Roman

Le Village de Virginie Delage

Le Village

Autrice : Virginie Delage

237 p.

Michel Lafon, 2020

résumé Finalement, je ne sais pas ce qui a déclenché tout ça. Son regard, à lui. Ses yeux, à elle. Ou le gosse ? Le gosse me demandant : « Tu viens nous aider ? »
J’ai la rage, soudain. Tout ça, c’est à cause de lui. Uniquement à cause de lui. Voilà pourquoi je m’apprête à faire une chose que je n’aurais jamais pensé faire, moi qui ne suis pas un violent. Dans quelques minutes, je vais tuer cet homme.  »
Les villages de l’adolescence sont parfois dangereux, quand on les revisite, des années plus tard, et qu’on se confronte à ses rêves de jeunesse…
çacommencepar Finalement, je ne sais pas ce qui a véritablement déclenché ça. Son regard, à lui. Ses yeux à elle. Ou le gamin peut-être?

cequejenaipensé Étrange roman que je viens de terminer… Je pensais lire un thriller car je l’avais vu qualifier ainsi sur plusieurs sites… Pour ma part, je dirai qu’il s’agit plus d’un roman noir.
Virginie Delage est la lauréate du Prix Au Féminin qui a déjà récompensé des auteurs comme Virginie Grimaldi ou Olivier Norek. Il s’agit de son premier roman, un roman court et et très particulier.

Particulier par sa construction. Un rythme binaire : un chapitre consacré à Oscar, écrit à la troisième personne du singulier, où le narrateur s’attarde sur l’ascension sociale du personnage et sur une mission commerciale en particulier; un chapitre écrit à la première personne du singulier, où le personnage se décrit, se souvient et s’analyse, de sa jeunesse à aujourd’hui alors qu’il est adulte. Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour m’habituer au rythme de cette narration, pour me caler sur cette dynamique volontairement ambigüe souhaitée par l’autrice. Elle nous déstabilise, nous fait nous interroger sur ce « je ». Qui est-il? Surtout que ce « je » nous dit dès le premier chapitre que quelque chose en lui à changer et qu’il vient de prendre la décision de tuer un homme. Mais qui va-t-il tuer? pourquoi ? L’introspection qu’il nous offre ensuite pour comprendre comment il en est arrivé là nous questionne encore plus car il ne semble pas être fondamentalement mauvais au point de tuer un homme. Et puis il y a ce Oscar qu’on croise dans ce qui semble être le présent et qui se trouve vraisemblablement dans le même lieu que le « je ». Quand vont-il se rencontrer? est-ce ce Oscar qu’il veut tuer? Ou un autre homme qu’il a croisé dans un bar? Ou encore… ?  Il nous faudra attendre jusqu’au final pour que tout s’assemble, tout s’éclaire et qu’on comprenne son geste. Un final surprenant qui donne toute la saveur de ce roman.

Il y a des souvenirs si forts, si intenses, qu’il vaut mieux les tenir à l’écart.

Au début de ma lecture, je vous ai dit qu’il m’a fallu un temps d’adaptation vis à vis du rythme mais il m’a fallu aussi un temps pour ressentir quelques émotions vis à vis de ces deux protagonistes. On apprend à les connaître, à comprendre leur psychologie mais il y a comme une distance émotionnelle qui se crée entre eux et nous-lecteur et je pense que Virgine Delage l’a voulu ainsi pour que le lecteur est suffisamment d’élément et de recul pour arriver à cette fin, qui même s’il est surprenant semble finalement logique quoique triste.

Pour finir, un mot pour cette très belle couverture (qui en plus est douce et veloutée au toucher). Je trouve qu’elle résume bien la solitude des deux protagonistes avec ce village qui est la source de tout.

en brefUn roman singulier qui dévoile sa mécanique et sa logique à la dernière ligne !

 

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