Roman

Préférer l’hiver d’Aurélie Jeannin

Préférer l’hiver

Autrice : Aurélie Jeannin

226 p.

Harper Collins, 2020  (Traversée)

résumé
« Maman et moi vivions ici depuis un peu plus de trois ans quand nous avons reçu le coup de fil. Au milieu des pins, des chênes et des bouleaux, au bout de ce chemin sans issue que deux autres propriétés jalonnent. C’est elle qui m’avait proposé de nous installer ici. Et je n’étais pas contre. J’avais grandi dans cette forêt. Le lieu m’était familier, et je savais que nous nous y sentirions en sécurité. Qu’il serait le bon endroit pour vivre à notre mesure. »
À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au cœur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
çacommencepar Dans notre hémisphère, la durée de l’hiver est de quatre-vingt dix neuf jours. C’est la saison la plus courte. En réalité, le froid s’installe six mois environ. En automne, il rôde l’air de rien, avant de gagner les collines et de se rapprocher des plaines. Là, il accélère le pas et prend la forêt en étau, comme le ferait une mer qui monte.

cequejenaipensé Voici un premier roman déroutant et singulier. Nous sommes aux portes de l’hiver et nous allons accompagner une mère et sa fille dans leur vie au cœur de la forêt. Elles vivent depuis plusieurs mois ainsi, dans un grand dénuement, au rythme de la nature et des saisons, dans un repli sur soi face aux deuils qui les a frappé toutes les deux.

Au-delà de notre sang, nous partageons d’avoir eu à marcher derrière les cercueils de nos fils. Nous partageons de ne plus savoir qui nous sommes face à des deuils que ne portent pas de nom. Ni veuves ni orphelines…

Un rythme lent, posé, contemplatif.

Elles vivent ainsi dans une cabane. Elles se nourrissent de ce qu’elles produisent et de ce que la forêt leur offre. Elles ne communiquent pas avec leurs proches voisins et vont à la ville que par absolu nécessité. C’est leur havre de paix. Elles s’y sentent en sécurité, loin des douleurs et des épreuves du monde. La mère et la fille s’adressent peu la parole. Elles n’en ont pas besoin pour se comprendre.

Une vie dure, simple aux épreuves de la nature et de la langue.

Aurélie Jeannin nous offre un premier roman ciselé, où elle travaille le langage dans le moindre détail. Concis, précis, âpre, difficile en reflet à la nature où vivent nos deux protagonistes.  L’autrice nous plonge dans la mélancolie de ces deux femmes, dans la poésie si particulière de cette vie. J’ai été envoûté par les mots, par l’ambiance. Il y a beaucoup de nuances dans la langue, de riches réflexions sur la nature qui nous entoure, nous englobe, nous hypnotise.

La lecture est lente, parfois rendue difficile par le rythme lancinant et le manque d’action. Mais l’action n’est pas le but de la narration, l’important est plus son contenu, l’essence du message véhiculé par les mots de l’autrice.

en bref Un roman singulier, différent mais envoûtant.

 

Une réflexion sur “Préférer l’hiver d’Aurélie Jeannin

  1. Je me demande bien ce que ça peut donner… je ne suis pas toujours fan des romans de ce type (un peu nature writing, non?) mais tout de même, ce qui se dit sur ce roman me tente bien.

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