Roman "jeunes adultes"/SF / Fantastique

Naufrageuse de Maïwenn Alix

Naufrageuse

Autrice : Maïwenn Alix

607 p.
Larousse, 2026 (Comet)

 

Bretagne, début du XIXe siècle. Dans un village ravagé par les guerres napoléoniennes, Jeanne Tanguy, jeune paysanne au tempérament indomptable, lutte pour survivre et protéger sa petite sœur Marie de la brutalité de leur mère.
Une nuit de tempête, elle se joint aux naufrageuses, les villageoises qui attirent volontairement des navires anglais sur les récifs pour les piller. Dans ce pillage, elle tue un officier anglais et comprend avec effroi qu’elle détient son âme, qui désormais la hante et l’observe, témoin et miroir de sa propre violence et de son intimité.
Au petit matin, Jeanne est enlevée et emmenée à Mori Dun, une citadelle cachée où la magie façonne le pouvoir. Elle découvre qu’une guerre fratricide oppose mages anglais et français et apprend sa véritable nature : elle est une puissante Absorbeuse, qui capture les pouvoirs et les âmes de ses ennemis.
Tiraillée entre la peur pour sa sœur restée au village, la présence obsédante de James et le puissant conflit qui menace, Jeanne doit apprendre à maîtriser son pouvoir, à reconnaître le Bien du Mal et la vérité sur ses sentiments…

 

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Dès les premières pages, le vent s’est levé. Celui qui fouette les falaises bretonnes, fait gronder les vagues contre les récifs et charrie les légendes oubliées. Impossible de résister à l’appel de Naufrageuse.

Maïwenn Alix m’avait déjà convaincue avec sa série In Real Life. Cette fois, elle m’a complètement embarquée dans une Bretagne du début du XIXᵉ siècle, meurtrie par les guerres napoléoniennes, où les naufrageuses côtoient les intersignes, les spectres et une magie ancienne tapie dans l’ombre des conflits humains.

Jeanne est une héroïne que l’on n’oublie pas. Forte, farouche, profondément humaine, elle avance malgré les blessures, la violence et les deuils qui jalonnent son existence. Aucun personnage n’entre vraiment dans la case du héros ou du méchant. Chacun agit selon ses convictions, ses peurs ou ses cicatrices, rendant les relations aussi complexes que passionnantes. Le concept des Absorbeurs m’a fascinée. Cette idée que Jeanne doive cohabiter avec l’âme de James, l’officier anglais qu’elle a tué, apporte une dimension aussi originale qu’intime au récit. Leur relation évolue avec beaucoup de finesse, oscillant entre méfiance, incompréhension et émotions plus inattendues. La romance trouve naturellement sa place sans jamais éclipser l’intrigue ni l’univers.

L’un des plus grands atouts du roman reste son ambiance. Chaque page respire la Bretagne : le fracas des vagues, les tempêtes, les falaises, les croyances populaires, les légendes et la mythologie bretonne s’entrelacent avec une fantasy remarquablement construite. Merlin, les lavandières, les intersignes, les vieilles divinités… tout s’imbrique avec une évidence qui rend cet univers incroyablement crédible.

Au fil des chapitres, les révélations enrichissent un monde où la magie influence discrètement le cours de l’Histoire. J’ai adoré découvrir les différentes facettes de cet univers, les rivalités entre mages français et anglais, les jeux de pouvoir et toutes les nuances qui entourent cette guerre où personne ne détient totalement la vérité.

Impossible, enfin, de ne pas saluer l’écriture de Maïwenn Alix. Fluide, immersive et évocatrice, elle donne vie aux paysages autant qu’aux émotions. Plus d’une scène m’a serré le cœur et le dénouement m’a laissée avec une seule envie : retourner au plus vite dans cet univers.

Un immense coup de cœur pour cette fantasy historique portée par une héroïne inoubliable, une mythologie bretonne fascinante et une atmosphère qui m’a habitée bien après avoir refermé le livre. Après avoir adoré In Real Life, ce roman confirme tout le talent de Maïwenn Alix. Noblesse oblige attend déjà dans ma pile à lire… autant dire que j’ai très hâte de poursuivre ma découverte de son œuvre.

 

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