Celle qui sait
Titre original : The Only One Left
Auteur : Riley Sager
Traduit par Dominique Haas
524 p.
Le massacre de la famille Hope, lors d’une nuit sanglante de 1929, a bouleversé les habitants du Maine. Si la plupart des gens sont persuadés que Lenora, dix-sept ans, en est responsable, la police n’a jamais pu le prouver. Après avoir nié à l’époque toute implication, l’intéressée n’a plus quitté Hope’s End, le manoir dressé en bord de falaise où le drame s’est produit.Nous sommes en 1983 lorsque Kit McDeere, aide-soignante à domicile, se présente pour s’occuper de Lenora après la fuite inexpliquée de sa précédente infirmière. Âgée de plus de soixante-dix ans et en fauteuil roulant, Lenora a été rendue muette par une série d’AVC. Elle ne peut communiquer avec Kit que grâce à une vieille machine à écrire.
Jusqu’au soir où, de son seul doigt valide, elle commence à taper : je veux tout vous raconter
Attention, gros coup de cœur ! Voilà un thriller qui m’a complètement embarquée et que j’ai dévoré en deux jours. Enfin… si j’avais pu faire autrement que travailler et dormir, je pense que je l’aurais englouti encore plus vite !
Riley Sager nous entraîne dans le Maine, en 1983, mais pour comprendre ce qui se joue dans cette histoire, il faut remonter plus de cinquante ans en arrière. En 1929, la famille Hope a été massacrée dans son immense demeure, Hope’s End, une maison isolée au bord d’une falaise. Lenora, dix-sept ans à l’époque, est la seule survivante. Très vite, tout le monde la soupçonne d’avoir tué ses parents et sa sœur. Pourtant, faute de preuves, elle n’a jamais été condamnée.
Depuis le drame, Lenora n’a plus quitté le manoir. Lorsqu’en 1983, Kit McDeere, aide-soignante à domicile, arrive pour s’occuper d’elle, elle découvre une vieille femme paralysée et privée de parole à la suite de plusieurs AVC. Impossible pour Lenora de raconter son histoire… jusqu’au soir où elle utilise une vieille machine à écrire et tape quelques mots :
« Je veux tout vous dire. »
Et là, forcément, impossible de faire marche arrière.
Parce que cette histoire est construite comme un immense jeu de piste. Qui a réellement tué la famille Hope ? Que s’est-il passé ce fameux soir ? Pourquoi Lenora a-t-elle gardé le silence pendant toutes ces années ? Et surtout, pourquoi l’infirmière que Kit remplace a-t-elle mystérieusement disparu ?
Très vite, les certitudes s’effritent. Les personnages ont tous leurs secrets, les apparences sont trompeuses et chaque révélation donne envie de revenir sur ce que l’on vient de lire pour essayer de comprendre ce qui nous a échappé. J’ai adoré cette sensation de ne jamais savoir à qui faire confiance. Je me suis amusée à échafauder mes propres théories, à chercher le coupable, à essayer d’anticiper les révélations… et Riley Sager s’est fait un plaisir de me prendre à contre-pied. Plusieurs fois.
Et alors les twists… mais quelle folie !
Je lis beaucoup de thrillers et, forcément, à force, il devient parfois plus difficile d’être véritablement surprise. On finit par reconnaître certains mécanismes, par voir arriver certaines révélations. Ici, j’ai été baladée de bout en bout. Chaque fois que je pensais avoir compris où l’auteur voulait m’emmener, il changeait de direction.
Et le pire, ou plutôt le meilleur, c’est que je voulais absolument savoir ce qui allait se passer. Résultat : je n’arrivais tout simplement plus à poser le livre.
L’atmosphère participe énormément au plaisir de lecture. Hope’s End est presque un personnage à part entière : un vieux manoir isolé, délabré, marqué par le drame, avec ses murs fissurés, ses sols qui penchent, ses traces du passé… Une demeure qui semble conserver les secrets de la famille Hope entre ses murs. Plus l’histoire avance, plus cette maison devient oppressante et menaçante.
J’ai également beaucoup aimé le personnage de Kit, qui arrive elle-même avec ses propres zones d’ombre. Sa présence dans cette maison n’est pas aussi anodine qu’elle pourrait le laisser croire et, très vite, une deuxième intrigue vient se mêler au mystère de 1929.
Qui a tué la famille Hope ? Et qui cherche encore, en 1983, à empêcher que la vérité éclate ? Je ne vous en dirai évidemment pas davantage. Ce serait criminel de vous gâcher le plaisir !
Parce que Celle qui sait est typiquement le genre de thriller qu’il vaut mieux découvrir en sachant le moins de choses possible. Riley Sager distille ses informations avec une redoutable efficacité, entretient constamment le doute et nous pousse à tourner les pages encore et encore.
Quant au dénouement… je ne l’avais absolument pas vu venir. Enfin si, mais… non argh!!! je ne peu rien dire!!!
J’ai refermé ce roman avec cette délicieuse sensation que j’attends précisément d’un thriller : celle d’avoir été manipulée, surprise et complètement embarquée dans l’histoire. Vous l’aurez compris : méga coup de cœur pour Celle qui sait.
Bref, si vous cherchez une lecture qui vous fera dire « allez, encore un chapitre »… avant de réaliser qu’il est beaucoup trop tard pour être raisonnable : foncez.
Mais prévoyez peut-être deux jours de congé. 😏
Un thriller psychologique terriblement addictif, une atmosphère gothique comme je les aime, des secrets de famille, un huis clos inquiétant et surtout des rebondissements à la pelle.

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