Notre part de nuit
titre original : Nuestra parte de noche
Autrice : Mariana Enriquez
trad. par Anne Plantagenet
Lu par Feodor Atkine, Clara Brajtman et Françoise Cadol
27h43
Audiolib, 2023
Éditions du Sous-Sol, 2021
ROMAN EN SÉLECTION POUR LE PRIX AUDIOLIB 2023

Un père et son fils traversent l’Argentine par la route, comme en fuite. Où vont-ils ? A qui cherchent-ils à échapper ? Le petit garçon s’appelle Gaspar. Sa mère a disparu dans des circonstances étranges. Comme son père, Gaspar a hérité d’un terrible don : il est destiné à devenir médium pour le compte d’une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle.
C’était le monstre de la sélection du Prix Audiolib 2023 : quasiment 28 heures d’écoute ! Je l’ai écouté en dernier pas parce qu’il me faisait peur par sa durée mais il m’intimidait par son aura mystérieuse.
Trois lecteurs pour une lecture intense et immersive. Et c’est Feodor Atkine qui ouvre cette écoute par sa voix puissante, grave et imposante.
On entre assez vite dans l’ambiance glauque et sombre de ce roman. On va faire la connaissance d’un père et de son fils (Juan et Gaspar) vivant en Argentine tentant de fuir une tradition ancestrale… Juan est le medium d’une société secrète ancestrale qui glorifie l’Obscurité. Juan a été jusque là le medium le plus puissant de l’organisation mais il sait aussi ce que cache la suite de l’histoire pour son fils. Une vie de douleur, de mort et de noirceur. Et tout comme la mère disparue de l’enfant, il ne veut pas qu’il subisse la même chose que lui. Mais fuir et et duper l’organisation ne sera pas une chose simple. Il faudra faire appel à une magie puissante et aux mensonges.
Ce roman est un ingénieux et intense mélange entre le roman historique (récent), le roman d’enquête, le fantastique et le roman d’horreur. Mariana Enriquez est une parfaite cheffe d’orchestre qui a su jongler avec ingéniosité entre les genres sans dénaturer son intrigue. Entre ses pages (si je puis dit vu que je l’ai écouté), il y a vraiment une ambiance pesante particulière. Malsaine, sombre, inquiétante mais suffisamment intrigante pour nous donner l’envie de savoir si Gaspar pourra échapper à son destin.
Le récit est découpé en plusieurs temps. La première partie, sans doute la plus longue, se passe dans les années 80. On fait connaissance de Juan et de Gaspar. On nous décrit les événements, la fuite, l’espoir d’une autre vie mais aussi les dangers et ce qui se joue dans ce monde spirituel et magique. Cette partie est mis en voix par Feodor Atkine.
Puis on remontera le temps, et on changera de narrateur avec la mise en avant du personnage de Rosario, la mère de Gaspar. On en apprendra plus sur sa rencontre avec Juan quand ils étaient enfants et surtout comment on grandit quand ses parents sont les maîtres de cette organisme. Cette partie est lue par Clara Brajtman
Puis sur quelques pages, lues par Françoise Cadol, ce sera autour d’une journaliste, dans les années 90, qui va remonter l’histoire d’un lieu où de macabres découvertes on eu lieu. On a ainsi un aperçu de ce qui a pu se passer…
Et enfin, nous nous retrouverons un Gaspard adulte qui ne sait plus rien ou presque de son passé mais qui est en attente de réponses…
L’histoire peut parfois sembler confuse, déroutant mais je pense que c’est un effet voulu par l’autrice pour ajouter à l’ambiance et surtout au glauque de son histoire, nous dévoilant peu à peu la noirceur de ce qui se trame.

Une lecture (écoute!) intense, immersive, inquiétante, sombre mais captivante !
