Roman "jeunes adultes"

La Rue qui nous sépare de Célia Samba

La Rue qui nous sépare

Autrice : Célia Samba

394 p.

Hachette, 2021 (Romans)

résumé
Noémia a dix-neuf ans, Tristan vingt et un. Ils se croisent tous les jours, ils se plaisent, c’est évident. Mais Noémia est étudiante et Tristan est sans-abri. Entre eux, il y a le froid, la société ; entre eux, il y a la rue… qui pourrait se révéler difficile à traverser.

cequejenaipensé Très curieuse de découvrir ce roman que j’ai vu passer plusieurs fois sur les blogs ou Instagram.

La rue qui nous sépare : un titre plein de sous entendu, une couverture en jeu de lumière. Une rencontre à la croisée des chemins.

Nous avons Noémia, alias Mia, d’un côté. Dix-neuf ans, en fac de droit. elle vit en colocation avec ses cousins. dès les premières pages, on ressent une Mia solitaire, secrète, sérieuse, soucieuse de ce qu’on peut penser d’elle. On comprend aussi assez vite qu’elle a des cicatrices psychologiques : jeune mais déjà avec de lourdes valises qui ont laissé des séquelles sur sa façon d’être, de penser et d’agir.

De l’autre, nous avons Tristan. Vingt et un ans et sans domicile fixe. Une vie familiale chaotique et dramatique, de mauvaises fréquentations, et il a fini à un coin de rue. On le sent brisé, résigné. D’une profonde tristesse.

Un jour, Mia va le remarquer. Dans un élan inexpliqué, elle a envie de lui offrir une crêpe. Elle hésite. Est-ce que ça se fait ? Va-t-il mal le prendre ? Pourquoi a-t-elle envie de faire ça ? Fait-elle preuve d’inconscience ? Elle s’éloigne et finalement cède à son envie d’offrir cette crêpe. Un geste qui va changer leur vie à tous les deux.

Ne laisse pas leur manque d’humanité te faire perdre la tienne.

Une relation un peu particulière va naître entre eux. Une relation faite de mystère, de silence, de regards. Chaque jour, ils vont se guetter, attendre l’autre. Une lueur d’espoir dans des journées qui se ressemblent, ternes, mécaniques. Quelques secondes, un sourire, un mot.

Et puis, Mia, et pourtant ce n’est pas dans sa nature, va l’inviter dans un café. Ils vont enfin apprendre à se connaître. Échanger leurs prénoms.

Elle garde cette rencontre pour elle, comme un secret honteux. Elle ne sait pas ce qu’en penserait ses cousins. Surtout son cousin très protecteur. Est-ce normal d’aller parler à un SDF? Est-ce normal d’avoir ce genre de sentiment pour lui ? De se sentir en confiance ? De vouloir le connaître ?

Assumerait-elle une amitié avec un SDF ? La réponse qu’elle découvrait la laissait mal à l’aise. Malgré sa grande estime pour Tristan, elle avait honte d’avouer à ses proches qu’il était sans domicile. Que diraient-ils ? Que penseraient-ils ? Mais arrête ! On se moque de leur avis, ce n’est pas parce qu’il vit dehors que tu n’as pas le droit de l’apprécier !

« D’habitude », les gens comme lui on les évite. Ils sont synonymes de danger. Mia reflète ce regard suspicieux et souvent injustifié de notre société.

Tous les deux, bien que très jeunes, ont déjà un passif lourd à porter. Cela peut paraître cliché mais l’autrice, Célia Samba, sait amener leur passé de façon naturelle. Les blessures palpables de ces deux-là touchent. Pourtant, on ne sait pas ce qui leur est arrivé. Mais leur rencontre est unique. On a envie qu’ils se rapprochent, s’apprivoisent.

L’autrice propose deux fins à son roman : une peut-être plus réaliste que l’autre, une peut-être plus douce pour eux que l’autre… J’ai aimé passer ce temps avec eux, apprendre à les connaître, les voir évoluer, échanger, s’apprivoiser, affronter leurs maux, aller de l’avant ensemble…

C’était un de ces matins où Tristan ne voulait pas ouvrir les yeux. L’air glacial empestait la pisse et le tabac froid, mais, caché dans le noir de ses paupières closes, il pouvait s’imaginer ailleurs que dans le squat miteux où il avait passé la nuit. L’obscurité lui faisait miroiter les délices d’une autre vie…

Ce roman est une façon pour l’autrice d’amener à réfléchir sur nos préjugés envers les personnes sans abri que nous croisons. Un regard, un sourire, un geste peut changer leur journée.
« Un sourire coûte moins cher que l’électricité, mais donne autant de lumière » : cette phrase de l’Abbé Pierre a changé la vision de l’autrice et elle l’a adopté au quotidien. Et si on faisait pareil ?
Pourquoi avoir peur d’eux alors qu’on ne sait rien d’eux ? de leur parcours de vie ?

 

3 réflexions sur “La Rue qui nous sépare de Célia Samba

    • Je ne connaissais pas ce roman. en effet, il y a des ressemblances pour la couverture. Par contre à la lecture du résumé je ne vois pas les ressemblances. Mais je serais curieuse de le lire à l’occasion pour voir !

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