S’il existait un dessert capable de résumer 28 jours ou l’éternité, d’Anouk Filippini, ce serait sans hésiter un tiramisu. Une douceur italienne qui cache, sous ses couches gourmandes, une profondeur insoupçonnée.
Les ingrédients
- 28 lettres à laisser infuser lentement.
- Une grande tasse d’espresso dégustée dans les ruelles de Rome.
- Une généreuse portion de soleil italien.
- Une boule de glace Stracciatella (indispensable !).
- Un nuage de mocha mousse, cette couleur qui réchauffe le cœur de June.
- Une Vespa conduite par un Italien beaucoup trop charmeur.
- Une logeuse au sourire contagieux.
- Une adolescente qui cherche son chat.
- Une poignée de monuments romains.
- Une belle dose de famille choisie.
- Quelques mots en italien.
- Une pincée de poésie.
- Et une immense envie de croire que la vie réserve encore des surprises.
La préparation
Commencez par faire couler un espresso bien serré au cœur de Rome. Plus il sera parfumé, plus vous aurez envie de réserver un billet pour la Ville éternelle avant même d’avoir terminé votre lecture. Laissez infuser quelques places baignées de soleil, des ruelles pleines de charme et cette hospitalité italienne qui donne l’impression d’être accueilli comme un vieil ami.
Pendant ce temps, préparez votre crème. Mélangez June, ses blessures, ses souvenirs et ces 28 lettres qu’elle écrit avant un départ qu’elle croit inévitable. Incorporez délicatement une touche de synesthésie : chez elle, les mots prennent des couleurs, et le mocha mousse devient celui qui réchauffe son cœur. Un détail poétique que j’ai trouvé particulièrement joli.
Ajoutez ensuite les véritables pépites de la recette : Angelo, Chiara, Maria Rosa, Pénélope… et bien sûr Stracciatella, le chat qu’on aimerait retrouver autant que les personnages aimeraient le faire. Ce sont eux qui donnent toute sa gourmandise au roman. Ils arrivent chacun avec leurs blessures, leur humour, leur tendresse, et finissent par former une famille de cœur incroyablement attachante.
Déposez quelques couches de poésie entre les biscuits. Laissez les lettres raconter peu à peu les fêlures de June pendant que Rome fait doucement son œuvre. Ici, ce ne sont pas seulement les paysages qui réparent : ce sont les rencontres, les petits gestes, les sourires et les hasards qui changent parfois toute une existence.
Saupoudrez enfin de quelques phrases en italien. Ecco, siete in Italia!
Avant de servir, goûtez la crème. Malgré un passé qu’on devine bouleversant, je mis du temps à appréhender June et son comportement, à la décoder. Comme si un voile restait constamment entre elle et moi. En revanche, impossible de résister à tous ceux qui gravitent autour d’elle. Ce sont eux qui donnent au roman sa chaleur et son irrésistible parfum d’humanité.
Laissez reposer quelques instants…
Puis dégustez lentement.
Vous découvrirez un roman qui parle de dépression, de deuil et de pensées sombres, mais qui choisit avant tout de célébrer la lumière. Celle que l’on trouve parfois dans un café partagé, un trajet en Vespa, un chat nommé Stracciatella… ou simplement dans une rencontre inattendue.
Verdict du chef : Servez ce tiramisu sans attendre. Il a le goût de Rome, le parfum des rencontres qui réparent et cette douceur qui rappelle qu’en vingt-huit jours, une vie peut parfois reprendre toute sa saveur.


