Roman

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Titre : Rien ne s’oppose à la nuit

Auteur : Delphine de Vigan

436 p.

JC Lattès, 2011

Résumé :
« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.
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Les premiers mots
Ma mère était bleue, d’un bleue pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tâchées d’encre, au pli des phalanges.
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Ce que j’en ai pensé

La plume de Delphine de Vigan, je la connais à travers ces romans No et moi et Les Heures souterraines. Ces deux romans m’avaient profondément touchés, remués. Ils sonnaient justes, vrais. L’auteur sait parler à la fois avec tendresse et vérité de ses personnages.

Ici, elle va encore plus loin car elle nous parle d’elle, de sa famille, de sa mère. Elle écrit ici le plus beau portrait, le plus belle hommage qu’elle pouvait rendre à sa mère. Delphine de Vigan, dans cette biographie quelque part un peu romancée, va remuer les secrets de famille. Elle en a besoin pour comprendre sa vie, sa mère, sa famille.

Un matin de janvier, elle va retrouver sa mère, morte depuis quelques jours. Effondrée, elle n’arrive plus à écrire et comprend qu’elle a besoin d’écrire sur sa mère, un besoin vital, elle n’a pas le choix, c’est comme ça et c’est tout. Tout au long du récit, elle fera des apartés pour s’adresser à son lectorat et expliquer le processus d’élaboration de cet écrit : où elle est allée chercher les informations, les interviews avec ces oncles et tantes, avec les amis de sa mère, les moments de doute,… Comme un besoin de justifier ses choix de narration, pourquoi elle a choisi de mettre en avant tel morceau de vie de sa mère plutôt qu’un autre. Ces moments de dialogue avec le lecteur, permet également à ce dernier de respirer… Car la vie de la famille de l’auteur est loin d’être reposante! Beaucoup de drames ont parsemé l’histoire familiale, beaucoup de larmes ont été versé, de nombreux secrets enfouis, mais également des moments de joie.

L’écriture de Delphine de Vigan respire une nouvelle fois la tendresse. Lucile – sa mère qu’elle nomme très peu en ces termes d’ailleurs au long du récit – était un personnage à part. Issue d’une famille nombreuse, elle s’est montrée différente très jeune. Libre, pleines d’imagination et de curiosité, malade et sûrement au final malheureuse, Lucile était une femme fragile, une femme à part. L’auteur trace le portrait de SA Lucile qui ne sera pas forcément celle de ses frères et sœurs. En enquêtant sur le passé familial, elle a voulu comprendre comment elle est devenue qui elle était dans les derniers jours de sa vie.

J’avoue avoir un peu de mal à trouver mes mots pour exprimer ce que j’ai ressenti lors de ma lecture. Tout en lisant, j’avais l’impression d’entendre la voix de l’auteur me narrer son Histoire. Je ne pouvais pas m’empêcher de commenter certains passages, comme si j’étais vraiment en train de discuter avec elle. Les émotions m’ont envahie, m’ont émue, les larmes par moments n’étaient vraiment pas très loin…

En bref…
 Une biographie très émouvante. On ne peut s’empêcher de compatir face au destin familial et aux épreuves qu’ils ont dû traverser. Un magnifique hommage.

9 réflexions sur “Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

    • J’ai eu du mal à trouver les mots pour dire ce que j’ai ressenti à cette lecture… j’ai laissé passer quelques jours mais je crois et même je suis sûre que je n’ai pas su exprimer toutes mes émotions tellement il y a de choses dans ce livre…

    • J’ai attendu aussi pour m’y mettre donc je te comprends.
      Mais j’espère qu’un jour tu auras un peu moins peur parce que c’est une lecture qui vaut le coup!

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