Roman

Maintenant, comme avant de Juliette Arnaud

Maintenant, comme avant

Autrice : Juliette Arnaud

230 p.

Belfond, 2019

résuméDans son village du Sud de la France, Rose a de grands projets pour célébrer son entrée officielle dans l’âge adulte. Puisque s’ouvre l’été de ses 18 ans.Lorsque débarque sans prévenir Manette.
Qui se trouve être sa mère.Celle qui s’est éclipsée, quand Rose était bébé, pour suivre sur les routes son groupe de rock préféré.
Abandonnant et l’enfant et le père.

Si cela ne tenait qu’à elle, Rose accueillerait son chat fugueur de mère à coups de balai.
Sauf qu’Emiliano, le père de Rose, n’a pas la même opinion des chats fugueurs en général, et de celui-là en particulier.

A-t-il jamais cessé d’aimer Manette ?

Débute alors un long, incertain et périlleux été.

Roman initiatique et tendre, Maintenant, comme avant évoque la famille décomposée, la question taboue des mères qui n’élèvent pas leur enfant et les maux d’amour avec un humour féroce.

 

çacommencepar Quand j’ai ouvert la porte, et que derrière la porte, dans le contre-jour, se tenait la femme qui s’est révélée être ma génitrice, ça m’a fait pile comme si je voyais enfin la fille que je rêvais d’être.
Pile l’apparence physique sur laquelle je fantasme, celle que je pourrais/devrais posséder, si le monde voulait bien se donner la peine de marcher droit et harmonieux et juste.

cequejenaipensé Juliette Arnaud est comédienne, dramaturge et chroniqueuse sur France Inter. Je ne connaissais pas encore sa plume mais avec tout le bien que j’ai entendu de ce premier roman pour adultes Comment t’écrire adieu, j’étais très curieuse.J’ai pu ainsi la découvrir sous un autre jour, avec une écriture sensible, originale, brute.
Maintenant, comme avant, c’est l’histoire d’une jeune fille, Rose, qui vit depuis sa plus tendre enfance seule avec son père. C’est l’été de ses1 8 ans, elle a pleins de rêve, d’envies et de désirs. Mais ses projets sont mis à mal par la réapparition de celle qui les a abandonnés sans un regard en arrière il y a des années de cela. Elle… c’est celle dont on ne prononce pas le nom. Celle qui est partie alors qu’elle n’était qu’un bébé. Elle, c’est sa mère Manette. Une belle femme qui a retourné le cœur et la tête de son père il y a 18 ans. Celle qui lui retourne encore et toujours la tête.
Son père, Emiliano, est celui qui l’a élevé, avec sa grand-mère en figure maternelle. Rose a été aimée, choyée. Elle a un regard fin sur le monde qui l’entoure. Mais elle a surtout une énorme colère en elle.
Cette femme qui est sur le pas de la porte de sa maison, elle n’en veut pas dans sa vie. Alors, elle l’évite, la fuit et se réfugie auprès de son meilleur ami, Moïse et de Gros, son fidèle canin.
Rose déborde d’une colère froide contre cette mère inconnue. Mais pas seulement, on sent au fil des pages qu’il y a aussi une curiosité d’en savoir plus. Pourquoi elle est partie? Pourquoi revient-elle sans prévenir? Emiliano l’attendait depuis tout ce temps mais pense-t-il à sa fille ?
Elle pensa, ne dit rien, exprima sa colère par un silence redoutable et qui accéléra encore le départ de sa montagne de fils et du cul divin de sa presque belle-fille.
Elle pensa : « Il reviendra. » Pas : « Il s reviendront ».
De fait, Emiliano ne s’acclimata jamais vraiment à la ville et revint piteusement moins d’une année plus tard. Sans Manette. Avec moi.
Selon ma grand-mère, les choses étaient rentrées dans l’ordre.
Selon Emiliano, le Soleil s’était éteint à jamais.
L’écriture de Juliette Arnaud reflète l’énergie de la jeune fille. Elle adopte un langage qui colle à la personnalité de Rose, brut, direct, un humour incisif. Une jeune femme pleine d’énergie et de rancœur, qui avait des rêves, des certitudes qui désormais sont perturbés par cette réapparition soudaine.
Il y a du ressentiment mais aussi une tendresse sous-jacente, une reconstruction, un pardon sont en cours de cheminement.
L’écriture de Juliette Arnaud m’a tout d’abord surprise puis séduite. Cela claque, sonne juste par rapport aux émotions ressenties. On ressent les tripes de la jeune protagoniste. C’est un roman sur la famille monoparentale, sur le sujet tabou des mères qui n’élèvent pas leur enfant (et surtout le point de vue de l’un d’eux).
en bref Un roman fort, une héroïne pleine de piquant.

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