Roman

Petits miracles au bureau des objets trouvés de Salvatore Basile

Petits miracles au bureau des objets trouvés

Titre original : Lo strano viaggio di un oggetto smarrito

Auteur : Salvatore Basile
trad. de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza
358 p.
Denoël, 2017

 

résuméPoupées, sacs à main, carnets, téléphones, lunettes… On ne s’intéresse jamais aux objets trouvés. Pourtant, ils ont appartenu à quelqu’un, ils ont été choisis, aimés. Dans une petite gare italienne, un homme les collectionne avec dévotion. Ce sont ses seuls amis, croit-il. Jusqu’au jour où il trouve un cahier rouge abandonné…

çacommencepar – Maman…
La femme se retourne, surprise.
-Michele…
L’enfant sourit. Il porte son sac en bandoulière, il est légèrement essouflé.

cequejenaipensé Ce Petits miracles au bureau des objets trouvés  est un petit bonbon tout doux, délicat, poétique, que j’ai aimé picoré, savouré jusqu’à la dernière page. J’étais juste bien pendant ma lecture. Heureuse. Profitant du moment présent. Comme dans une bulle.
Michele, jeune trentenaire, est chef d’une petite gare au coeur de l’Italie. Un train au départ le matin. Un train à l’arrivée le soir. Sa vie tourne autour de ce train. Il se lève, se prépare, prépare le train. Il le chouchoute, le nettoie. Il ne prend jamais de vacances ce qui provoque les moqueries de ses collègues. Mais à quoi prendre des congés? Où irait-il? Sa vie c’est ici. Il a grandit dans cette gare. Il a pris le relais de son père. Et puis surtout il attend… Il attend le retour de cette mère qui un jour, alors qu’il n’avait que sept ans, est partie sans une explication. Et depuis, Michele attend, espère.
Chaque soir, il ramasse les objets oubliés, délaissés par les propriétaires. Il les répertorie, les envoie à la maison mère puis au bout de la période légale, il les récupère et les met en scène, les expose dans son petit appartement. Chaque soir, il leur parle. Un soir, il trouvera une petite poupée. Alors que la soirée est déjà bien entamée, une jeune femme, Elena, va venir frapper à sa porte pour récupérer cet objet. Cette rencontre va être le premier changement dans sa vie routinière et rassurante. Le lendemain il trouvera dans le train, un petit carnet rouge. Il le reconnaît. C’est son carnet, son journal intime, celui avec lequel est partie sa mère. C’est ce moment clé qui va changer sa vie. Et on assiste à ce changement.
Salvatore Basile nous conte ce récit avec énormément de poésie et de délicatesse. Michele est un personnage sensible, à part. On se prend d’une réelle tendresse pour lui. On comprend ce besoin qu’il a eu jusque là de s’isoler, d’attendre. Et on espère pour lui qu’il aura enfin la réponse qu’il attend. Le lecteur assiste alors à sa métamorphose, à ses doutes. Il ne sait pas comment interagir avec les autres, et encore moins avec Elena, pour qui il ressent des choses qu’il n’arrive pas à identifier. Il va apprendre à se connaître, à être authentique, sincère avec lui même. Il va apprendre à se faire confiance et à faire confiance aux autres. Et finalement que les personnes qui gravitent autour de lui ne sont pas foncièrement mauvaises. Alors bien sûr, nous ne sommes pas au pays des Bisounours non plus, il aura des déconvenues et des mésaventures. Mais au moins Michele se confronte à la réalité de la vie. Et en ne vivant plus dans l’expactative mais plutôt en ressentant l’instant présent, il va découvrir qu’on peut être heureux, qu’on peut s’épanouir.
Elena, la jeune fille qui avait perdu la poupée, est aussi très attachante. Elle est pleine de vie, exubérante, bavarde mais j’ai ressenti assez vite chez elle comme un malaise, une douleur. Parfois, son attitude et son impatience face à Michele m’a un peu énervé mais en même temps elle le connaît moins que nous. Il faut dire que ce n’est pas facile de faire parler Michele!
A la lecture de cette histoire, beaucoup d’émotions se côtoient. Ce fut une lecture vraiment intense. J’ai eu l’impression de grandir auprès de Michele. Il aura  beaucoup de choses à digérer dans sa quête. Colère, stupéfaction, appréhension, plaisir,… Une vague d’émotions déferle sur lui en un court laps de temps. Et ses réactions seront tout à fait légitimes.  Ce qu’il vit entre en résonance avec nos vies, même si nous n’avons pas vécu cet abandon. Ses  diverses prises de conscience, ses questionnements apportent de l’eau au moulin de nos propres réflexions.
Un petit mot maintenant sur la couverture : j’adore! Elle résume parfaitement la bulle dans laquelle vit notre Michele depuis 30 ans. Une collection hétéroclite qui ne demande qu’à sortir de ses étagères. Et elle est bien plus belle que la couverture originale! D’autre part, la nouvelle maquette des éditions Denoël me plaît beaucoup, avec ces trois points que l’on retrouve sur la première de couverture, le dos, la quatrième de couverture et sur le second « e » du mot « Denoël » comme un fil qui relie tous ces éléments ensemble.
12992811_10209213650040435_505270499_n Un coup de coeur pour ce roman de Salvatore Basile. Une lecture intense, émouvante. Une lecture avec le sourire aux lèvres! à lire!!!

4 réflexions sur “Petits miracles au bureau des objets trouvés de Salvatore Basile

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