Roman policier

La Zygène de la filipendule de Ricardo Salvador

Titre : La Zygène de la filipendule

Auteur : Ricardo Salvador

489 p.

Kyklos éditions, 2011

Résumé :
Dans l’enceinte d’un zoo en faillite voué à une reconversion en centre de loisirs, un des repreneurs chargés de fermer le site est retrouvé assassiné. Un commissaire – qui souffre d’une homonymie fâcheuse avec un célèbre policier belge – mène l’enquête, aidé en cela par un médecin légiste déjanté et un inspecteur aussi dévoué qu’inefficace. L’autopsie aboutit à un premier constat improbable : c’est un éléphant qui aurait fait le coup ! Ou un ours… ou peut-être bien les deux ? Mais ce n’est qu’un début, un second cadavre fait bientôt son apparition, puis un troisième… Dans cette jungle urbaine, tout le monde se retrouve dans le collimateur du commissaire : Nestor, le soigneur du zoo, son frère Pollux, bohème notoire et joueur endetté, le directeur du zoo idéaliste alcoolo, l’ambitieux sous-directeur, les membres du conseil d’administration, Joséphine la femme de service, sorcière à ses heures, et Ginette, la caissière, qui se prépare à une nouvelle invasion teutonne… Immergé dans un univers où les plus dangereux prédateurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit, le policier patauge et l’enquête piétine. Ajoutez à cela des vautours rigolards, un orang-outan amateur d’équations différentielles, un lama psychopathe, un tigre végétarien, un couple de dendrobates, sans oublier la fameuse « zygène », et vous obtiendrez un roman dé-zoo-pilant…

Livre lu dans le cadre de l’Opération Coup de Cœur pour auteurs peu médiatisés.

(en cliquant sur l’image, vous arriverez sur mon billet récapitulatif des différents romans à lire et chroniqués)

Le Casting

Plusieurs personnages gravitent dans ce roman policier hors normes!

Celui qui mène l’enquête est le Commissaire Maigret. Non non le vrai, pas le faux, là, celui des romans. Lui le vrai Commissaire Maigret est un vrai policier, qui mène de vraies enquêtes! Il va essayer de démêler les fils de l’enquête! Et il n’est pas aidé! Il n’est pas forcément très vif d’esprits, mais il est accompagné par un médecin légiste, Egoïne, à l’humour assez morbide et un suppléant très très très maladroit et pas très intelligent! (il confond un cornac avec Carnac en Bretagne par exemple!).
Son enquête va donc l’emmener dans le monde particulier d’un parc zoologique puisque le premier meurtre du roman a lieu dans la cage des ours! Le Commissaire Maigret va y rencontrer Nestor, soigneur dévoué et bénévole de ce zoo en grande difficulté financière. Il va également croiser le chemin de Pollux, le frère de Nestor. Pollux, jeune homme sans ambition, joueur, et Nestor vont avoir des rôles importants dans l’histoire. Grâce à eux, et surtout grâce aux connaissances animalières de Nestor, l’enquête va avancer.
Il y a aussi Joséphine, la femme de service, sorcière vaudou, prête à tout moment pour un rituel vaudou. Ginette, la caissière du zoo, vielle femme dont la seule peur est les Allemands! Elle a peur qu’ils envahissent de nouveau le pays! Du coup elle veille! Et gare à ceux qui veulent frauder à l’entrée de SON zoo!
Nous ferons également la connaissance du directeur du zoo, ex- idéaliste qui voit son zoo s’en aller à vau-l’eau, des membres du conseil d’administration qui font tous leur possible pour remplacer ce zoo par une affaire qui pourrait enfin leur rapporter de l’argent!
Le personnage qui fait le lien entre tous est assez original puisqu’il s’agit d’un orang-outan! Et pas n’importe lequel : Albert-Albert, un orang-outan très intelligent, élevé depuis le berceau par Nestor et Pollux. Il va attendrir ou apeurer tous ceux qui vont partager son chemin! Il va même aider un artiste-peintre à reconsidérer son art!
Ricardo Salvador nous offre dans ce roman un florilège de personnages assez surprenants, et assez loufoques! Il s’amuse avec eux, avec leur caractère, avec leurs noms! Ainsi, l’intrigue va nous mener d’un M. Laigle, à un M. Laventure, en passant par la préfète Mme Lapaud-de-Loursse. L’auteur s’amuse avec ses personnages et le lecteur aussi!
Ce que j’en ai pensé

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce livre. J’avoue que son titre m’intriguait. Je me demandais ce que ça voulait dire et j’avais une petite appréhension en commençant les premières lignes. Et j’ai été happé par une histoire originale, drôle, captivante, avec une intrigue qui accroche, des personnages loufoques et attachants.

Dès les premières pages, le lecteur se rend compte qu’il ne met pas les pieds les yeux dans un polar classique. Chaque chapitre à un titre assez long et avec un effet d’annonce. Ainsi le chapitre 1 s’intitule « Où l’on voit qu’il peut s’avérer fort préjudiciable de travailler un dimanche ». Tout un programme et ça donne le ton! L’auteur use de formulations scientifiques (sans être pédant), humoristiques, de comiques de situations, de quiproquos, de jeux de mots, de métaphores. Cette humour, parfois un peu morbide, n’oublions pas que nous sommes quand même dans un polar, fait avancer l’enquête, assez complexe, avec légèreté. L’auteur a un style bien à lui. Et je suis tombée sous le charme! JE me suis réellement amusée tout au long de l’intrigue. Et je vous rassure, cet humour ne fait pas perdre le but principal de ce roman : élucider les crimes.
J’ai aussi beaucoup apprécié l’exactitude des mots, du vocabulaire choisis par l’auteur. Que ce soit au niveau des titres des chapitres, des noms des personnages, au au niveau du vocabulaire technique, on sent que l’auteur veut donner une dimension précise à son roman en choisissant, en pesant chaque mot avant de s’en servir. Ainsi, quand il fait parler Nestor des animaux peuplant le zoo (qui sont plus ou moins complices du meurtrier), il utilise leurs noms scientifiques (comme le cuculus canorus alias le coucou, ou encore la fameuse zygène de la filipendule!)
En bref…
Une alchimie totale entre le style, l’intrigue et les personnages! Une très agréable lecture que je vous recommande!
La fameuse zygène!

4 réflexions sur “La Zygène de la filipendule de Ricardo Salvador

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