Roman

Le Bruit des pages de Livia Meinzolt

Le Bruit des pages

Autrice : Livia Meinzolt

441 p.

Pocket, 2020

résumé
 2016, ParisÉva hérite d’une librairie dans le quartier de la Butte aux Cailles. Les exigences du vieux propriétaire avec lequel elle s’était liée d’amitié ? Que la librairie ne soit jamais vendue et qu’Éva y conserve un tableau représentant une jeune femme, penchée sur un carnet, aux pieds d’un acacia majestueux. Bientôt, elle se prend à imaginer la vie de la femme du tableau, Apollinariya Ivanovna Lubiova, une jeune aristocrate russe, vibrante de rêves et d’idéaux au coeur de l’été 1916.

Mais tandis que les mois passent, fiction et réalité semblent se confondre… Et si la librairie renfermait des mystères insoupçonnés ? Le voyage d’Éva à Saint-Pétersbourg pourrait-il l’aider à comprendre le lien étrange qui l’unit à Apollinariya ?

çacommencepar Il-est-mort. Ce sont les trois mots les plus cuisants que j’ai eu à prononcer. Et pourtant, je ne souffrais pas encore. Non, j’étais bienheureux! Ce n’est que face à votre douleur que j’ai réalisé mon erreur, ma cruelle illusion d’avoir voulu posséder ce qui ne peut souffrir aucun maître : l’amour.

cequejenaipensé Dès que j’ai lu le mot « librairie » dans le résumé, je me suis dit qu’il fallait que je découvre ce roman ! Et oui, « librairie » et « bibliothèque » sont deux mots qui me donnent automatiquement envie de lire un roman ! Normal non? 

Être entourée de livres, je crois que c’est la vision que je me suis toujours faite du paradis.

Eva, notre jeune héroïne, vient d’hériter d’une libraire fermée depuis des années. Elle s’était liée d’amitié avec l’ancien propriétaire seulement quelques mois avant s a mort., une amitié née autour d’une passion commune : les livres et la Russie. Eva a mis du temps à faire son deuil et a accepté cet héritage. Mais la vie a fait qu’elle se retrouve à s’y installer. Et elle a un gros travail au niveau tri, dépoussiérage et mise à son goût de l’appartement situé à l’étage de  cette librairie! Plusieurs conditions vont de pair avec cet héritage : elle ne devra jamais la vendre, et ne devra jamais se séparer d’un des ouvrages ainsi que d’un tableau.

Je le regarde, et il me semble comprendre chaque fibre de son être comme mon propre être. Il est le matin, il est le soir. Il est ce visage faussement gai, douloureusement moqueur, il est cette voix grave qui m’appelle la nuit, il est ces yeux qui n’appartiennent qu’à lui.

Dès son installation, Eva va se mettre à faire d’étranges rêves. Et souvent réveillée en pleine nuit, elle va se mettre à l’écriture et décide tout naturellement d’écrire la journal intime de la jeune fille installée sous l’acacia peinte sur le fameux tableau qu’elle a installé dans sa chambre.

Dès lors, l’autrice va rythmer chaque chapitre en deux temps, un temps dans notre présent où l’on accompagne Eva dans sa nouvelle vie, la découverte de la librairie, dans sa passion pour la Russie ainsi que celle qu’elle nourrit pour l’écriture. On découvre une jeune femme discrète, amoureuse de ses livres, dans l’attente d’un grand amour sincère digne d’une belle romance. Puis l’autrice, Livia Meinzolt, nous propose de découvrir ce qu’Eva écrit : le journal intime de la jeune fille du tableau qu’elle a surnommé Polina, une jeune fille innocente, qui évolue dans la haute bourgeoisie de la Russie du début du vingtième siècle. Elle y disserte sur sa vie, sur ses nombreuses lectures et sur sa rencontre avec deux hommes. On est à un tournant de sa vie.

L’écriture l’avait transformée, elle le réalisait à présent. Mais toute cette euphorie l’avait rendue malade de ne pouvoir y être, souffrante de ne pas vivre dans la bonne réalité et d’échouer à exister dans la sienne. Le journal achevé, un monde entier s’effondrait autour d’elle. Un monde dans lequel elle s’était abandonnée à corps perdu durant ces trois derniers mois et qu’elle quittait le cœur déchiré.

Cette lecture a été un peu déroutante au départ. Je dois avouer que pour moi l’histoire russe est quelque chose d’assez obscure. Il en va de même pour sa littérature (même si j’ai quelques notions grâce à mes études littéraires). Et le roman de Livia Meinzolt est très riche en matière de référence culturelle. On ressent bien l’amour et la passion de l’autrice pour cette culture. Durant ma lecture de la première partie j’ai clairement préféré la partie contemporaine. Puis mon intérêt a glissé sur la partie historique. Je me demandais comment l’autrice allait finir par lier les deux, où quelles répercussions l’une pouvait avoir sur l’autre. Les personnages sont intéressants à voir évoluer. J’ai aimé les liens qui se tissent sous nos yeux, j’ai aimé émettre de s hypothèses dont certaines se sont révélées exactes. L’écriture est fluide, belle, enrichissante (en ce qui concerne la Russie!) et sait nous faire apprécier les différents personnages.

en brefMystère, amour, fiction, réalité, histoire et présent se mêlent avec finesse et intérêt. Le Bruit des pages est un roman doux, délicat, intrigant. Une belle histoire qui m’a embarquée dans les méandres de l’histoire russe.

 

Lu en lecture commune avec Prettymops !

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