Roman

Marie d’en haut d’Agnès Ledig

couv59403160Marie d’en haut

Auteur : Agnès Ledig

317 p.

Pocket, 2012 (15118)

résuméÀ trente ans, Marie a un caractère bien trempé et de la ressource. Lorsqu’Olivier, lieutenant de gendarmerie, débarque chez elle sans prévenir pour une enquête de routine, elle n’hésite pas à le ligoter pour lui faire comprendre explicitement qu’il n’est pas le bienvenu.
Mais cette carapace de femme forte dissimule ses fêlures. C’est grâce à Antoine, son meilleur ami, et Suzie, sa fille, que Marie trouve un sens à sa vie.
Et contre toute attente, Olivier va rejoindre le trio. Entre lui et Antoine, la guerre est déclarée. L’enjeu ? Le coeur de Marie.

çacommencepar Vous n’allez pas m’aimer.
Il y a de quoi. Je suis flic, seul et antipathique. Seul, mais en permanence accompagné de mon ange immaculé sur l’épaule droite, qui me saoule avec ses bondieuseries et ses bonnes manières, me suggérant que je pourrais être plus engageant, un peu chaleureux et un minimum courtois, et mon diable écarlate qui le contredit sur l’autre épaule et dans tous les cas, me susurrant à l’oreille que j’ai bien raison d’être un sale type, que les autres ne mérite pas mieux que mes yeux durs et mes aboiements. Œil pour œil, dent pour dent, la vie. Il serait plus simple de me débarrasser de l’un d’eux. N’importe lequel, pourvu qu’ils arrêtent de se chamailler. J’en ai mal au crâne.

cequejenaipenséAprès avoir lu et adoré On regrettera plus tard, Juste avant le bonheur et Pars avec lui d’Agnès Ledig, je découvre enfin le roman par lequel elle s’est fait connaître Marie d’en haut. Dans ce premier roman, elle nous le dévoile le portrait de deux personnes fragilisées par la vie qui se sont endurcies pour avancer  pour être le plus heureux possible ou du moins ne plus dépendre des autres. C’est ainsi que l’on fait la connaissance d’Olivier qui est lieutenant dans la gendarmerie. Après avoir travaillé des années à Toulouse et ne pas avoir été très apprécié de ses collègues, il a décidé de demander une mutation et de partir vivre en plein cœur de l’Ariège. C’est quelqu’un d’assez antipathique d’un premier abord, rustre, avec des idées arrêtées. Mais comme l’auteur à la subtilité de nous mettre dans sa peau, on se rend bien compte qu’il s’agit d’une carapace, d’une protection. On l’apprendra assez vite par la suite mais il a été malmené dans sa jeunesse et il doit son salut à une voisine qui l’a prise en pitié, qui l’a aimé Madeleine. Pour qu’elle ait une retraite décente, il l’aide financièrement et c’est aussi une des raisons qui l’a poussé à s’installer en Ariège. Une de ces enquêtes va le mener à la suite d’un criminel dangereux (!!?) jusque dans la ferme de Marie, 30 ans, jeune mère célibataire. C’est un petit bout de femme mais qui a un sacré caractère. Sa fille Suzie est une jeune fille très intelligente et espiègle. Elle est adorable et j’ai vraiment craqué pour elle. Dernière pièce de ce puzzle de personnalités : Antoine le  meilleur ami de Marie. Natif du Cantal il est venu s’installer dans la région pour s’occuper de la ferme voisine pour fuir sa famille intolérante. Ces trois adultes ont donc le point commun d’avoir été peu épargné par leur vie et même si leur caractère semble assez à l’opposé ils vont s’apaiser, se guérir mutuellement, se compléter. Ils vont trouver, non sans mal,un équilibre à leur amitié. Dès les premières lignes je me suis retrouvée dans cette ambiance de ferme. J’ai un peu retrouvé la dualité de ton que l’on  a pu connaître dans Le Mec de la tombe d’à côté avec le parallèle de la femme de la ville contre l’homme de la campagne que l’on retrouve ici avec Olivier le gendarme et Marie agricultrice. J’ai apprécié ce petit côté humour inséré dans le récit avec leur vie et leur statut social différents.
J’ai vraiment craqué pour la petite Suzie comme je vous disais un peu plus haut parce que elle est très observatrice et qu’elle comprend beaucoup de choses avant les adultes malgré le fait qu’elle n’ait que 5 ans et demi. L’autre personnage que j’ai vraiment vraiment beaucoup aimé c’est Olivier : j’ai aimé son histoire,  c’est délicat de dire son histoire quand on sait ce qu’il a vécu mais j’ai surtout aimé ce qu’il est devenu, ce qu’il a réussi à devenir malgré tout. C’est un homme fragile, malheureux et blessé mais c’est un homme très attachant et Marie ne se trompent pas là-dessus. Moi aussi je suis tombée amoureuse d’Olivier et j’aurais aimé le consoler. Tous deux forment un très beau couple.
J’ai également apprécié la polyphonie de ce roman puisque elle donne la parole Olivier à Marie mais également pour quelques chapitres à la petite Suzie, c’est là qu’on comprend tout son intelligence. Et elle donne également la parole à Antoine et ses chapitres sont un petit peu en décalage avec l’image qu l’on se fait des agriculteurs habituellement d’ailleurs car ces chapitres sont en vers, de vrais poèmes dans le récit. Le roman est par ailleurs parsemé de ci de là de petit haïku.
Beaucoup d’émotions sont véhiculées dans ce récit qui trouve toute son intensité dans une très belle conclusion.
en bref Une dernière fois cette année, j’ai été sous le charme de la plume d’Agnès Ledig. Elle a l’art et la manière de mettre en scène des personnages vivants, des personnages blessés qui par de belles rencontres arrivent à reprendre goût à la vie.

4 réflexions sur “Marie d’en haut d’Agnès Ledig

  1. Je pensais que mes associations d’idées étaient un peu farfelues mais j’ai également pensé au Mec de la tombe d’à côté au début ! =)

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