Editions Albin Michel, 2020
Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et sœur, soudés par un indéfectible lien.
Marc d’abord, qui ne cesse de lire en cachette.
Matthieu, qui entend penser les arbres.
Puis Mabel, à la beauté sauvage.
Et Luc, l’enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d’être un jour l’un des leurs.
Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l’animal à sang froid…
Dans une langue somptueuse et magnétique, Franck Bouysse, l’auteur de Né d’aucune femme, nous emporte au cœur de la légende du Gour Noir, et signe un roman aux allures de parabole sur la puissance de la nature et la promesse de l’insoumission.
Après un immense coup de cœur pour le précédent roman de Franck Bouysse, Né d’aucune femme (qui a reçu le Prix Audiolib 2020), j’avais hâte de découvrir un autre récit de cet auteur.Tout le monde donc à son rythme et à son bon vouloir, parce pas le choix de faire autrement. On est donc dans une ambiance de résignation, d’asservissement, de désespoir, de vie à défaut.
La vie, il faut la laisser déborder tant qu’il y en a.
Le vent se leva, donnant un volume supplémentaire à la forêt, comme un oiseau gonfle son plumage pour impressionner l’ennemi, signifiant que quoi que les hommes entreprennent contre elle, que quelque infime bataille gagnée n’en feraient jamais un vainqueur.
Un roman intense, vibrant, poétique à la seul façon de Franck Bouysse.