Titre : La Pouilleuse
Auteure : Clémentine Beauvais
106 p.
Sarbacane, 2012
Résumé :
Elèves de seconde dans le 7e arrondissement de Paris, David, Elise, Anne-Laure, Florian et Gonzague décident, comme souvent, de sécher les cours. Mais cette fois, ils kidnappent une fillette, sur un coup de tête, à l’entrée de la piscine municipale. Dans le huis clos du studio chic de Gonzague, ils commencent à la malmener, d’abord verbalement, puis physiquement, franchissant une à une les limites.
Ce que j’en ai pensé
Je tiens tout d’abord à remercier les éditions Sarbacane, qui une nouvelle fois m’ont fait confiance et m’ont proposé de continuer nos partenariats.
J’ai choisi de lire ce roman car le résumé m’a fait l’effet d’une sorte d’électrochoc… Un sujet terriblement d’actualité, choquant, vrai… j’ai voulu en savoir plus, savoir comment l’auteure a pu traiter un tel sujet…
Pouilleux, euse : adjectif, nom.Qui est couvert de poux, de vermine. Qui est dans la plus extrême pauvreté ou la plus grande saleté. (définition Larousse)
Cinq élèves de seconde dans le 7ème arrondissement de Paris, un jour d’ennui, décident de sécher les cours. Ils commencent par trainer en ville. A l’approche de la piscine, une classe arrive et passe devant eux. Une petite fille, noir de peau, est à la traîne… Une des ados va se rendre qu’elle a des poux, elle va l’interpeller, la traiter de « pouilleuse »… et tout va partir de là. La gamine va être emmenée dans le studio de l’un des ados (Gonzagues) et le calvaire de la petite va commencer. Ils vont lui montrer qui commandent, qui est supérieur à elle. Ils vont l’épouiller, jouer avec elle…
Ce « fait divers », cet acte gratuit, est raconté froidement par un des protagonistes, David. On n’a l’impression qu’il ne se rend pas vraiment compte dans quoi il est en train de s’impliquer, de ce qu’il est en train de faire à cette petite fille. Le huis-clos qui a lieu dans ce roman, dans ce studio est angoissant, suffoquant… en tant que lectrice, je me sentais mal à l’aise. J’avais l’impression d’assister à l’impossible mais de ne pouvoir rien faire. Clémentine Beauvais, l’auteure, a une plume vraiment en adéquation avec l’histoire qu’elle nous raconte. Elle arrive, à travers les mots de ce personnage acteur de cet évènements, à montrer le chavirage de jeunes, pleins de préjugés non fondés, en mal d’activités vers l’irréparable et l’impensable. A travers ce court récit qui se lit d’une traite (on ne peut faire autrement que de continuer la lecture pour savoir ce qui attend la petite, on veut être soulagée pour elle), l’auteure, je pense, veut donner une leçon sur la responsabilité de chacun devant nos actes, veut nous faire réfléchir sur nos différences, sur les discriminations…
Un roman dérangeant, perturbant, provocant mais nécessaire pour faire réfléchir les jeunes!
Merci aux éditions Sarbacane !

depuis que je suis devenue maman il y a certains récits que je ne peux plus lire. je crois que celui-ci en fera partie malgré ton avis.
t’inquiète je te comprends tout à fait. un sujet vraiment pas facile et sensible.
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