Roman "jeunes adultes"/Roman historique

Autopsie : Whitechapel de Kerri Maniscalco

couv75422409Autopsie : Whitechapel

Titre original : Stalking Jack The Ripper

Auteure : Kerri Maniscalco

Trad. de l’anglais (États-Unis) par Emmanuelle Pingault

352 p.

Milan, 2017

résumé 1888, quartier Est de Londres. Depuis quelque temps, des meurtres sanglants et horribles touchent les femmes de petite vertu de Whitechapel. Une jeune femme, de bonne famille, en avance sur son temps, enquête au côté de son oncle, médecin légiste.

çacommencepar Je plaçai le pouce et l’index sur la chair glacée pour tendre la peau au-dessus du sternum, comme mon oncle me l’avait montré.
Il était crucial de réussir la première incision.
Je pris mon temps pour positionner le métal sur la peau, adopter le bon angle afin de tailler proprement. Je sentais que mon oncle m’observait par-derrière, étudiait tous mes gestes, mais je restai concentrée sur ma lame.
D’un geste sûr, je fis glisser le scalpel, de l’épaule au sternum, en veillant consciencieusement à l’enfoncer au maximum. Mes sourcils tremblèrent, le temps que je reprenne une expression impassible. La chair humaine était plus facile à trancher que je
ne le croyais. Cela n’avait rien de très différent d’avec la découpe d’une côte de porc que l’on s’apprête à griller ; cette idée aurait dû me troubler.

cequejenaipensé Ce titre a attiré mon attention dès que j’ai appris sa parution. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les romans qui revisitent les faits divers du passé, qui tentent de les élucider à leur façon, apportant leur pierre à l’édifice. Celui-ci aborde le mythique Jack l’éventreur. Tout le monde connaît ces terribles meurtres et les différentes hypothèses quant au coupable qui n’a jamais été identifié. Régulièrement l’enquête revient en une des journaux avec de nouveaux éléments scientifiques. Les romanciers y voient là une occasion de laisser libre court à leur imagination et de mettre en oeuvre leur propre supposition. Patricia Cornwell (Jack l’éventreur : Affaire classée), Maureen Johnson (Hantée), Michel Moatti (Retour à Whitechapel)… A son tour, Kerri Maniscalco tente d’apporter sa touche. Elle place son personnage au coeur de l’enquête et en profite pour faire un portrait de la société de l’époque et de la place qu’y occupait les femmes.
Son héroïne se nomme Audrey-Rose. Elle fait partie de la haute société. Sa mère est décédée quelques années auparavant et elle vit avec son père, alcoolique et inconsolable, et son frère. La jeune fille n’a pas encore fait son entrée dans le monde et en profite pour s’adonner à une passion peu commune (et mal vue) pour une femme à cet époque : les sciences médico-légales ! Cette activité n’en est qu’à ses balbutiements à ce moment-là (d’ailleurs l’auteure indique en fin de roman le côté véridique des techniques employées à cette époque et dont elle s’est inspirée. Je ne pensais d’ailleurs pas qu’ils utilisaient déjà certaines méthodes.). La religion et les bonnes moeurs sont loin de tolérer les autopsies. Ainsi les scientifiques pratiquant sont assez discrets. Audrey-Rose apprend en compagnie de son oncle, qui est régulièrement appelé par Scotland Yard. C’est ainsi qu’ils devront étudier le corps de la première victime de celui qu’on nommera plus tard Jack l’éventreur.
Le point de vue adopté par l’auteure est très intéressant car le lecteur n’est pas directement acteur de l’investigation aux côtés des enquêteurs, mais spectateur des éléments que les corps vont raconter. Et puis évidemment, nous avons droit à une jeune héroïne curieuse, observatrice et qui aime avoir des réponses. Alors quand son oncle est arrêté sous prétexte qu’il a les instruments permettant de découper les victimes, elle voit rouge et décide avec l’assistant (jeune, séduisant, charismatique et horripilant) de son oncle, Thomas Cresswell,  de trouver les réponses. A partir de là, les rebondissements seront nombreux et l’imagination de l’auteure nous amènera vers une solution pour le moins ragoûtante et originale. Une revisite finale qui m’a beaucoup plu!
Côté style, le phrasé de Kerri Maniscalco est vraiment très agréable à suivre. Malgré le thème assez morbide, l’ensemble est très vivant et il y a beaucoup d’humour de situation surtout dans les moments de complicité entre Audrey-Rose et de Thomas. Les scènes d’autopsies quant à elle sont très descriptives et du coup assez sanglantes… J’avais l’impression de voir les différents organes décrits mais aussi d’entendre les bruits. 
Le personnage d’Audrey-Rose est bien travaillée car on comprend assez vite que sa position sociale est inconfortable pour elle surtout pour ce qu’elle rêve de réaliser en devenant scientifique. Ce n’est pas un métier pour une femme et on lui fait comprendre qu’il faudrait arrêter les caprices si elle veut trouver un bon partie! Mais elle n’est pas de ce bois là! Elle est une jeune femme qui a su se construire seule, qui a du tempérament et des ambitions. Son entourage devra faire avec!
Je ne savais pas en débutant ce roman qu’il s’agissait d’une première enquête. Je pensais qu’il s’agissait d’un one-shot. Je sais désormais qu’il y aura au moins une autre enquête qui là aussi revisitera un classique. J’ai hâte de découvrir ça!
en bref Entre horreur et thriller, ce roman ado a su me séduire par sa dynamique et son personnage principal.

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