Roman historique

La Vie rêvée d’Henrietta de Rebecca Mackenzie

product_9782207123591_195x320La Vie rêvée d’Henrietta
Titre original : In a Land of Paper Gods

Auteure : Rebecca Mackenzie

trad. de l’anglais par Elsa Maggion

446 p.

Denoël, 2016 (& d’aileurs)

résuméChine, province de Jiangxi, 1941. Au plus haut des légendaires montagnes de Lushan se dresse un internat réservé à des enfants de missionnaires anglais. Henrietta S. Robertson dite Etta, dix ans, est l’une de ces jeunes pensionnaires. Gamine malicieuse désespérément en quête d’attention, elle décrète un jour posséder un don divin, celui de pouvoir prédire la mort de ceux qui l’entourent. Elle a tôt fait de révéler ce pouvoir miraculeux à ses camarades, et se retrouve enrôlée dans le club très fermé des prophétesses. Lorsque la guerre arrive, détruisant tout sur son passage, la divine mission d’Henrietta et de ses amies va revêtir une toute nouvelle importance ; les prophétesses en culottes courtes vont vite s’apercevoir que la limite qui sépare l’imaginaire de la réalité et le bien du mal peut parfois devenir dangereusement floue.

çacommenceparJe m’appelle Henrietta S. Robertson. C’est mon nom anglais. Le nom inscrit sur mes étiquettes, ma valise de vacances et ma malle rangée dans la hutte. Le nom écrit par ma mère sur la première page de ma Bible. Mon nom chinois est Ming-Mei, il signifie belle et radieuse. Il n’est indiqué nulle part. C’est juste un nom que je porte dans mes pensées, qui résonne quand j’essaie de me souvenir de la voix de ma mère.

cequejenaipensé J’ai tout de suite été charmé par le résumé de ce roman. Et je n’ai pas été déçue de ce voyage dans le temps et l’espace.
J’ai donc fait la connaissance de la très jeune Henrietta en 1941, peu après le début de la guerre sino-japonaise. Henrietta est la fille d’un couple de missionnaire. Elle est envoyée à l’école de Lushan, en Chine faite pour que ces couples se consacrent à leur mission de partager la voix du Christ. Henrietta est un peu perdue dans cette école. Elle qui était libre de ses mouvements, elle qui est une jeune fille pleine d’imagination, là voilà qui doit répondre à des règles strictes, partager sa chambrée avec plusieurs autres jeunes filles. Son besoin de se faire remarquer – qui est surtout un grand besoin d’attention – va l’amener à se créer un monde imaginaire, mais qui répond tout de même à sa foi. Elle se croit prophétesse, annonce les malheurs qui pourraient frapper son entourage. Ce jeu prend de l’ampleur auprès de ses complices. Mais l’innocence de l’enfance sera perturbée par la réalité des adultes et le monde en guerre va se rappeler à elles assez vite. La frontière entre le bien et le mal devient floue et Henrietta est portée par son désir d’attention.
La première partie met le contexte en place, décrit les personnages, donne l’ambiance de ce pensionnat. Henrietta malgré son caractère est très attachante et le lecteur omniscient comprend mieux ses réactions que son entourage. Qui plus est ma lecture était accompagnée de l’image du visage choisie pour illustrer la première de couverture de ce roman. Ce regard perdu dans le vague, tout en fixant le lecteur, ce petit air de tristesse sur le visage. Avant même d’ouvrir le roman en fait et d’avoir fait plus ample connaissance avec elle, j’avais déjà créé un lien avec Henrietta.
Dans la seconde partie , l’intrigue se complique, s’intensifie. La réalité reprend le dessus avec l’apparition de soldats japonais dans l’école. Le Japon est entré en guerre contre les Etats-Unis  et la situation des jeunes pensionnaires devient très incertaines, il en va de même pour la situation de leurs parents. Leur petite bulle de paradis éclate et la souffrance s’installe dans leur quotidien. J’ai préféré cette seconde partie qui illustre un pan de l’histoire que je ne connaissais pas. En effet, l’auteure Rebecca Mackenzie, elle-même fille de missionnaire, s’est servie de témoignages d’enfants de missionnaires de cette époque et de a propre expérience pour donner une crédibilité aux émotions des enfants et aux émotions ressenties par le lecteur.
en bref Un roman évoquant un pan de l’Histoire chinoise. Des personnages sensibles, une intrigue juste et une réflexion riche sur l’innocence de l’enfance et leur entrée dans l’âge adulte lors d’une période historique troublée.

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