Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.
Un récit poignant inspiré du destin réel de femmes que le XIXème siècle n’a pas épargné car elles n’entraient pas dans la norme…Pour ces bourgeois fascinés par les malades qu’ils ont l’occasion, une fois dans l’année, de côtoyer de près, ce bal vaut toutes les pièces de théâtre, toutes les soirées mondaines auxquelles ils assistent habituellement. Le temps d’un soir, la Salpêtrière fait se rejoindre deux mondes, deux classes, qui, sans ce prétexte, n’auraient jamais de raison, ni d’envie, de s’approcher.
Entre l’asile et la prison, on mettait à la Salpêtrière ce que Paris ne savait pas gérer : les malades et les femmes.
Les rêves sont dangereux, Louise. Surtout quand ils dépendent de quelqu’un.
D’ailleurs le thème m’a d’autant plus parlé car quelques temps avant de me plonger dans cet audiolecture, j’ai regardé un reportage sur Arte : Pakistan : les fantômes de Karachi. Ce documentaire évoquait le destin des femmes qui se retrouvaient enfermées dans des asiles dans les mêmes conditions que les héroïnes de ce roman, pouvant être seulement libérées au bon vouloir de la famille ou du mari. Certaines n’avaient aucun raison d’y être mais n’avaient aussi aucune chance d’en sortir un jour. Mais ce reportage parle de faits qui ont lieu de nos jours et non au XIXème siècle…Je vous invite à aller visionner ce reportage disponible sur le site d’Arte.
Libres ou enfermées, en fin de compte, les femmes n’étaient en sécurité nulle part.


J’ai bien aimé… mais sans plus. J’ai plus ou moins aimé le côté spiritisme. Ceci dit, le sort de ces femmes est terrible.