Patrocle, jeune prince maladroit, part en exil à la cour du roi Pélé. Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu’il entreprend. Malgré leurs différences, les deux jeunes hommes deviennent inséparables. Le destin les mène à la guerre de Troie. La violence des Dieux et des hommes fera de leur histoire un drame.
Après avoir découvert et adoré Circé il y a un an, j’avais très envie de poursuivre ma découverte de Madeline Miller avec Le Chant d’Achille. Et même si, au final, j’ai une petite préférence pour Circé, j’ai beaucoup aimé cette plongée dans la mythologie grecque aux côtés d’Achille et de Patrocle.
Pour la petite histoire : je coanime un club lecture dans une petite librairie à côté de chez moi. Lors de la dernière rencontre, chacun d’entre nous devait confier un roman qu’il avait aimer à un de nous, avec la couverture et tout élément pouvant permettre de découvrir le titre et/ou l’auteur devait être caché. Quand j’ai eu mon exemplaire mystère en main, j’ai lu les premières lignes et je me suis dit : je connais! Puis il y a quelques jours j’ai lu les deux premières pages et là j’ai trouvé ce que j’avais entre les mains (j’ai eu confirmation pour la participante quand on s’est croisé!) ! Je ne sais toujours pas comment j’ai fait pour reconnaitre avec seulement quelques lignes le titre du roman! A croire que je voulais vraiment le lire!!
Ce qui m’a particulièrement plu, c’est le choix de raconter cette histoire à travers les yeux de Patrocle. Je connaissais finalement beaucoup moins son histoire que celle de Circé, et j’ai aimé découvrir ce personnage souvent relégué dans l’ombre du célèbre héros grec.
Patrocle est un jeune prince maladroit, peu doué pour le combat et surtout peu aimé de son père. Après avoir tué accidentellement un autre garçon, il est exilé et envoyé à la cour du roi Pélée. C’est là qu’il rencontre Achille. Tout les oppose. Achille est beau, brillant, doué pour tout ce qu’il entreprend et promis à un destin exceptionnel. Patrocle, lui, doute de lui-même et se réfugie dans le silence. Et pourtant, contre toute attente, Achille va le choisir. Une amitié profonde va naître entre eux, puis se transformer en un amour aussi intense qu’évident. J’ai beaucoup aimé cette manière de faire tomber le héros de son piédestal. À travers le regard de Patrocle, Achille n’est plus seulement le demi-dieu, le guerrier invincible et le héros promis à la gloire. Il devient un jeune homme qui joue avec des figues, plaisante, aime et se laisse aimer. Patrocle lui apporte une humanité que les autres ne voient pas.
Et leur relation est loin d’être à sens unique. J’ai aimé découvrir cet Achille éperdument amoureux, prêt à tout pour Patrocle. Leur amour est tendre, passionné, mais aussi profondément lié au destin qui pèse sur eux. Car on le sait : Achille est promis à une destinée exceptionnelle… et tragique. Plus l’histoire avance vers la guerre de Troie, plus cette fatalité devient difficile à ignorer. J’ai particulièrement aimé sentir cette menace planer sur eux et voir Patrocle tenter, à sa manière, de protéger celui qu’il aime.
La guerre de Troie occupe évidemment une grande place dans le roman, mais c’est finalement l’histoire de ces deux garçons qui m’a le plus touchée. Madeline Miller réussit à rendre cette mythologie très accessible, avec une écriture fluide qui m’a permis de me laisser porter par le récit sans avoir besoin de connaître chaque détail de la légende. J’ai été émue par le destin de Patrocle, par sa place dans l’histoire et par cette façon qu’il a de regarder Achille comme personne d’autre ne le fait.
J’ai donc un peu moins aimé Le Chant d’Achille que Circé, mais je pense aussi que cela tient au fait que je connaissais davantage l’histoire de Circé. Ici, j’ai eu le plaisir de redécouvrir une partie de la mythologie grecque que je connaissais finalement assez peu.
Une très belle réécriture, portée par une histoire d’amour bouleversante et par une voix, celle de Patrocle, que j’ai été heureuse d’entendre enfin.
