Roman

Les Jours de silence de Phillip Lewis

Les Jours de silence


Titre original : The Barrowfields

Auteur : Phillip Lewis

trad. de l’américain par Anne-Laure Tissut

426 p.

Belfond, 2018

résuméSur un contrefort élevé des Appalaches se tient une étrange demeure, curiosité de verre et d’acier, que chacun, dans le petit village d’Old Buckram, prétend maudite. C’est ici que vivent les Aster.
Il y a le père, Henry Senior, intellectuel autodidacte, homme de lettres révolté dans une contrée hostile aux bibliophiles. La mère, Eleonore, femme insoumise et lumineuse, qui partage ses journées entre la contemplation de la nature environnante et l’élevage de pur-sang. La cadette, Threnody, adorable fillette affublée d’un prénom imprononçable tiré d’un poème de son père. Et, au milieu, se tient Henry Junior, petit garçon sensible et attentif, qui passe le plus clair de son temps caché dans la bibliothèque, à regarder, fasciné, la figure paternelle noircir, jour et nuit, les feuillets qui composeront le roman de sa vie.
Des années plus tard, Henry Junior n’a qu’une idée : quitter Old Buckram. Fuir pour devenir un homme ; fuir les montagnes et ce silence intranquille qui le ronge ; et, surtout, fuir pour tenter de comprendre ce qui a poussé son père, un matin, à abandonner les siens, en emportant avec lui son mystérieux manuscrit… 

çacommencepar Le bureau est resté tel qu’il a laissé. Le corbeau au mur, enfin, l’oiseau, quelle que soit son espèce. Wolfe. Poe. Chipin. Un exemplaire de la première édition de L’Étranger, l’étiquette du prix plusieurs fois arrachée, la couverture usée, écornée.

cequejenaipensé Les Jours du silence fait partie de ces romans que l’on ouvre sans trop savoir ce qu’on va y trouver, de ces romans qui vont nous dépayser sans qu’on s’y attende.

Phillip Lewis  signe un roman à part, envoûtant, tout en subtilité. Un roman d’apprentissage fort avec un personnage principal emblématique.

Bienvenue – ou pas, à Old Buckram, petite ville isolée dans la vallée des Barrowfields au cœur des Appalaches. Nous faisons la connaissance d’Henry junior. C’est par ses yeux que nous apprendrons à connaître sa famille et surtout son père, Henry (aussi). Un homme à part. Un homme obsédé par l’écriture du roman de sa vie. Il veut en faire une œuvre majeure. dès qu’il l’a pu il a fuit cette ville fantomatique, fait des études pour devenir écrivain… mais Old Buckram l’a vu revenir avec sa femme, s’installer dans une bâtisse lugubre, sombre, au passé lugubre. On imagine sans peine cette grande demeure imposante et angoissante. Du jour au lendemain, cet homme quittera sa famille, sans motif ? sans explication ? Cette disparition bouleversera son fils qui fuira à son tour la maison, sa mère et sa sœur. Une fuite qui tournera là encore vers une envie d’oublier cette ville, mais l’histoire familiale reste une obsession.

– Et pourquoi passes-tu autant de temps à écrire ? »
Je vis qu’il réfléchissait. Je lui avais posé une question dont il ignorait la réponse, mais qu’il avait passé sa vie à chercher.
« J’écris, dit-il, en me regardant dans les yeux, ce qu’il ne faisait presque jamais, parce que c’est l’une des seules choses qui me semblent réelles. » Il réfléchit encore quelques instants avant d’ajouter. « A part la mort, c’est la seule façon d’arrêter le temps. » Ce n’était pas une version simplifiée pour un enfant de dix ans. C’était sa vérité.

Les deux Henry sont des personnages forts, importants. Ils envoûtent de leur présence même quand ils ne sont pas présents physiquement. L’écriture de Phillip Lewis est elle aussi captivante. Beaucoup de descriptions dans ces mots. Des descriptions précises qui nous projettent sans mal dans ces paysages des Appalaches, entre les murs de cette maison énigmatique. Le lecteur ressent l’emprise d’Old Buckram sur la vie des deux Henry, ce besoin de vérité. On est ici dans l’intimité des émotions brutes de ces deux personnages, piégés par une histoire, par une ville, par les mots.

« Avant de brûler des livres, ouvrez-les au moins, et jugez par vous-mêmes. »

Un premier roman aux thèmes forts : dépression, liens familiaux, poids du passé, amour fraternel… Phillip Lewis choisit ses mots, ses ambiances avec soin. Cela donne naissance à un roman profond, réfléchi, aux émotions complexes.

en bref Un roman aux émotions brutes. Un roman sur le poids du passé et ses conséquences. Profond.

 

 

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