Roman

UnPur d’Isabelle Dsesquelles

UnPur

Autrice : Isabelle Desesquelles

221 p.

Belfond, 2019

résumé Benjaminquejetaime et Julienquejetaime. Les noms que leur a donnés leur mère, Clarice. Dans les ruelles de Paris, ils forment une famille tournesol aux visages orientés vers le bonheur. Seulement, le destin va en décider autrement. Quand un inconnu pose les yeux sur deux enfants en se demandant lequel il va choisir. Et tout leur enlever. Quarante ans plus tard s’ouvre le procès d’un monstre qui n’est pas sur le banc des accusés mais dans la tête de chacun. C’est sa victime que l’on juge. Quand l’enfance nous est arrachée, quel humain cela fait-il de nous ? De l’Italie – Bari et Venise – au Yucatán – sa mer turquoise et les rites ancestraux maya – se déploie l’histoire d’un être dont on ne saura jusqu’à la fin s’il est un pur. Isabelle Desesquelles explore l’absolu de l’enfance, avec ses premières et surtout ses dernières fois, qu’à toute force on voudrait retrouver. À sa manière frontale, l’auteur éclaire l’indicible. Roman de l’inavouable et dissection d’un tabou, UnPur bouscule, interroge, il envoûte et tire le fil de ce que l’on redoute le plus.

çacommencepar Tu n’as plus l’âge d’être un enfant, Benjamin. Depuis un demi-siècle et une poussière. La poussière, on la ait, cela ne veut pas dire qu’on la fabrique. Et après plus un mouton ne traîne. L’as-tu été, toi, un mouton ? Je ne le crois pas. Je sais une chose, nous avons l’un et l’autre trainé à vivre. Ça a été comme ça. Ça n’a pas été.

cequejenaipensé Voilà bien une lecture qui ne peut pas laisser indemne son lecteur. Déjà parce qu’il est impossible de le lâcher tant le récit nous hypnotise, nous captive. Puis par le récit en lui même… difficile, dur, parfois dérangeant. 
Benjaminquejetaime et Julienquejetaime. Deux enfants chéris par leur mère. A trois, ils sont une famille complice, aimante, heureuse. Mais un voyage en Italie va faire exploser leur bulle. Un prédateur veille, et choisit l’un des jumeaux au hasard. Cela tombe sur Benjamin. L’homme le kidnappe, le séquestre. L’enfant a peur, mais obéit…
Le roman s’ouvre sur un message de Julien. L’enlèvement a eu lieu plus de quarante auparavant et Benjamin vient tout juste de refaire surface. Et un procès vient de se terminer. SON procès. Comment passe-ton de victime à accusé? Que lui est-il arrivé pendant toutes ces années? Pourquoi est-ce la victime que l’on juge ?
Voilà le postulat de départ et je n’en dirais pas plus. Car pour apprécier toute la saveur de ce roman il ne vaut mieux pas savoir, il vaut mieux être dans le flou, se laisser porter par les mots, les explications, l’histoire de Benjamin raconté par Benjamin lui-même.
Je ne peux faire autrement que penser à nous trois même si cela agrandit la tristesse. Mais un jour j’arrête, l’espoir ne fait pas forcément vivre, non. L’espoir, ce ne sont que des lettres attachées, et elles m’entravent. Un prisonnier ne peut pas ajouter à son enfermement, et à la fin je me garde de vous, mes tant aimés. Et crois me libérer de vous. Je ne laisse plus le souvenir me ronger, et j’arriverai à rester vivant.
Isabelle Desesquelles explore l’âme de son personnage, nous le livre. Faut-il juger ? comprendre? Elle met en mots des faits inavouables, tabous. UnPur un titre parfait, un jeu de mots sur la sonorité, sur le double sens qui s’éclaire pendant la lecture.
Quand le passé n’est jamais assez loin, le présent paraît hors de portée.
Le roman bouscule, interroge, fait réfléchir. Le roman fascine, nous ensorcèle, nous tire vers cette fin qu’on craint de connaître.
Je ne connaissais pas encore l’écriture d’Isabelle Desesquelles (qui a obtenu le Prix Femina des lycéens pour son roman Je voudrais que a nuit me prenne). Sa langue est poétique, parfois crue. Elle reflète une vérité, celle qu’a vécu son protagoniste.  Une aura se dégage de ce roman, une aura sombre, inquiétante avec des moments de félicité entachée par le passé. J’ai aimé son écriture. J’ai aimé ce roman qui marquera sans nul doute ma vie de lectrice et qui me donne envie de découvrir les autres romans de l’autrice.
La vérité, on en fait ce que l’on veut, ce que l’on peut. On fait avec. Elle est une guimauve que l’on étire. On la tord, et elle prend toutes les formes, revêt l’apparence qu’on lui donne.
en bref Un roman perturbant, éprouvant et captivant. A découvrir vite !

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