Roman

Le Berceau du monde de Katherine Scholes

couv54340930Le Berceau du monde

titre original : The Beautiful mother

Autrice : Katherine Scholes

trad. de l’anglais (Australie) par Chloé Royer

505 p.

Belfond, 2021

résumé Essie a quitté l’Angleterre pour suivre son mari Ian Lawrence, éminent archéologue, dans un campement au cœur de la brousse tanzanienne. Là, sur les bords du lac Natron, les Lawrence recherchent, depuis des générations, les traces d’une civilisation primaire.
Un jour, à la suite d’une rencontre avec le chef de la discrète tribu nomade des Hadzas, la jeune chercheuse se voit confier une étonnante mission : veiller sur Mara, une petite orpheline de quelques semaines, pendant les trois mois de la saison sèche.
Rentrée au camp, Essie s’affole : elle qui n’a jamais voulu être mère, pourra-t-elle subvenir aux besoins du nourrisson ? Sans parler des conséquences de l’arrivée de Mara sur son couple, sur sa carrière, sur ses liens avec les autres Tanzaniens, qui semblent mal accepter la présence d’une petite Hadza à leurs côtés.
Trois mois. Rien à l’échelle d’une vie, d’une civilisation, mais bien assez de temps pour bousculer le monde d’Essie et la forcer à questionner son rapport à l’amour, à la vie. Qu’adviendra-t-il de la jeune femme et de la fillette lorsque reviendront les pluies ?

çacommencepar Essie se cala confortablement dans son siège, une tasse de thé noire sur le genou. A l’extérieur de la tente, la lumière du petit matin teintait la plaine rocheuse d’un camaïeu de bruns et de gris. Le scintillement argenté du lac était visible dans le lointain.

cequejenaipensé Katherine Scholes pour moi c’est le souvenir d’une lecture intense, dépaysante… Katherine Scholes c’est La Reine des pluies. Une lecture qui m’a marqué, que j’ai adoré, que j’ai conseillé des dizaines et des dizaines de fois! Je ne sais pas pourquoi je n’ai rien lu d’elle depuis… Peut-être la peur d’être déçue après une lecture si marquante. En tout cas, avec son nouveau titre, je me suis sentie prête. Et j’ai bien fait! Quel voyage une nouvelle fois !
L’autrice a passé une bonne partie de son enfance en Afrique, notamment en Tanzanie, avant de retourner en Australie. Mais l’Afrique c’est son pays de cœur, d’adoption et on le sent dans ses écrits.
Nous nous retrouvons ici dans les années 1970, au cœur de la brousse tanzanienne. Essie y vit avec son marie et sa belle-mère. Tous trois dirigent une site archéologique qui existe là depuis des générations. La vie n’y est pas facile mais ils y sont heureux. Et en quête de LA découverte qui feront un jour leur renommée. Leur quotidien est rythmée entre les tâches quotidiennes et leurs recherches. Un jour pourtant, leur équilibre va être chamboulé. Essie a été remarqué par le chef d’une tribu de nomades, les Hazdas. C’est la saison sèche et ils doivent partir. Le souci c’est qu’une petite fille est née, que sa mère n’a pas survécu. La tradition veut qu’une autre mère s’en occupe dans un tel cas. Malheureusement, la saison sèche est plus rude qu’habituellement. Alors ils demandent à Essie d’en prendre soin, le temps qu’ils reviennent, jusqu’à la saison des pluies. Le bébé n’a que deux mois. Essie se sent un peu démunie face à cette demande inattendue. Elle qui ne veut pas d’enfant avec son mari (ils ont décidé de se consacrer à leur carrière) saura-t-elle s’en occuper? Comment son mari et sa belle-mère prendront-ils la nouvelle ? Surtout que des hypothétiques investisseurs sont sur le point de débarquer au camp…
Contre toute attente, elle va défendre cette petite-fille alors que son mari veut l’envoyer dans un orphelinat quelconque. Elle a fait une promesse et elle veut s’y tenir. Alors bien sûr elle tâtonne, a peur de mal faire.
Le roman est dépaysant. Par l’époque et par le lieu. On a l’impression d’une vie à part, entre parenthèse de ce que vit le reste du monde. Un microcosme. Et pourtant, même si leur vie est liée aux saisons, à leurs découvertes, à la vie avec les différents peuples, leur métier dépend aussi d’investissements venant d’ailleurs. Ils doivent rendre des comptes, trouver au risque de devoir tout quitter.
J’ai aimé ce dépaysement total. Cette impression de beauté, de puissance qui se dégage de ce lieu. J’ai aimé aussi le personnage d’Essie qui évolue beaucoup grâce à ce bébé. Plutôt dans l’ombre de son mari, et dans une vie consacré à la découverte historique, le bébé va être l’occasion pour elle de découvrir une autre facette de la personnalité de son mari (et pas forcément flatteuse) ainsi que celle de sa belle-mère. Mais surtout d’elle-même. Elle va apprendre à s’affirmer, et en s’occupant de ce petit être, ce sera aussi pour elle l’occasion d’aller à la rencontre des autres, d’une autre façon. Elle pourra s’appuyer sur certains autres personnages durant ce temps. Tout en voulant démontrer à son mari qu’elle peut quand même faire son travail et trouver. Et peut-être même faire une découverte majeure…
Les promesses de dépaysement et de force sont tenues. J’ai eu l’impression de revivre ma lecture émouvante et intense de la Reine des pluies. Le roman fait 500 pages mais on avance sans s’en rendre compte. On est transporté par la plume de l’autrice dans ce lieu magique, unique. On voit par ses mots les paysages, les situations. J’ai apprécié aussi sa façon de montrer l’humain, de ce qu’il a de bon et moins bon en lui.
Et cette couverture! Elle est parfaite pour illustrer ce roman. Je vous laisse découvrir pourquoi !
en bref Une merveille dépaysante !!

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