Roman policier

Hors cadre de Stefan Ahnhem

couv6441808Hors Cadre
Titre original : Offer utan ansikte
Auteur : Stefan Ahnhem

trad. du suédois par Marina Heide
571 p.
Albin Michel, 2016

résuméVingt anciens élèves de la même classe.
Deux assassinats violents.
Un tueur sans visage…

Près des corps sauvagement mutilés de deux victimes, une photo de leur classe de 3e sur laquelle leur visage a été raturé. Cette classe a aussi été celle de l’inspecteur Fabian Risk de la police de Helsingborg. Pour arrêter la spirale infernale et éviter d’être la prochaine cible, il s’enfonce dans les méandres de son propre passé. Au risque de s’y perdre.
Best-seller partout où il est publié, ce roman troublant et cruel qui interroge la violence de la société, impose Stefan Ahnhem comme un des auteurs de thrillers scandinaves les plus prometteurs.

çacommenceparLe corbeau se posa sur son ventre, écorchant sa peau nue du bout des griffes. Les premières fois que l’oiseau l’avait tiré de son sommeil, il avait réussi à lui faire peur et à le chasser. Mais l’animal ne se laissait plus effrayer, il lui archait tranquillement dessus, toujours plus impatient, toujours plus affamé.
cequejenaipenséStefan Ahnhem est scénariste pour la télévision et le cinéma. Hors Cadre est son premier roman. Un premier roman maîtrisé, angoissant, prenant. Bref c’est un coup de cœur pour moi!
Fabian Risk, inspecteur de police, arrive  à Helsingborg pour entamer une nouvelle vie avec sa famille. A peine arrivé, deux meurtres horribles sont commis. Fabian connaissait les deux victimes. Ils étaient en classe avec lui en 1982. Coïncidence? Fabian n’y croit pas.
Très vite, lui, se replongeant dans le passé, et sa nouvelle équipe dressent un profil de ce tueur sadique et méticuleux et arrivent à déterminer son identité. Très vite? Trop vite? Trop facile?
Le tueur joue avec ses victimes, avec la police suédoise et danoise. Il a un plan qu’il modifie au gré de l’avancé de l’enquête. Il semble être partout. Il a un seul et unique but et il y parviendra coûte que coûte.
Une fois le roman ouvert j’ai vraiment eu du mal à le lâcher. Stefan Ahnhem signe ici un premier roman exceptionnel. On sent qu’il maîtrise l’art du suspense et de la construction d’une intrigue. Il donne le rythme à son récit en alternant des chapitres plus ou moins long, en alternant de points de vue (l’enquête, de mystérieux extraits de journaux intimes en italique, la voix du tueur). Chaque fin de chapitre appelle le lecteur à continuer, à vouloir savoir jusqu’où le tueur va aller, jusqu’où sa folie va le mener…
L’enquête met à jour des secrets bien enfouis, va réveiller des souvenirs, remuer le passé. Les fausses pistes se succèdent, les embûches politico-policières entre la Suède et le Danemark va ralentir l’enquête. Les personnalités des uns et des autres se révèlent. Après cette histoire, les principaux personnages ne seront plus les mêmes.
L’auteur a créé un tueur machiavélique, solitaire, psychologiquement instable mais terriblement intelligent. Et aussi, quelque part, attachant… Quand on comprend pourquoi il fait ça, on ne peut qu’imaginer ce qu’il peut ressentir. On se met à sa place. On se pose des questions… qu’aurions-nous fait à sa place? vengeance? silence? Qu’aurions-nous fait si on avait été dans cette classe en 1982?
Par ce roman et notamment avec ce personnage torturé, Stefan  Ahnhem met en avant la violence de notre société, le chacun pour soi. Il met le doigt là où ça perturbe, là où ça fait mal.
À l’automne 2003, le psychologue Kipling D. Williams réalisa une expérience qui consistait à exposer des sujets à l’exclusion sociale à travers un jeu de ballon virtuel, le Cyberball, où trois joueurs se faisaient des passes. Au bout d’un certain temps, deux des participants se mettaient à jouer uniquement entre eux. Le troisième, ignorant qu’il jouait contre des ordinateurs, se sentait aussitôt exclu. Un sentiment si fort qu’on put mesurer au scanner un pic d’activité dans la même région du cerveau que le siège de la douleur physique.
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 Un roman angoissant, haletant, addictif. Une fois ouvert, difficile de quitter cet univers sombre. L’écriture est intuitive et précise. Un très très bon premier roman. Il me tarde de voir son adaptation télé qui est en préparation !

coup de coeur

Une réflexion sur “Hors cadre de Stefan Ahnhem

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