Roman policier / Thriller

La Mort en miroir de Pétronille Rostagnat

La Mort en miroir

Autrice : Pétronille Rostagnat
Lu par Estelle Dehon

8h16
Audiolib, 2026
Editions Belladone, 2026

résumé Lucie est persuadée d’avoir coché toutes les cases d’une vie réussie. Mère au foyer, femme d’un médecin légiste renommé, propriétaire d’une maison confortable près de Paris, elle enchaîne dîners mondains et vacances à l’étranger. Mais le jour où son mari, Bertrand, perd la mémoire à la suite d’un accident de voiture, tout bascule. Si la thèse d’une tentative de suicide est privilégiée, Lucie n’en croit rien et décide de mener elle-même l’enquête. Jusqu’au moment où la découverte d’un cadavre vient remettre en question toutes ses certitudes. Car ce cadavre ressemble trait pour trait à Bertrand. Qui est cet homme ? Que s’est-il passé le soir de l’accident ?

cequejenaipensé Découvrir La Mort en miroir en version audio a clairement ajouté une dimension particulière à cette première rencontre avec l’univers de Pétronille Rostagnat. Porté par la voix de Estelle Dehon, le roman prend une teinte plus intime, presque troublante, comme si chaque doute, chaque fissure dans le réel venait se glisser directement à l’oreille.

Lucie, en apparence, a tout pour être heureuse : une vie confortable, un mari reconnu, une routine bien huilée. Puis – mais! – survient l’accident, et avec lui l’amnésie de Bertrand. À partir de là, le vernis craque. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est cette sensation de basculement progressif : rien n’explose vraiment, mais tout se dérègle. Et l’arrivée de ce corps mystérieux à l’institut médico-légal agit comme une onde de choc silencieuse. Impossible de ne pas se laisser happer par cette question lancinante : à qui — ou à quoi — peut-on encore se fier ?

L’audio renforce justement cette incertitude. Estelle Dehon ne surjoue jamais ; elle installe au contraire une tension feutrée, une noirceur contenue qui colle parfaitement au récit. Son interprétation donne de l’épaisseur aux silences, aux hésitations, aux non-dits. Par moments, j’avais presque l’impression d’être enfermée dans la tête des personnages, prise dans leurs doutes, incapable de démêler le vrai du faux.

Du côté de l’intrigue, le roman repose sur des mécanismes efficaces : perte de mémoire, identité trouble, secrets… Des ingrédients connus du thriller psychologique, et, ici, bien exploités. Ce qui m’a plu, c’est moins la résolution que le chemin pour y parvenir. Le récit installe un doute constant, une sorte de flou qui s’insinue partout. On observe, on soupçonne, on recompose sans cesse les pièces du puzzle.

Pourtant, tout n’est pas totalement surprenant. À mesure que l’histoire avance, certaines pistes deviennent assez lisibles, et j’aurais peut-être aimé être davantage déstabilisée, voire complètement perdue. Cette impression de “deviner” un peu trop tôt certains éléments atténue légèrement l’impact final. Mais paradoxalement, ça ne m’a pas empêchée de rester accrochée — preuve que la narration fonctionne.

Ce qui reste après l’écoute, ce n’est pas seulement l’intrigue, mais cette sensation persistante de trouble. Comme un miroir légèrement déformant dans lequel on continue de chercher une vérité qui ne se laisse jamais totalement saisir.

 

en bref Au final, une première rencontre réussie avec l’autrice : un thriller immersif, porté par une narration audio vraiment prenante, qui joue davantage sur le malaise et le doute que sur les grands retournements. Et ça, mine de rien, ça fonctionne plutôt bien.

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