Editions Belfond, 2025
Grande-Bretagne, de nos jours.Le laboratoire de recherche de Westerley n’est pas fait pour les âmes sensibles. Dans ce terrain aussi vaste qu’isolé séjournent une dizaine de cadavres légués à la science, que des biologistes analysent à différents stades de décomposition. Un lieu secret et hautement sécurisé où nul ne peut pénétrer.
Mais un matin, le corps mutilé d’une jeune inconnue est découvert sur place. Qui est-elle ? Qui pour commettre un meurtre ici ?
Quelques jours plus tard, un deuxième corps est découvert. Même profil, même mode opératoire. Westerley serait-il devenu le terrain de jeu d’un tueur en série ? Combien de victimes à venir ? Qui sera la prochaine ?
Pour la commissaire Kim Stone et son équipe, c’est le début d’une terrifiante enquête en terre de cauchemar.
Je dois l’avouer : en lisant les premières pages de Faire le mort, j’ai levé un sourcil sceptique. Une ferme de corps, des cadavres voués à la science, et soudain… un intrus parmi les morts ? J’avais peur d’un schéma trop prévisible, d’un énième thriller où l’on devine trop vite ce qui se trame.Eh bien, mes craintes se sont dissoutes par la suite… heureusement ! Angela Marsons m’a prise à revers, puis happée, puis complètement retenue captive jusqu’à la dernière page.
Westerley, ce laboratoire médico-légal à ciel ouvert, est un décor fascinant (et dérangeant pour certains!). On y étudie la décomposition des corps pour faire avancer la science. Alors, quand une jeune femme non répertoriée apparaît, fraîchement assassinée, la tension grimpe d’un cran. Puis vient une deuxième victime. Même profil, même violence, même signature.
Dès lors, la ferme aux morts prend des allures de scène de chasse, et la chasse, Kim Stone et son équipe sont bien décidés à la mener avant qu’un autre corps ne vienne grossir les rangs…
Retrouver Kim Stone a été un vraie plaisir (je n’avais jusqu’ici seulement lu Le Pensionnat des innocentes). Avec Bryant, son partenaire, ils forment un duo qui fonctionne à la perfection : solide, complémentaire, rassurant même au cœur de l’horreur.
Ce qui m’a le plus touchée, c’est la manière dont Angela Marsons fissure légèrement l’armure de Kim. L’enquête réveille des souvenirs, des douleurs enfouies, et cette faille rend le personnage plus humain, plus complexe… et encore plus attachant.
Angela Marsons a une plume directe, fluide et addictive. Ses chapitres courts et nerveux s’enchaînent comme autant de battements de cœur affolés.
Si le décor scientifique pourrait sembler trop technique, il n’en est rien : l’autrice équilibre parfaitement le froid de la médecine légale et la chaleur des émotions humaines. Entre un cold case déroutant, des secrets enfouis et des traumatismes qui ressurgissent, l’intrigue prend une ampleur insoupçonnée.
Certaines scènes sont poignantes, d’autres glaçantes. Toutes participent à ce malaise délicieux qui nous pousse à tourner les pages plus vite encore, dans ce mélange de fascination et de frisson que l’autrice maîtrise à la perfection.
Faire le mort explore ce que la science peut accepter… et ce que l’humain, lui, ne peut pardonner. Un roman noir, intense, profondément humain, qui questionne autant qu’il terrifie.
