Roman

Retour à Folegandros d’Agnès Martin-Lugand


Retour à Folegandros

Autrice : Agnès Martin-Lugand

402 p.
Editions Michel Lafon, 2026
résumé On peut quitter un lieu, jamais ce qu’on y a laissé.
Trois ans après avoir brutalement coupé les ponts avec ses parents, Andréas, 25 ans, réapparaît dans une lettre qui agit sur eux comme une déflagration. Il les convoque à Folegandros, l’île grecque où tout a commencé, sous peine de ne plus jamais le revoir.
En dépit de leur séparation douloureuse, Suzanne et Vadim n’ont d’autre choix que de se retrouver et d’affronter un passé qu’ils ont tenté d’ensevelir.
La lumière brûlante des Cyclades et le souffle du Meltem offriront-ils la rédemption à cette famille brisée par les secrets et les non-dits ?
cequejenaipensé Agnès Martin-Lugand est mon autrice préférée. Alors, quand son nouveau roman paraît, je ne cherche même plus à savoir de quoi il parle. Je ne lis pas le résumé. Je lui fais confiance. Je sais que je vais ouvrir son livre, tourner quelques pages et la laisser m’emmener.Cette fois, elle m’a emmenée en Grèce, sur l’île de Folegandros. Et, une nouvelle fois, je me suis laissée embarquer sans aucune résistance.

Tout commence par une lettre. Celle d’Andréas, vingt-cinq ans, qui, après trois années de silence, demande à ses parents de le rejoindre sur cette île où tout a commencé. Suzanne et Vadim vont devoir se retrouver et affronter un passé qu’ils ont tenté d’enfouir. Je n’en dirai surtout pas davantage !

Parce que Retour à Folegandros est de ces romans qu’il faut découvrir en avançant, en recueillant les informations petit à petit, en comprenant les blessures, les secrets et les non-dits qui ont fini par éloigner cette famille. Et surtout, il faut rencontrer ses personnages.

Suzanne. Vadim. Andréas.

Trois êtres profondément humains, avec leurs failles, leurs peurs, leurs colères, leurs espoirs et leurs contradictions.

Je ne vous cacherai pas que certaines de leurs réactions m’ont parfois surprise. Certaines décisions m’ont agacée, d’autres m’ont déçue. Leur façon de réagir m’a même semblé parfois excessive, mais en fait… c’est aussi ça la vraie vie. On a des réactions à chaud, on fait des erreurs, on peut surréagir, on peut rester, au contraire, sans réagir, estomaqué…

Alors je me suis demandé ce que j’aurais fait, moi, dans les mêmes circonstances. Comment aurais-je réagi face à leurs blessures ? Aurais-je pris de meilleures décisions ? Aurais-je été plus raisonnable, plus mesurée, plus lucide ? Probablement pas. Mais en vrai on ne peut pas le savoir avant d’être confronté à la situation.

C’est aussi ce que j’aime tant chez Agnès Martin-Lugand. Elle sait me faire abandonner mon regard de lectrice qui analyse et juge pour me faire entrer pleinement dans la vie de ses personnages. Elle me fait ressentir avant de me faire réfléchir. Et cette famille, je l’ai ressentie. J’ai perçu leurs blessures. Leur détresse. Leur amour. Leurs peurs. Leurs espoirs. Je les ai aimés.

Retour à Folegandros raconte la famille, l’amour, les erreurs, les séparations et les liens que l’on croit parfois définitivement brisés. Il parle de ce que l’on tait, de ce que l’on porte en soi pendant des années et de la difficulté, parfois, à revenir là où tout a commencé.

Les cinq jours de retrouvailles que nous allons vivre avec eux sont chargés d’une tension qui ne nous quitte presque jamais. On pressent très vite que quelque chose de lourd s’est joué dans leur histoire. Très lourd. Et pourtant, le roman ne se résume jamais à ses drames. La Grèce y occupe une place magnifique. Le décor semble respirer au même rythme que les personnages. La mer peut être calme et apaisante avant de se déchaîner brutalement, exactement comme les émotions qui traversent cette famille.

J’ai pleuré. J’ai souri. J’ai eu le cœur serré. J’ai été en colère parfois. J’ai été soulagée aussi. Et j’ai fini par verser quelques larmes. Pas parce que la fin est triste. Elle ne l’est pas. Mais parce qu’après avoir passé cinq jours auprès de Suzanne, Vadim et Andréas, après avoir traversé leurs silences, leurs blessures et leurs espoirs, je m’étais profondément attachée à eux. Et je n’avais pas envie de les quitter. 

J’ai aussi choisi d’alterner entre le papier et l’audio, porté par les voix d’Agnès Martin-Lugand elle-même, Charlie Beaubourg, Olivier Chauvel et Loïc Mobihan. Une belle façon de vivre cette histoire et de donner encore davantage de voix à ces personnages si vivants. 

Alors oui, une nouvelle fois, j’ai aimé. J’ai aimé ce roman sensible, intense et profondément humain. J’ai aimé ses personnages, même quand ils m’ont agacée. J’ai aimé leurs imperfections, leurs blessures et tout ce qui les rend si vrais. Et j’ai aimé me laisser surprendre par une autrice à laquelle je fais confiance les yeux fermés.

Dans quelques jours, je vais retrouver Agnès Martin-Lugand au Salon Lire en poche à Gradignan. Et après avoir passé quelques jours à Folegandros avec elle, j’ai encore plus hâte de la rencontrer. 

Cinq jours. Une île grecque. Une famille. Des silences qui pèsent lourd… et une histoire qui m’a une nouvelle fois prise au cœur.

Merci à Lizzie et à Netgalley pour cette audiolecture.

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