Ce roman est splendide, poétique. Une douceur, un hymne à l’espoir et au renouveau.
Trois portraits, trois solitudes, trois mal-être qui vont se rencontrer, s’entraider.
Elisabeth vient d’arriver dans la résidence, au cœur de Stockholm. Elle s’enferme chez elle, recluse, isolée. Elle débranche la sonnette, n’ouvre pas son courrier. Elle vit ou plutôt survit avec ce qu’elle a chez elle. C’est-à-dire pas grand chose. Son quotidien minimaliste et solitaire va être perturbé par Elias, un voisin. Ce dernier va lui apporter un courrier arrivé chez lui par erreur (ils portent le même nom). Le son de cette voix qui s’introduit dans son intérieur la bouleverse. Elle se sent redevable pour ce geste (même si elle n’ouvre pas son courrier). Alors elle ouvre un de ses cartons, choisit un livre et lui dépose sur le palier avec un petit mot. Petit souci : Elias est dyslexique mais il va quand même lire, de cette lecture difficile naîtra une illustration, car Elias est artiste. En ce qui concerne la lecture, il fait confiance au voisin du dessus, Otto, libraire à la retraite, qui lui raconte les livres à sa façon et avec qui il entretient une relation père/fils. Otto s’est installé dans la résidence à la mort de sa femme, en attendant,… du provisoire qui dure depuis quinze ans.
A l’aube de l’été, les sens s’éveillent, la nature aussi. Le chant du merle réveille ses esprits en souffrance, chacun pour une raison différente.
J’aime beaucoup cette phrase située en quatrième de couverture : « Ces trois solitudes sauront-elles réapprendre à sourire, à aimer et prendre le risque de tout perdre à nouveau ? » Elle résume tellement bien les attentes de ce récit sensible et émouvant. J’ai eu un coup de foudre pour ses personnages singuliers. On apprend à les connaître petit à petit, tel que Linda Olsson veut nous les présenter. Évidement on ne peut que se demander ce qui a pu arriver à Elisabeth pour s’enfermer ainsi, mais ce qui est vraiment important dans cette histoire c’est réellement la relation qui se tisse entre les différents personnages, qui se servent mutuellement de béquilles. Ils se font du bien et nous font du bien. On commence l’histoire comme dans le noir, et au fil des pages, on sent la nature et les personnages se déployer, s’épanouir. Le printemps est là, symbole du renouveau.
Et même si ce trio de personnage tourne autour de la nouvelle venue Elisabeth, pour moi Elias et Otto sont traités au même niveau. Il n’y a pas un mais trois personnages principaux. Chacun a son importance dans l’intrigue, un rôle clé dans le bien-être des deux autres. Chacun apporte un regarde sur un facette de la culture : le cinéma, la littérature et l’art. Trois beaux-arts qui s’imbriquent et se complètent ici.
C’était la première fois que je lisais un roman de Linda Olsson qui s’est fait connaître en France avec Astrid & Veronika et L’Enfant au bout de la plage. J’ai été charmé par sa plume, sa délicatesse envers les différents protagonistes. On ressort de cette lecture apaisé et avec le sourire! Vraiment sublime !
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