Roman

Le Tourbillon de la vie d’Aurélie Valognes

9791035406295-001-TLe Tourbillon de la vie

Autrice : Aurélie Valognes

Lu par François Berland

5h11

Audiolib, 2021
Fayard, 2021

 

résuméLe temps d’un été, Arthur et son petit-fils rattrapent les années perdues. Plus de 60 ans les séparent, mais ensemble ils vont partager les souvenirs de l’un et les rêves de l’autre. Le bonheur serait total si Arthur ne portait pas un lourd secret.

cequejenaipensé Tout comme dans son dernier opus Le Cerise sur le gâteau, Aurélie Valognes revient sur la relation entre un grand-père et son petit-enfant mais de façon différente. Elle voulait parler dans son roman d’absence, de souvenirs, de liens, de solitude aussi.

Ici, nous avons donc Arthur qui souhaite passer un été avec son petit-fils. Un été qu’il veut mémorable car ce sera sans doute le dernier dont il se souviendra. Il ne le dit à personne mais il est malade. Il perd peu à peu la mémoire, son corps s’affaiblit. Il garde ça pour lui peut-être par déni, mais surtout pour vivre encore un peu comme si la fin était loin. Et créer des souvenirs pour son petit-fils, Louis, des moments uniques avec son grand-père. Cela fait un moment qu’Arthur vit seul. Il a ses habitudes. Il était acteur au théâtre et voyageait beaucoup. Il a été absent pour sa famille, pour sa fille. Cela lui a coûté son mariage et sa relation avec sa fille. En faisant le point sur sa vie, il s’est rendu compte qu’il n’a pas été là à tous les moments importants pour elle, ça l’a blessé, mais lui aussi. Il se rend compte qu’il est passé à côté de beaucoup de choses. Et pourtant, il n’est pas sûr qu’il ne referait pas la même chose si on remontait dans le temps. Car son métier était passionnant. Car son métier il l’aimait. Et perdre la mémoire, comme c’est en train de lui arriver, est sans doute la pire chose au monde pour un homme comme lui.

J’ai peur de la mort, de son ombre qui approche, je sais que c’est ridicule, mais j’ai peur quand même.
Le ridicule ne tue pas. Mais la mort, si.

Alors cet été, il s’occupe du petit Louis. le quotidien est bousculé mais sa relation avec son petit-fils est merveilleuse. Louis a 8 ans. Il est curieux et très bavard. Il en a des choses à demander à son grand-père! Et ça tombe bien car Arthur apprécie partager certaines choses avec lui. La cuisine, aller à la pêche, transmettre ses astuces de théâtre…

Louis est un petit homme terriblement attachant et drôle. Son innocence est à croquer!

Le roman est construit autour de cette relation intergénérationnelle, sur le partage. Cet été est un temps à part pour eux deux. Ils prennent vite des habitudes. Si l’un grommelle l’autre est là pour faire pétiller le moment suivant. J’ai aimé vivre cette complicité magique entre eux. Voir la transmission d’une génération à l’autre se faire sous nos yeux. Voir à quel point ces deux-là se ressemblent. Comme si Louis était une sorte de double « enfant » d’Arthur.

– Oh! moi, j’aime bien mes petites habitudes, mes chemises, mes nœuds papillon. Tu sais, c’était à la mode à l’époque…
– Ah bon ! T’étais déjà né toi à l’Époque , l’interrompt Louis. Dis donc, t’es vraiment vieux…

Le roman est construit sur cet échange et on le ressent dans sa forme car la majorité est sous la forme d’un dialogue entre ces deux-là. Cela en fait un roman très théâtrale, très vivant, débordant d’amour, d’énergie. J’ai adoré la simplicité des réponses de l’enfant. Il est peut-être jeune mais ses réflexions sont très souvent pertinentes et pleines de sens. Louis va grandir aux côtés de son papy, mais son papy aussi va changer et pas seulement à cause de la maladie.

Dans la vie, j’ai beaucoup joué, et j’ai souvent perdu. De toute façon, vieillir, c’est accepter de perdre. De perdre, chaque jour, quelque chose de beau.
D’abord l’enfance, puis une certaine jeunesse, et ensuite des amitiés, des amours, des parents. Toutes ces choses qui ne reviennent pas et qui vont nous manquer longtemps. La vie est comme ça, elle nous rattrape toujours.

Ce roman est un véritable tourbillon de vie (et il porte à merveille son titre!!), un tourbillon d’émotions, de be relations humaines. Une bouffée d’air frais. Ce roman m’a profondément touchée car j’ai connu cette maladie de bien trop près. Il s’est passé beaucoup de chose en moi pendant cette écoute qui nous permet aussi de « vivre » cette maladie de l’intérieur, si je puis dire, de partager ce que ressent le malade, et pas de le vivre comme un accompagnant.

Ce roman je l’ai découvert à travers la voix de François Berland qui a su retranscrire la réalité d’Arthur, un côté bougon qui évolue vers un côté amusé tout en passant par des émotions de détresse face à la maladie qui gagne du terrain. J’ai apprécié les différentes facettes de son adaptation donnant corps au personnage principal et à ce qu’il est en train de vivre.

– D’ailleurs, on va faire quoi maintenant ?
– Bah, fais comme moi.
– Tu fais quoi, toi ?
– Je m’ennuie en silence !

en brefMerci pour ce roman si tendre, si complice. Une belle relation intergénérationnelle mis en mots avec poésie et délicatesse comme sait si bien le faire Aurélie Valognes.

Dis papy, quand moi j’aurai 100 ans, tu m’aideras à marcher?

 

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