Roman historique

Anne Bonny de Jean-Marie Quéméner

Anne Bonny

Auteur : Jean-Marie Quéméner

240 p.
Récamier, 2025 

résumé L’incroyable destin d’Anne Bonny, femme pirate d’exception.
Farouche, rebelle… Sauvage et insatiable. Les gueux des mers vont apprendre que le meilleur des  » hommes de fortune  » est… une femme qui se travestit pour se battre.

Au début du XVIIIe siècle, Anne Bonny navigue en Atlantique, frondeuse, entre ses envies, ses amours, ses emportements, ses coups de coeur et ses coups de sabre.
Elle ne veut que  » se battre pour exister « , ne demande rien, n’exige que la loyauté et vit pour que  » le feu coule dans ses veines « .
Celui qu’elle attise quand elle part à l’abordage. Tous les rêves, les cauchemars, les anges et les démons de la flibusterie s’agitent en elle.
Son pavillon noir, brodé par ses amitiés profondes, son passé de jeune fille bâtarde en Irlande puis de bonne famille à Savannah, sera hissé haut sur La République des Pirates des Barbe Noire, Rackham et autres Charles Vane. Ils s’inclineront devant elle. Sa légende court encore sur les océans qui ont adoubé à jamais son âme pirate.

 
cequejenaipensé Prendre le large avec Anne Bonny, c’est accepter de quitter le confort du rivage pour sentir le vent fouetter le visage et le sel brûler la peau. Avec ce roman, Jean-Marie Quéméner nous embarque dans le sillage d’une figure légendaire de la piraterie !

Née en Irlande à la toute fin du XVIIᵉ siècle, fille illégitime d’un avocat et de la domestique de la maison, Anne grandit dans le fracas des scandales et des ruptures. L’exil vers le Nouveau Monde, la plantation, les convenances d’une société qui prétend savoir ce qu’une femme doit être… Rien ne parvient à éteindre en elle ce feu brut : celui de l’aventure, de l’insoumission, de la mer. Se travestir pour naviguer, fréquenter les pirates, devenir l’une des leurs, croiser la route de figures mythiques… Son destin dépasse la fiction, et pourtant le roman lui donne chair avec une intensité saisissante.

 Dès les premières pages, j’ai été happée. La plume est ample, élégante, visuelle. Les embruns éclaboussent presque les phrases. Le travail de documentation est manifeste, mais jamais pesant : le vocabulaire maritime, précis et riche, nourrit l’immersion sans alourdir la lecture. 

Ce qui m’a profondément touchée, c’est le regard porté sur Anne. Le roman aurait pu se contenter de relater ses faits d’armes, ses combats, ses transgressions. Au lieu de cela, il explore ses motivations, ses dilemmes, son humanité. Anne tue, Anne se bat, Anne défie les hommes sur leur propre terrain — mais elle reste fidèle à ses valeurs. L’amitié, l’amour, la parole donnée ne sont jamais de simples ornements narratifs : ils constituent sa boussole.

« Vivre comme on le veut, mourir comme on le doit. » Cette conviction résonne comme un cri lancé au monde. Une devise farouche, presque brûlante, qui résume son indépendance absolue.

J’ai aimé cette femme qui refuse le destin qu’on lui assigne. À une époque où le mariage représente l’unique horizon féminin, elle choisit l’incertitude des flots. Elle renonce au confort pour gagner la liberté. Elle préfère le tumulte à l’ennui doré. Intrépide, fougueuse, mais aussi sensible et loyale, elle ne renie jamais qui elle est. Derrière le sabre, un cœur bat — puissant, indomptable.

Ce premier tome pose les fondations de son parcours et nous conduit jusqu’à ses premières grandes aventures. On la voit se construire, se transformer, se révéler. Le rythme est vif, l’énergie contagieuse. Impossible de rester simple spectatrice : j’ai eu l’impression de grimper à bord, de hisser les voiles avec elle, de partager ses colères et ses élans.

 

 
en bref Plus qu’un roman d’aventure, c’est le portrait d’une femme libre. Une femme qui s’arrache aux chaînes invisibles de son siècle pour tracer sa propre route. Et rien que pour cela, la traversée mérite d’être vécue. Cap sur la suite. Je suis prête à reprendre la mer.

 

Une réflexion sur “Anne Bonny de Jean-Marie Quéméner

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