Roman historique

Une vie meilleure de Rachel Rhys

Une vie meilleure

titre original : A dangerous crossing

Autrice : Rachel Rhys

trad. de l’anglais par Mélanie Trapateau

413p.

Denoël, 2018

résuméJuillet 1939, Lilian Shepherd, vingt-cinq ans, embarque sur un paquebot à destination de l’Australie, laissant derrière elle un pays sur lequel plane l’ombre de la guerre. Le navire est rempli de passagers venus d’horizons les plus divers, mais tous partagent un désir commun : repartir de zéro sur ce nouveau continent. Pour une jeune femme à l’existence plutôt terne jusqu’alors, c’est un voyage magique. Il y a un orchestre à bord, des bals costumés pour tous, et Lily n’a de comptes à rendre à personne. Elle découvre à chaque escale des lieux qui n’étaient pour elle que des noms mythiques – Naples, Le Caire, Ceylan – et se lie avec des passagers qui, d’ordinaire, n’auraient pas daigné la regarder. Des amitiés se tissent, des amours naissent… Mais les paillettes peuvent cacher de lourds secrets, et Lily s’aperçoit peu à peu qu’elle n’est pas la seule à fuir son passé. Dans ce microcosme où les normes sociales sont bouleversées et où l’imminence de la guerre renforce les préjugés, tous les éléments sont réunis pour que le rêve tourne au drame… Une chose est sûre, la vie de Lily s’en trouvera changée à jamais.

çacommencepar Encadrée par deux policiers, la femme descend la passerelle du bateau. Ses poignets ont été menottés et les hommes la tiennent fermement par le bras, mais elle reste toute droite, comme si son dos était maintenu par un mât.

 

cequejenaipensé Bienvenue à bord! Destination finale l’Australie! Nous sommes en 1939, et l’autrice, Rachel Rhys (pseudonyme de l’autrice de thriller psychologique Tammy Cohen) s’inspire d’un pan de l’histoire pour ce roman historique. En effet, dans les années 30, des paquebots partaient de Angleterre avec à son bord une population cherchant à repartir à zéro dans les contrées australiennes (et pour certains à fuir la guerre qui commence à se profiler à l’horizon). Il y avait aussi beaucoup de jeunes femmes car il y avait pénurie de personnels domestiques pour les grandes familles australiennes.

A partir de ce faits divers, Rachel Rhys a créé son personnage principal : Lilian/ Lily Sheperd. Elle a 25 ans, issue d’une bonne famille, bien élevée, délicate. On comprend aisément qu’elle fuit un petit scandale londonien. Et elle voit dans ce voyage l’occasion de grandir, d’étoffer son expérience. Elle va vivre une expérience unique avec ce voyage. La première fois qu’elle prend la mer, la première fois qu’elle s’éloigne de sa famille, la première qu’elle voyage seule. Elle est à la fois angoissée et excitée. Bien sûr, elle a un chaperon à bord et partage sa cabine avec deux autres femmes. Elle se lie vite d’amitié avec plusieurs personnes à bord car c’est une jeune femme fort agréable. C’est ainsi que nous faisons la connaissance d’Héléna et Edward, sœur et frère qui partent pour l’Australie à cause de la santé délicate d’Edward, de George Price (quel odieux bonhomme!), d’Eliza et Max, un couple de mondain voyageant en première classe mais qui préfèrent côtoyer les classes économiques car ils s’ennuient, de Maria, une femme juive qui a du fuir la Pologne. Même si les passagers sont coupés de l’actualité, l’ombre de la Seconde guerre mondiale est bien présente sur le navire. Les propos antisémites, les rapports entre certains passagers avec les passagers juifs… Les tensions sont présentes, les préjugés aussi. 

Le lecteur navigue lui aussi à bord de l’Oronte. On découvre au fil des flots/pages la galerie de personnages. On apprend à les connaître. On fait escale dans des ports mythique (Naples, Le Caire, Ceylan…). On a l’impression de vivre cette croisière. Je m’y suis projetée sans soucis grâce aux diverses descriptions, à l’ambiance posée par l’autrice. très vite, les relations qui semblent de prime abord frivoles et fausses se transforment. Lily qui apprend la vie en société ne va pas forcément s’approcher des bonnes personnes. L’autrice, volontairement, ne nous donne pas toutes les clés pour comprendre tel ou tel comportement. Mais, tout comme Lily, on ressent un malaise. Tout ça n’est pas sain. Un drame couve. D’autant plus que le roman s’est ouvert sur la descente du navire du femme menottée à l’arrivée à Sydney. Quel drame a bien pu se passer ? Qui est mort ? Pourquoi ? Tout au long de la lecture, le lecteur a ça en tête. Même si les moments des visites, des bals ont tendance à nous le faire oublier. 

Le rythme du roman est au début assez lent. Le temps que le lecteur se retrouve dans l’ambiance confinée de ce navire, le temps de faire connaissance avec les divers personnalités, le temps d’être envoûté par les mots de Rachel Rhys. J’ai aimé les différents points de vue abordés par l’autrice (sur les civilisations, sur les rapports entre les personnes de différents rangs sociaux, sur la guerre en préparation). J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman. Le rythme était un peu trop lent mais une fois les portraits des divers personnages amorcés, j’ai été emporté dans le récit et l’univers de Rachel Rhys. 

en bref « Passionnant, envoûtant, on s’y plonge avec délectation » (Paula Hawkins, autrice de La Fille du train) : je suis tout à fait d’accord avec elle!

 

Une réflexion sur “Une vie meilleure de Rachel Rhys

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