake
Traduit par Nathalie Guillaume
lu par Solenn Mara-Lewis, Laurent Blanpain (lecture en tandem)
636 p.
Editions BMR, 2026
20h26
Audiolib, 2026
Seuls les bannis savent ce qui se cache au-delà des bois…Personne ne revient de Witch Knell. Les pécheurs y sont envoyés pour mourir, les légendes parlent de créatures affamées et d’un seigneur maudit qui règne sur les ombres. Maevyth Bronwick le sait. Mais quand le destin la condamne à rejoindre ce bois maudit, elle n’a d’autre choix que de franchir l’arche des os menant à la forêt.
Elle y découvre un monde oublié, aussi cruel que magnifique. Et un homme. Zevander Rydainn, assassin redouté, surnommé le Scorpion. Froid, calculateur, et lié à elle par une prophétie ancienne. Il devrait la protéger. Il pourrait la sacrifier. Mais ce qu’il ne peut contrôler, c’est l’obsession brûlante qui le consume peu à peu.
Maevyth est la clé de sa liberté. C’est son sang qui pourrait briser sa malédiction. Mais elle est aussi la tentation qu’il n’avait pas prévue. Dans ce royaume de magie noire, de secrets enfouis et de créatures voraces, leur attirance devient une arme à double tranchant.
Quand j’ai vu passer l’étiquette « romantasy gothique », ma curiosité de lectrice a immédiatement été piquée. Impossible pour moi de résister à une promesse d’ambiance sombre, de magie et de romance tourmentée… J’ai donc découvert Anathema, premier tome de la saga The Eating Woods de Keri Lake, en format audio chez Audiolib — et cette immersion s’est révélée particulièrement marquante.
D’abord, un mot sur l’expérience audio : le roman est interprété en tandem par Solenn Mara-Lewis et Laurent Blanpain, et c’est clairement un énorme point fort. Là où l’on a habituellement un narrateur différent par chapitre, le format tandem permet aux deux comédiens d’incarner leurs personnages dans les mêmes scènes. Résultat : les dialogues prennent vie, les tensions sont plus palpables et certaines confrontations gagnent une intensité. Leur interprétation donne vie aux personnages — un vrai coup de cœur de ce côté-là.
Côté histoire, l’autrice nous entraîne dans un univers particulièrement sombre. Dans ce monde, Witch Knell est une forêt maudite dont personne ne revient. On y envoie les pécheurs pour mourir, abandonnés aux créatures qui hantent ses ombres et à la légende d’un seigneur maudit qui y règne. Lorsque Maevyth Bronwick se retrouve condamnée à franchir l’arche d’os qui marque l’entrée du bois, elle découvre un territoire oublié : cruel, mystérieux… mais aussi fascinant.
Au cœur de ce décor gothique, deux trajectoires se croisent.
D’un côté, Maevyth, jeune femme au passé fragile, qui tente de survivre dans un monde qui ne lui fait aucun cadeau. Très vite, les épreuves s’accumulent : traquée, chassée, séparée de sa sœur, elle se retrouve plongée dans un univers dont elle ignorait l’existence. Malgré tout ce qu’elle endure, elle conserve une forme d’altruisme presque désarmant, oscillant entre naïveté et force intérieure. Elle se découvre des pouvoirs et un destin… qui s’annonce compliqué !
De l’autre, Zevander Rydainn, surnommé le Scorpion. Assassin redouté, homme de main du roi, homme brisé par un passé d’esclave et lié à une malédiction terrible. C’est le genre de personnage moralement gris que la romantasy affectionne : dangereux, froid en apparence, mais profondément marqué par ses traumatismes. La prophétie qui le lie à Maevyth pourrait faire d’elle sa clé de libération… ou sa victime.
Entre eux, l’attraction est inévitable — et explosive.
L’un des grands points forts du roman réside dans la richesse de son univers. Keri Lake construit une mythologie dense : dieux inquiétants, magie reposant sur des glyphes et des sceaux, créatures monstrueuses, malédictions anciennes. Malgré la complexité du monde, la lecture reste étonnamment fluide et on se laisse facilement happer par l’atmosphère gothique du manoir, de la forêt et des secrets qui s’y cachent.
L’ambiance est d’ailleurs très sombre, parfois même impitoyable. Dès les premiers chapitres, le ton est donné : violence, cruauté, créatures féroces… L’autrice ne ménage clairement pas ses personnages — ni ses lecteurs. Certaines scènes peuvent être assez dures, et les passages « hot » sont particulièrement explicites. Personnellement, ce n’est pas l’aspect qui m’a le plus séduite, d’autant que certaines scènes m’ont semblé un peu de trop par rapport au reste du récit.
Le rythme, lui, est plutôt lent. Il y a quelques longueurs, mais elles servent aussi à installer les nombreux éléments de ce monde dont on découvre les clés et à explorer les blessures des personnages, notamment à travers des retours dans le passé de Zevander et de son frère. Cela ajoute une dimension psychologique intéressante à l’histoire.
J’ai aussi beaucoup apprécié les personnages secondaires, qui apportent une vraie dynamique au récit — sans oublier Raivox, qui n’a – je pense – pas encore été exploité à son maximum.
Anathema est une romantasy gothique intense, sombre et immersive. Pas forcément pour les lecteurs sensibles, mais si vous aimez les univers ténébreux, les héros tourmentés et les prophéties dangereuses… il y a de fortes chances que vous vous laissiez happer par le récit.
Et si vous avez l’occasion de le découvrir en audio, foncez : le duo de narrateurs apporte une dimension supplémentaire qui rend l’expérience encore plus immersive.
