
Les Jours mauves
Autrice : Kalindi Ramphul
lu par l’autrice
265 p.
JC Lattès, 2024
5h01
Audiolib, 2025
Avant de mourir, le père d’Indira lui a confié sa dernière volonté : que ses cendres soient répandues sur Mars… Une vocation secrète d’astronaute ? Pas du tout, juste le nom de son PMU favori au sommet des Pyrénées ! Indira prend alors une décision qu’elle regrette aussitôt : organiser un road trip en autocar avec les amis de son père. Direction Superbagnères, Haute-Garonne.De pannes en esclandres, avec force champagne en thermos, le voyage prend des allures d’odyssée tandis qu’Indira apprend à connaître ses compagnons de galère. Et à travers eux, ce père qu’elle avait renoncé à aimer…
Humour ravageur, poésie folle, sensibilité à fleur de peau, un premier roman solaire.
Il y a des livres qui vous attrapent direct, d’autres qui vous secouent un peu, et puis il y a Les Jours mauves de Kalindi Ramphul. Celui-là, il fait un peu des deux, et croyez-moi, il reste en tête bien après la dernière écoute. Je l’ai découvert en audio, lu par l’autrice elle-même, et elle nous plonge dans un road trip vraiment pas comme les autres, mélange d’humour bien piquant et d’émotions à fleur de peau.L’histoire, c’est celle d’Indira, notre héroïne, à qui son père laisse une drôle de dernière volonté : ses cendres doivent être dispersées sur « Mars ». On se dit, « waouh, un astronaute secret ! ». Mais non, pas du tout ! « Mars », c’est juste le nom de son PMU préféré, là-haut dans les Pyrénées. Indira, elle, regrette déjà sa décision, mais se lance quand même : organiser un voyage en car avec la famille et les amis de son père. Et là, c’est parti pour une aventure pas possible, pleine de pannes, de cris et de surprises. Au fil du voyage, chacun des passagers va nous dévoiler des facettes insoupçonnées du défunt.
Ce qui m’a frappée tout de suite dans Les Jours mauves, c’est la bande de personnages hauts en couleur qui montent dans ce bus. Chacun a son rôle à jouer dans ce drôle de pèlerinage, et leurs clashs, souvent explosifs, donnent le ton et le rythme à l’histoire. À travers leurs confidences et leurs souvenirs, Indira va découvrir ce père qu’elle pensait connaître par cœur. Un homme discret, parfois un peu rigide, dont les secrets éclatent au grand jour. Et c’est ça la vraie force du roman : voir comment la mort peut bizarrement raviver et changer notre regard sur ceux qu’on aime. On se rend compte, avec elle, qu’on apprend parfois plus sur les morts que sur les vivants, et ça, c’est un constat qui reste un peu au fond du cœur.
Kalindi Ramphul jongle avec un humour dévastateur et une poésie un peu folle, trouvant le juste équilibre entre les situations légères et les sujets plus profonds comme le deuil, la famille, et la découverte de soi. L’histoire, bien rythmée, ne s’essouffle jamais, nous entraînant de rebondissement en rebondissement. Dans la version audio, c’est l’autrice elle-même qui lit son roman… et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle vit et s’amuse en nous transmettant son roman sous ce format ! On se laisse embarquer sans problème dans cette aventure inattendue. Ce roman est une belle exploration des relations humaines, de la façon dont les secrets finissent par s’envoler et les vérités éclater. On quitte cette petite bande avec un mélange d’émotions…
Les Jours mauves est un premier roman solaire qui ne vous laissera pas indifférent. Même si tout n’est pas parfait, c’est une écoute qui marque par son originalité, son humour et sa grande humanité.