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La Salamandre, n°294 : Tique, ennemie publique

Il faut bien l’avouer : rarement une couverture m’aura donné autant envie… de détourner les yeux (celle des grenouilles peut-être ;P ) ! Cette tique géante suffit à déclencher quelques frissons. Derrière cette couverture volontairement dérangeante se cache probablement l’une des plus belles réussites de La Salamandre.

Avec cette nouvelle formule, Julien Perrot et son équipe insufflent un vent de fraîcheur à une revue qui faisait déjà figure de référence. Les rubriques ont été repensées sans perdre ce qui fait toute l’identité du magazine : une vulgarisation scientifique exigeante, des textes accessibles, une iconographie exceptionnelle et cette capacité à raconter la nature dans toute sa complexité.

Le dossier central est consacré à un sujet que l’on préférerait souvent éviter : la tique. Pourtant, difficile de le refermer tant il est passionnants. De son cycle de vie à son rôle dans les écosystèmes, en passant par la maladie de Lyme, les auteurs démêlent avec rigueur les idées reçues autour de cet acarien devenu un véritable enjeu de santé publique. Les schémas sont limpides, les explications très pédagogiques et le sujet, malgré son aspect peu ragoûtant, captive – bizarrement – rapidement. 

Mais réduire ce numéro à son dossier serait lui faire injustice.

J’ai particulièrement apprécié la nouvelle enquête en bande dessinée consacrée à la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées. En quelques pages, elle parvient à présenter les enjeux écologiques, humains et politiques du sujet sans tomber dans la caricature. Chacun y trouve sa place, chaque point de vue est entendu, et cette approche nuancée fait toute la force de La Salamandre.

Autre coup de cœur : les superbes pages illustrées par le peintre naturaliste Jean Chevallier, consacrées au discret muscardin. Entre art et observation scientifique, elles rappellent combien la nature peut être racontée autrement que par la photographie.

Le reste du magazine est à l’image de l’ensemble : chroniques variées, entretien inspirant, actualité du vivant, créations végétales… On passe d’un sujet à l’autre avec la même curiosité, porté par une mise en page plus moderne, plus aérée, qui rend la lecture particulièrement agréable.

La Salamandre change de visage, mais conserve son âme : cette envie de transmettre, d’expliquer sans simplifier à l’excès et de nous apprendre à regarder le vivant avec davantage de compréhension que de jugement. Même lorsqu’il s’agit… d’une tique.

Une refonte réussie qui confirme, une fois encore, que cette revue est l’une des plus belles portes d’entrée vers la nature.

Si vous êtes abonnés, vous aurez la chance de trouver un miniguide à l’intérieur de votre magazine. Cette fois, le miniguide qui se glisse dans la poche est, logiquement, sur les « Petites bêtes qui mordent, piquent ou irritent ».

Le prochain numéro s’attardera sur le langage du cachalot! J’ai hâte ! Et si vous aussi vous ne voulez pas râter le prochain numéro c’est le moment de s’abonner !! 

Et pour vous abonner, rien de plus simple !
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