Roman "jeunes adultes"

Shorba, l’appel de la révolte de Gaspard Flamant

Shorba, l’appel de la révolte

Auteur : Gaspard Flamant

215 p.

Sarbacane, 2018 (Exprim’)

résumé Depuis qu’on a abandonné le lycée, il nous reste pas grand- chose, à part le pied des tours. Nous, c’est mes deux potes et moi, Shorba.
Mais on a rencontré Léo, et tout a changé.
Léo, c’est un gars de trente balais, un gauchiste vraiment pas de notre monde. Il nous montre des choses qui se passent juste à côté de chez nous mais qu’on n avait jamais vues. Il nous apprend plein de trucs des trucs de militants. On danse dans des bidonvilles, on rencontre des sans-papiers. Et pour finir, on a décide d’ouvrir un squat dans une villa de bourges pour aider les migrants.
En vérité, pour Shorba, petit rebeu de Vénissieux, cette rencontre avec Léo, c’est une putain de Révolution.

çacommenceparLa première fois qu’on a vu Léo, c’était devant « la Base », le centre commercial où on traînait jusqu’à ce que le soleil se couche. « On », c’est-à-dire : Zak, un grand mec tout maigre avec une gouffa à la Jackson Five et  une petite moustache de concierge portugaise; Youri, le toubab costaud au crâne rasé qui n’était heureusement pas le skinhead dont il avait la gueule; et Morad, qui avait la tête de con qu’il était.
Et puis moi, Shorba. Je suis plus bien comment Bachir est devenu Shorba, mais bref, depuis la primaire, tout le monde m’appelait comme ça.

 

cequejenaipensé Shorba ne trouve pas sa place dans la société. A 16 ans, il a arrêté le lycée car il sait qu’il n’a aucun avenir. Alors, depuis, il traîne dans son quartier avec ses meilleurs potes, Zak et Youri. Il y a aussi Morad, mais lui c’est un con et ils ne font que le tolérer. Leurs passe-temps favoris : fumer des joints et attendre que les journées passent… Jusqu’à l’arrivée d’un drôle d’énergumène : Léo, un hippy.
Léo va leur offrir une nouvelle façon de voir la vie, un autre regard sur la société, sur les injustices entre les classes sociales. Son discours engagé et militant va raisonner en Shorba.

Gaspard Flamant, l’auteur de ce roman, signe ici un premier roman ambitieux et très réussi. L’écriture est fluide, les personnages charismatiques, le thème d’actualité. On rentre très vite dans cet univers. On se glisse dans la peau du jeune Shorba. On apprend à le connaître, on le voit ouvrir les yeux sur son monde. Au côté de Léo, Shorba va se révéler, trouver sa voix. L’auteur est issue, lui-même d’une famille militante et engagée, ainsi que d’une famille de voyageur. Et cela se ressent très nettement dans ce roman.

Sans être une révolutionnaire dans l’âme, je suis consciente des inégalités et des injustices de notre époque. Ce roman les met en avant, et le jeune personnage principal va tenter d’y remédier à sa façon, avec toute son innocence, sa candeur et son énergie. Quand Léo va lui faire visiter un bidonville occupé par plusieurs familles de réfugiés, il se rend compte de leurs conditions de vie misérables et difficiles, de leur difficulté à se faire accepter dans notre pays. Alors il lance une idée. Comme ça. Sans réflexion. Juste une idée en l’air. Une idée qui va s’enrichir de l’énergie collective et se concrétiser. Une idée façon Robin des bois. Prendre aux riches pour donner aux pauvres. Ils vont trouver une grande demeure inoccupée et y loger des familles entières.

Shorba va prendre confiance peu à peu. On le voit s’affirmer, s’engager. Il veut agir en accord avec ses convictions. Mais ce n’est pas pour autant qu’il est sûr de lui. Il est conscient de son âge et ne sait pas jusqu’où il peut aller. Il s’appuie sur la présence et le calme de Léo. En ce qui concerne Léo, l’autre homme-clé de ce récit, on ne sait pas grand chose de lui. A l’inverse de Shorba que l’on voit évoluer sous nos yeux. Léo, lui, reste fidèle à lui-même. L’auteur trouve un autre moyen pour que le lecteur fasse plus ample connaissance avec lui : les flash-back. En effet, le récit du présent est entrecoupé de retour en arrière, 10 ans plus tôt, quand Léo était en prison. Le lecteur comprend ce qui a forgé son caractère ainsi que ses convictions. On voit peu à peu naître des complicités qui referont surface dans le récit du présent.

en bref Révolte, colère,… la voix d’un ado contre les injustices de notre société. Un bon roman initiatique, ancré dans l’actualité.

 

Une réflexion sur “Shorba, l’appel de la révolte de Gaspard Flamant

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