Roman

Revenir à toi de Léonor de Récondo

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Autrice : Léonor de Récondo

Lu par Clotilde Courau

5h01

Audiolib, 2021
Grasset, 2021

 

résumé Lorsqu’elle reçoit un message lui annonçant qu’on a retrouvé sa mère, disparue trente ans plus tôt, Magdalena n’hésite pas. Elle prend la route pour le Sud-Ouest, vers la maison éclusière dont on lui a donné l’adresse, en bordure de canal. Comédienne réputée, elle a vécu toutes ces années sans rien savoir d’Apollonia. Magdalena a incarné des personnages afin de ne pas sombrer, de survivre à l’absence. Dès lors que les retrouvailles avec sa mère approchent, elle est à nu, dépouillée, ouverte à tous les possibles. Revenir à toi, c’est son voyage vers Apollonia. Un voyage intérieur aussi, vers son enfance, son père, ses grands-parents, ses amours. Un voyage charnel, parenthèse furtive et tendre avec un jeune homme de la région. Lentement se dévoile un secret ancien et douloureux, une omission tacitement transmise. Revenir à toi, c’est aussi un hommage à Antigone et aux grands mythes littéraires qui nous façonnent. Magdalena a donné vie à des personnages, elle est devenue leur porte-voix. Devant Apollonia, si lointaine et si fragile, sa voix intérieure se fait enfin entendre, inquiète mais déterminée à percer l’énigme de son existence. En l’espace de quelques jours, dans cette maison délaissée, Magdalena suit un magnifique chemin de réconciliation avec l’autre et avec elle-même. Vie rêvée et vie vécue ne font désormais qu’une.

cequejenaipenséDepuis ma rencontre avec l’autrice Leonor de Récondo avec son roman Rêves oubliés en 2012 (déjà !!), je suis de très près sa bibliographie. Si ce n’est déjà fait, je vous invite très vite à découvrir la talentueuse plume de Leonor de Récondo, qui est également une violoniste baroque de renon.

Personne n’est rien avant d’être aimé. 

Dans ses romans, elle met en avant des histoires de famille, faisant appel souvent à ses propres racines espagnoles. Mais le lien est toujours la famille, l’amour familiale et ses vicissitudes. Cette fois-ci, elle va mettre en scène une fille à sa mère absente. Magdalena est comédienne. Sa mère est partie du jour au lendemain, sans donner de nouvelles alors qu’elle avait une dizaine d’année. Cela fait 30 ans que la petite fille devenue femme se demande pourquoi, si c’est de sa faute. Une perte, une absence, une fuite qui l’a marquée pour toujours au fer blanc. La petite fille a eu du mal à se construire et à trouver sa rédemption en devenant encore et toujours quelqu’un d’autre en étant comédienne. Elle s’est nourri des textes de pièces de théâtre notamment à l’Antigone d’Anouilh. Dans le théâtre elle a trouvé une part de réponse, une part de rédemption, de réconfort. Mais l’équilibre précaire qu’elle s’est construit vole en éclat quand elle reçoit un message : on a retrouvé sa mère. Elle habite une petite maison éclusière le long du canal latéral à la Garonne, à quelques kilomètres à peine de Marmande. Le choc. Un réflexe : elle part sans réfléchir en direction de cette mère absente.

On ne choisit pas ceux qui vous traversent. On peut changer de rôle, mais le destin vous rattrapent toujours, ils vous collent à la peau, vous scalpent, parfois vous sauvent.

Et puis les questions… comment vont-elles réagir ?  vont-elles avoir quelque chose à se dire ? Magdalena va-t-elle avoir ses réponses ? Vont-elles être heureuses de se retrouver ?

Le début d’un voyage intérieur, d’un monologue avec elle-même…et avec le lecteur. Nous sommes dans l’émotion aux côtés de la protagoniste, on se glisse aisément dans ses doutes, ses pensées.

Nous sommes dans un roman intimiste, délicat. Ma première impression en le commençant était peu enthousiaste. Ma lecture de son précédent roman avait été tellement forte sans doute. Mais très vite cette première impression s’est atténuée. Je suis entrée dans l’émotivité, dans les pensées de Magdalena. L’écriture est tout aussi délicate et précise en ce qui concerne les sentiment que dans ses précédents écrits, mais en étant plus intimiste. A travers la voix de son héroïne, l’autrice met en mot la dépression, la détresse d’une enfant qui a dû grandir avec ce poids, cette fissure. En construisant son récit, elle met en scène cette absence en donnant la parole à son personnage. Cette dernière s’ouvre à nous, à elle-même. Elle soliloque ou pense. On ne s’est pas vraiment. A nous de faire notre opinion sur ce point.

Dans l’interview présente sur la version Audiolib, l’autrice nous raconte comment elle en est venue à nous raconter cette histoire, comment et pourquoi elle a choisi ce personnage, son métier et sa passion… J’ia aimé en apprendre plus sur la génèse du roman, ce qui a éclairé d’une façon complémentaire ce que je venais d’écouter. Par ailleurs, on apprend que c’est elle-même qui a choisi Clotilde Courau pour lire ses mots. Etant elle-même une audiolectrice, elle sait l’importance du choix de la voix qui va incarner un texte. Clotilde Courau lui a semblé le choix idéal pour sa façon de vivre ses personnages. Ici, elle propose une Magdalena hésitante, avec comme une modulation enfantine dans la voix, comme si le fait de retrouver sa mère la ramenait à l’âge de l’abandon.

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